Archive pour mai 2005

Phishing : petits conseils

Mardi 31 mai 2005

Comme vous en avez peut-être déjà entendu parler, un gros spécimen de l’arnaque au “phishing”, ou attaque par hameçonnage, est apparu en France en fin de semaine dernière. Il se présente sous la forme d’un email vous invitant à cliquer sur un des 4 liens web correspondant à votre banque. Comme les 4 sociétés mentionnées l’ont signalé à leurs clients, il ne faut surtout pas suivre ces liens.

Petit rappel théorique : le “phishing” consiste à déguiser un site pirate de manière à tromper la victime et l’inciter à livrer des informations confidentielles, généralement bancaires. Et pour l’amener sur ce site, c’est souvent le courriel qui est mis à contribution, car il est très facile à falsifier.
Une fois un lien frauduleux suivi, l’utilisateur se retrouve devant un site ressemblant trait pour trait au site officiel alors qu’il n’en est rien : toutes les données qu’il saisira sur ses pages seront dès lors stockées par des tierces personnes, très probablement malveillantes.

Pour éviter de vous faire avoir, c’est heureusement très simple : ne JAMAIS cliquer directement sur un lien (web ou mail) menant vers un site qui demandera des informations personnelles.
Et si vous souhaitez accorder au lien le bénéfice du doute, alors faites un clic-droit dessus et choisissez “copier le lien dans le presse-papier”, et collez-le dans la barre d’adresse de votre navigateur, mais sans le valider : si l’adresse ne commence pas exactement par “http://[www-ou-autre-chose.]nom-du-site.{fr,com,net,org…}/”, alors le lien est “phishé”. Il est alors conseillé de le détruire, après l’avoir éventuellement fait suivre à la société usurpée, afin qu’elle prévienne ses clients.

En tous les cas, méfiez-vous toujours des clics directs sur des liens web et prenez l’habitude du copier-coller ! Avec un peu d’habitude, vous arriverez même à déceler l’astuce utilisée pour vous emmener ailleurs que là où aura voulu vous le faire croire.

Brevets logiciels : le parlement résiste

Vendredi 27 mai 2005

Le Parlement Européen n’a visiblement pas digéré les deux camouflets successifs que lui ont infligé le conseil des ministres et la commission en mars dernier au sujet des brevets logiciels.

Toujours aussi hostile aux brevets logiciels en tant que tels, c’est à dire à la façon américaine (on brevète d’abord, on réfléchit - éventuellement - ensuite), il a déposé pas moins de 200 amendements.
Citons notamment celui de Michel Rocard, très clair et direct : “le traitement, la manipulation, la représentation et la présentation de l’information par un programme informatique ne sont pas techniques.” Autrement dit, ce sont des idées abstraites, donc non déposables.

Le vote devrait logiquement en valider plusieurs d’entre eux, compte tenu de l’unanimité de ce même parlement contre le brevetage des idées. Par la suite, en cas de nouveau refus de la part du conseil des ministres s’ouvrira alors, selon la règle de la codécision, un comité de conciliation. S’il devait échouer, la loi pourrait alors être purement abandonnée.

Parallèlement à cela, le Parlement a rejeté une loi, proposée par le Royaume-Uni, l’Irlande, la Suède et la France, exigeant des opérateurs la conservation des toutes les données de communications pour une durée de 3 ans. Le Parlement a jugé cette solution disproportionnée, inefficace et allant contre le principe de présomption d’innocence.

Futilités zamusantes - 2

Jeudi 26 mai 2005

Alors là, je demande toute votre attention, voilà un authentique geek-tool de la mort qui tue :

Das Keyboard

Comme vous pouvez le voir, il s’agit d’un clavier dont les touches sont vierges de toute inscription. Le principal avantage invoqué est que l’absence de marquage fait perdre à l’utilisateur l’habitude de regarder son clavier, et donc lui permet d’apprendre à taper beaucoup plus rapidement que d’ordinaire.

Autre atout intéressant : les touches de ce clavier sont plus ou moins “lourdes” à la frappe pour tenir compte de la force que peut exercer chaque doigt. Ceci devrait de taper du code à longueur de journée plus confortablement.

Et puis il faut tout de même remarquer que ce clavier sera très utile pour une utilisation multi-plateforme. Entre Mac et PC, par exemple, certaines touches sont placées différemment. Mais il ne vous dispensera pas des les connaître au préalable, bien sûr.

