Archive pour 29 avril 2005

Pays-Bas : MP3 = caca

Vendredi 29 avril 2005

Aux Pays-Bas, où on légalise pourtant certaines substances qu’on sait être néfastes, le MP3, on n’aime pas.

Que faire pour lutter contre le piratage de musique ? Trouver de nouveaux débouchés ou mettre les vilains copieurs en prison ?
… Et si on volait les voleurs ?

La fondation néerlandaise Stichting Thuiskopie vient de s’arranger pour faire passer une proposition de taxe musicale au statut de projet de loi nationale, laquelle devrait être votée dans les mois qui viennent.
A moins que la Commission Européenne ne s’interpose, tous les balladeurs MP3 vendus aux Pays-Bas se verront infliger une taxe à raison de 3,28 euro… par giga-octet. Vous avez bien lu : plus de 3 euros par giga. Donc 65,6 euros pour un balladeur avec disque dur de 20 Go, 131,2 euros pour 40, 196,8 pour 60… Doublez le prix de votre joujou, en somme.

Chacun appréciera l’argument selon lequel la taxe ne vise pas directement les disques durs ou les baladeurs, mais bel et bien les baladeurs capables de lire des fichiers MP3. PRESQUE tous, quoi.

A l’heure où la France est obligée de se mettre à genoux devant Bruxelles pour tenter de sauvegarder son indutrie textile, voilà qu’un pays fondateur de l’Union s’apprête à instaurer une barrière rédhibitoire afin de caresser dans le sens du poil l’industrie du disque, donc des multinationales.
La France n’a donc pas le droit de se protéger tandis que les Pays-Bas disposent d’un réel permis de taxer. L’Europe tient tant que ça au “non” français à la Constitution ?

On gagne pas à tous les coups

Vendredi 29 avril 2005

Aujourd’hui, George Bush et ses compères ont signé un petit paquet de lois répondant au doux nom de “Family Entertainment and Copyright Act”.

Je ne vais pas vous en faire un résumé complet (j’en serais bien incapable, du reste) mais plutôt vous signaler deux points qui me paraissent importants.

Premièrement, ce texte légitime au niveau fédéral un procédé de filtrage de contenu pour les DVD. Créé par ClearPlay, un des principaux promoteurs de contrôle parental aux USA, ce système peut donc tranquillement continuer de masquer, sur demande des parents, toutes les scènes violentes, suggestives ou vulgaires des films.
La nouvelle n’a pas énormément d’intérêt en soi, mais il est intéressant de noter que pour une fois, ce n’est pas celui qui brandissait l’argument de la propriété intellectuelle (en l’occurence les studios de cinéma hollywoodiens) qui s’est le mieux fait entendre.

Mais rassurez-vous pour cette dernière, elle n’y a pas que perdu, puisque dans cette loi, ceux qui ont confirmé leur constante montée en puissance sont les éditeurs de films. Et pour cause : un des articles a pour but de rendre officiellement hors-la-loi ceux qui partagent illégalement des fichiers sur le net. Et désormais, toute personne rendant disponible en P2P une copie d’un film pas encore sorti officiellement risque 3 ans de prison.
Le président de la MPAA, qui n’a pas pu cacher son émotion, a déclaré vouloir “remercier les sponsors de cette loi au congrès pour leur fidélité à la protection de la propriété intellectuelle”. Tout est dit.