Archive pour février 2005

Interfaces graphiques en deuil

Lundi 28 février 2005

La simplicité d’utilisation d’un dispositif créatif a toujours été paradoxalement opposée aux efforts que leur conception demande. Et les interfaces graphiques des systèmes d’exploitation modernes sont le résultat d’années de travail fournies par des milliers d’ingénieurs.
Cela dit, au début de cette aventure ne se trouvaient que quelques personnes, des chercheurs pour la plupart, ensuite rejoints par des jeunes développeurs et des managers qui en ont entrevu les énormes enjeux.

Et c’est la disparition d’un des pères du concept de l’interface graphique qu’on déplore depuis samedi dernier. Jef Raskin n’est pas aussi connu qu’un Bill Gates ou un Steve Jobs, mais il faut voir ce monde comme celui du cinéma : ce sont les producteurs et les acteurs qui sont toujours sur le devant de la scène. Lui était un chercheur, un vrai, qui a voué sa carrière à son idée de simplifier l’informatique. Et qui n’a pas eu besoin de visiter le Xerox Parc pour avoir une idée de comment y arriver.

Il est aujourd’hui établi, avec le recul, que Jef Raskin est le véritable père du Macintosh, qui a ouvert la voie vers une démocratisation de l’informatique sans précédent. Hélais pour lui, Raskin s’est fait “voler” le projet par Jobs, l’actuel président d’Apple, deux ans avant la sortie du produit-phare. Voilà le pourquoi de sa démission et de sa disparition des projecteurs. Mais le personnage a depuis été réhabilité et son héritage est désormais reconnu.

Tout ça pour dire que si aujourd’hui vous cliquez sur de jolies icônes dans de belles fenêtres, sachez que vous le devez en grande partie à ce personnage :

Jef Raskin

Merci à toi, Jef. Même indirectement, persone ne t’oubliera.

Synthéhamster

Dimanche 27 février 2005

Salut à tous !

Ce blog a pour vocation de vous faire découvrir des événements importants, intéressants ou étonnants de la technologie liée à l’informatique, à l’internet et au multimédia. Il sera la plupart du temps emprunt de ma vision des choses et de mes réactions face à ces éléments d’actualité, car j’estime que c’est aussi le rôle d’un blog même s’il ne parle pas de son créateur directement.

Voilà voilà.

Pour lancer ce blog dans la bonne humeur, je vous propose de découvrir l’expérience pittoresque qu’a été menée par un chercheur universitaire de l’état de New York. Intéressé par l’électronique, les probabilités et la musique, il a cherché un projet qui lui permette de regrouper ces trois domaines pourtant bien différents.
Le résultat ? Une machine à composer de la musique au moyens de hamsters :

Synthé-Hamster

Autant vous prévenir tout de suite, c’est du sérieux.

Alors comment cette chose marche-t-elle ? Comme l’explique le copieux rapport d’étude publié sur le site consacré au projet, l’idée est la suivante :
- observer les liens de probabilité entre les différentes actions des hamsters ;
- observer les liens de probabilité entre les notes de musique de morceaux simples et plaisant à l’oreille humaine ;
- tenter de fusionner ces deux ensembles (c’est à dire, pour les connaisseurs, d’établir un lien de corrélation entre les chaines de Markov correspondant à ces deux observations indépendantes) ;
- fabriquer une dispositif électronique basé sur cette fusion qui recevra divers signaux correspondants aux mouvements des hamsters et les “transcrira” en signaux électriques compréhensibles par un synthétiseur à la norme MIDI (standard de dialogue entre instruments musicaux) ;
- écouter le résultat.

Bon, et alors ce résultat ? Un petit MP3 est disponible. Bon, ce n’est pas de la grande composition, mais ça se laisse écouter.

Bien que ça ne soit pas le but de l’expérience, je ne peux m’empêcher de me dire que ça illustre assez bien le fait que deux choses aussi différentes que les mouvements d’animaux et l’oreille musicale humaine ont une sorte de lien intrinsèque. Un élément de preuve d’un équilibre universel des forces de la nature ?
Peut-être ne sommes-nous pas si éloigné que ça des animaux, finalement ?
Peut-être est-ce là la clé de cette méthode de composition que décrit Laurent Voulzy en disant qu’il “reçoit l’inspiration comme une antenne”…?