Reste un inconvénient : comme pour tous les gadgets dans le genre, la geek-touch a son prix. 80 dollars en l’occurence.

Sauvé par l’ennemi

Mercredi 25 mai 2005

Hier, la direction de Microsoft en Ukraine effectuait une présentation officielle quand soudain, l’ordinateur chargé d’afficher l’image projetée s’est trouvé dans l’incapacité d’afficher le document correctement.

Que croyez-vous qu’il a fallu faire pour arranger les choses ? Laissons une photo amateur de la scène en témoigner :

Sauvé par Linux

Les connaisseurs auront immédiatement reconnu OpenOffice tournant sous KDE, donc Linux. Plus précisément, c’est OpenOffice 1.1.2 et AltLinux, une distribution russe, qui ont sauvé la mise de Microsoft en remplaçant respectivement Microsoft Office et Windows.

L’ironie de cette histoire a quelque chose de flatteur…

Le bloc à Celeri ?

Mardi 24 mai 2005

Selon News.com, notre tristement célèbre Commission Générale de Terminologie et de Néologie continue à faire des siennes.

Cette fois, ce sont les blogs qui vont déguster, car la chose a décidé de les appeler “bloc-notes”. Dans sa grande mansuétude, elle nous autorise à utiliser l’abréviation “bloc”.

Certes, beaucoup de blogs ont dans leur titre “blog-notes” ou un dérivé, mais ça n’est pas une raison pour dénaturer encore une fois l’origine d’un mot au profit d’un autre, beaucoup plus banal. En effet, “blog” est la contraction de “web log”, signifiant “journal/rapport publié sur le web”.

Ah, si j’avais un grand rouleau de sparadrap sous la main, je crois savoir ce que j’en ferais…

Internet : plus de débit mais plus d’attente

Lundi 23 mai 2005

On apprend aujourd’hui que l’ensemble des frais de téléphone dépensés en support technique par les clients pour leur accès internet a augmenté de près de 300% en 2004, totalisant ainsi plus de 112 millions d’euros. Dont pratiquement la moitié en temps d’attente.

Ces indices illustrent plusieurs choses. D’abord, que l’internet reste un milieu dans lequel il est avantageux de savoir se débrouiller. Autant techniquement, pour ne pas avoir besoin de l’onéreuse assistance, que communicativement, pour savoir faire respecter son contrat.

Ensuite, que l’accès au net est un service qui évolue trop vite : l’ADSL grand public est apparu fin 2002 et les débits proposés ont été multipliés par 10 et accompagnés de téléphonie et télévision gratuites. Tout ça pour le même prix. La France s’est propulsée pratiquement en tête mondiale en termes de débits et services, c’est une forme de rançon du succès et des promesses souvent faites sans infrastructures et logistiques suffisantes.

Enfin, un calcul rapide montre qu’un technicien d’assistance peut rapporter à un opérateur entre 70 et 80 euros par jour, soit deux fois plus que son salaire. Une hotline est donc rentable, alors qu’il ne s’agit que d’un service “colatéral”. Cela peut-il motiver les troupes à offrir un meilleur service, idéalement sans aucune assistance nécessaire ? Ne parlons pas de ce que ça donnerait après délocalisation…

Microsoftamus

Vendredi 20 mai 2005

La semaine dernière, Bill Gates présentait son nouveau Windows pour appareils mobiles et déclarait que le temps de l’iPod était révolu, car les gens voulaient pouvoir tout faire avec un seul objet. Cette semaine, comme un écho, voilà Steve Ballmer, son accolite aux tendances bien connues à cracher sur tout ce qui ne sort pas de chez lui ou de chez Intel, annonce que Google disparaîtra d’ici moins de 5 ans.

Et l’argument principal aussi rappelle la sentence de la semaine précédente : selon le frétillant patron de Microsoft, Google ne saura pas s’ouvrir à de nouveaux services et, tout comme pour l’iPod, mourra des suites de l’intégration des services au sein d’une seule et même plate-forme. Bien entendu, en disant cela, il pense à MSN, qui regroupe un moteur de recherche, un portail, un système de discussion en ligne, un serveur de mails…

Mais apparemment, les responsables de Microsoft n’ont pas l’air de se rendre compte que Google a déjà largement entamé sa diversification. La firme “la plus cool” a d’ailleurs sorti hier un système de portail personnalisé, permettant d’ajouter des rubriques mises à jour en temps réelles à la page du célèbre moteur de recherche. Et comme toujours, l’interface est très légère et diablement efficace. Et pour l’instant, sans pub.

Je ne peux que vous inviter à visiter Google Labs, qui est un véritable vivier de trucs utiles ou sympathiques.

Pour accéder au portail personnalisé, ça se passe par là.

iConnerie

Mardi 17 mai 2005

iConSteve Jobs, le fondateur et patron d’Apple, est de ceux qui ne laissent pas indifférents. Son rôle essentiel dans l’émergence de la micro-informatique ainsi que son charisme font de lui une sorte de mégastar du high-tech.

Rien d’anormal, donc, qu’un jour deux journalistes, Jeffrey Young et William Simon, décident d’écrire une biographie non-officielle sur lui. Mais quelques jours avant la sortie officielle du livre, la firme de retirer des rayons de ses magasins officiels tous les ouvrages publiés par l’éditeur de cette biographie.

Pures représailles ? Apparemment oui, mais pas sur le principe. D’après Wired News, ce serait au niveau du test que ça a coinçé. “iCon” n’a pas plu.

Steve est connu pour coller des “i” devant plein de mots, depuis quelques années (iMac, iPod, iMovie, iDVD…), aussi on comprendra que “iCon” ne passe pas facilement. “Con”, en anglais, signifie en effet racket ou arnaque. Et c’est sans parler de la signification francophone…

Windows SE : aux frontières de l’utile

Dimanche 15 mai 2005

Un peu comme Renault l’a fait avec sa Logan, Microsoft s’apprête à sortir un produit (très) bas de gamme pour les pays en voie de développement.

Nommé “Windows Starter Edition”, son but est d’imposer le système de Microsoft dans les pays où on n’aime pas payer ses logiciels (un adage de Bill Gates est qu’il ne sera satisfait que lorsque chaque chinois payera son Windows), et où des concurrents comme Linux commencent à intéresser sérieusement, car gratuit et indépendant.

Pour y parvenir, ce Windows sera vendu “très peu cher” (autour de 25$) mais sera méchamment castré : résolution d’écran maximale de 800×600, maximum 3 fenêtres ou programmes ouverts en même temps, pas de réseau local, entre autres bridages.

Aujourd’hui, on apprend que ledit système sera incompatible avec les processeur de la série Athlon et Pentium, se cantonnant à leurs dérivés bas de gamme respectif Sempron et Celeron. Raison invoquée : “Starter signifie débutant, donc inutile de supporter autre chose que du bas de gamme”. Sauf qu’on peut très bien se procurer des anciens processeurs haut de gamme aujourd’hui au prix des bas de gamme actuels, surtout dans de tels pays où on aime à déstocker les invendus.

On peut se demander si Microsoft tient réellement à ce que son produit se vende, avec de telles limitations de possibilités et de compatibilités. Linux, après tout, est gratuit et compatible avec tout. L’objectif de Microsoft est probablement plus d’empêcher que ce Windows pas cher subisse une exportation sauvage dans nos pays de non-débutants, où les ventes sont nettement plus garanties et les marges plus élevées.

Futilités zamusantes - 1

Vendredi 13 mai 2005

Aujourd’hui, c’est vendredi. Et comme il se doit en ce jour précédent le week-end, je vous invite à découvrir deux petites futilités prêtant à sourire.

La première, c’est ça :

StealthSwitch, c'est le pied

Quoi ça ? Il s’agit d’une pédale à relier à son PC. Son intérêt est que l’utilisateur peut lier son activation à un certain nombre d’actions, dont notamment celle de masquer certaines fenêtres de l’écran et en afficher d’autres à la place. Idéal pour cacher sa partie de solitaire quand arrive le patron !

Le site officiel ne cherche d’ailleurs pas à cacher ce type d’utilisation du produit, comme le montre la vidéo de démonstration.

Pouf, pouf.

Deuxième gadget, plus subtil : il s’agit de Google Content Blocker.

Sa création part d’un constat : le web regorge de publicité alléchantes et pratiques permettant aux internautes de trouver facilement de quoi dépenser leur argent. Seulement voilà : sur ces pages pleines de pub, il y a aussi des contenus longs et inintéressants à supporter. Google Content Blocker vous permet donc de les cacher, de manière à vous laisser tranquillement lire les publicités, cliquer dessus et en parler avec vos amis.

…bon, en réalité, Google Content Blocker n’existe pas, il s’agit d’un fake réalisé par John Walkenbach. Mais je vous recommande vivement d’aller y jeter un oeil : le style Googleien ironisé rend vraiment le pastiche très savoureux.