Archive pour juin 2005

La refonte des droits d’auteur en France, c’est pour aujourd’hui ou pour demain ?

Mercredi 29 juin 2005

Les débats parlementaires consacrés aux droits d’auteur en France, jusqu’à aujourd’hui prévus pour le 11 et 12 juillet prochains après déjà plusieurs reports, ont été une fois de plus repoussés, cette fois-ci à la rentrée.

Dans notre pays, on est aujourd’hui à un stade particulièrement flou pour les droits d’auteur et de copie : les textes actuels ne s’appliquent que difficilement aux nouvelles technologies, les tribunaux rendent des jugements et des arrêts contradictoires, et au final personne ne peut décrire la portée réelle de l’exception à la copie privée. Une sorte de “dark ages” pour les fichiers multimédia.

Ce qui est étonnant, dans ce nouveau report, c’est qu’il est motivé par la récente décision de la Cour Suprême américaine, qui responsabilise, dans une certaine mesure, les sites publiant les logiciels P2P. Le Syndicat National de l’Edition Phonographique (SNEP), sous le charme, a bien sûr immédiatement demandé une transcription de la décision en France.

Renaud Donnedieu de Vabres, notre ministre de la Culture et de la Communication, a alors demandé une “expertise juridique” de cette décision. Espérons qu’il ne s’agit pas que d’un écran de fumée cachant une décision parlementaire déjà prise.

Brevets logiciels : un exemple concret

Mardi 28 juin 2005

Les brevets logiciels, je sais que j’en parle beaucoup sans réellement expliquer pourquoi ils représentent un risque. Aussi, je vous linke cet article traduit en français, qui a pour origine Richard Stallman, initiateur du GNU et du logiciel libre.

    De l’absurdité des brevets

L’exemple choisi par Stallman est très concret, puisqu’il se base sur notre littérature française : l’auteur a choisi de rebondir sur un faux argument de notre ancien ministre de l’industrie.

J’en recommande vivement la lecture à tous ceux qui ne savent pas quoi penser des brevets logiciels.

Pour rappel, le vote du Parlement Européen aura lieu début juillet prochain. Croisons les doigts pour qu’ils aient gardé toute leur fougue contre les décisions autistes du Conseil et ne subissent pas TROP de lobbying…

La Norvège veut soutenir les standards ouverts

Mardi 28 juin 2005

La norvège jette un pavé dans la mare de la défense des standards ouverts. Dans le cadre d’une profonde restructuration de l’interface électronique entre l’étate et les citoyens, le ministre de la modernisation a annoncé que d’ici fin2006, seuls les formats ouverts seront acceptables dans les communications avec le gouvernement. Les logiciels Open Source sont également déclarés comme soutenus.

Microsoft n’est pas mentionné texto, mais tout à fait sous-entendu par des phrases comme “le tableur que tout le monde utilise” ou “c’est la dernière fois que je présente un plan sur les technologies de l’information sur le net grâce au format Windows Media”. Le message est donc fort : et si Microsoft ne change rien à sa politique d’ouverture quasi-inexistante, il perdra de lui-même le marché du gouvernement, puis des entreprises qui doivent communiquer avec lui.

Voici un nouveau pas dans la direction des systèmes informatiques publics plus transparents et indépendants. Petit à petit, les consciences évoluent, et les gouvernements commencent à se rendre compte de ce qu’ils risquent à soutenir des technologies fermées et opaques, toutes standards qu’elles soient.

Travail / vie privée : la frontère subsiste

Samedi 25 juin 2005

La Cour de Cassation a rendu aujourd’hui un arrêt intéressant : un employé, qui avait stocké des documents personnels sans rapport avec son travail dans le disque dur de son poste de travail a vu son licenciement désavoué.

L’argument de “faute grave” a été refusé par notre plus haute instance juridique, qui estime ainsi que l’employeur n’aurait pas dû procéder à la fouille du disque, et notamment du dossier nommé “perso” contenant les éléments litigieux, de manière aussi légère. En effet :

“Sauf risque ou événement particulier, l’employeur ne peut ouvrir les fichiers identifiés par le salarié comme personnels contenus sur le disque dur de l’ordinateur mis à sa disposition qu’en présence de ce dernier ou celui-ci dûment appelé”

La distinction entre le travail et la vie privé continue donc d’être d’actualité en France. Rappelons que des affaires similaires ont déjà plusieurs fois opposé patrons et employés, notamment à propos de surveillance de leurs appels téléphoniques, de leur messagerie ou de leur activité par le biais de caméras, presque toujours au bénéfice de ces derniers.

La règle qui prévaut globalement est que l’employeur n’a pas le droit de surveiller un salarié sans au minimum le prévenir avant de ce qui sera observé et comment. Mais n’allons pas pour autant nous mettre à joyeusement flemmarder devant notre ordinateur de boulot : la tolérance des activités et documents à caractère personnel suppose bien évidemment qu’elles n’empêchent pas la tâche spécifiée dans le contrat de travail d’être menée à bien.

Musique : vers la fin du piratage ?

Mercredi 22 juin 2005

Reuters fait part d’une étude intéressante : il semblerait que l’écart entre la musique téléchargée légalement et la musique piratée s’amenuise significativement ces derniers mois. Les 35% des consommateurs de musique utilisent un magasin en ligne dépasseront-ils bientôt les 40% qui utilisent le piratage ?

Les raisons mises en évidence sont celles qu’on pouvait attendre, notamment la peur grandissante de la répression, la faible qualité des morceaux piratés et un certain cas de conscience envers les artistes.

Mentionnons toutefois que l’étude ne dit pas dans quelle catégorie sont rangés ceux qui utilisent les deux méthodes et qui sont sans doute loin d’être rares, puisque les magasins en ligne demeurent relativement incomplets comparés aux disques et aux morceaux partagés. Et puis, la conscience a toujours ses limites.

Chaud, moi ? Jamais, grâce à l’USB !

Lundi 20 juin 2005

Depuis le reportage de France 2 sur les geeks vendredi dernier, vous avez envie de goûter à la tendance de façon (pas trop) inutile ?

Alors voilà un accessoire qui pourrait vous intéresser, surtout par ces temps de chaleur qui ne font rien présager de frais pour l’été qui commence :

FlyFan

Tout technophile digne de ce nom doit absolument connaître ThinkGeek, la boutique en ligne pleine de gadgets très tendance geek la plus célèbre du net. Même si on n’y achète rien, on y trouve toujours au moins de quoi rire :)

Contagiosité de stars

Jeudi 16 juin 2005

Panda Software, qui vend un logiciel antivirus ainsi que d’autres logiciels de sécurité, vient de publier une liste de personnalités :

1. Britney Spears
2. Bill Gates
3. Jennifer Lopez
4. Shakira
5. Oussama ben Laden
6. Michael Jackson
7. Bill Clinton
8. Anna Kournikova
9. Paris Hilton
10. Pamela Anderson

Alors, à votre avis ? Trouver l’intrus ? Non, il s’agit bien, comme le suggèrent les chiffres à côté des noms, d’un classement. Mais lequel ? Celui qui dépense le plus d’argent ? Celui qui reçoit le plus de mails ? Celui à qui on voudrait donner le plus de baffes ? Non, rien de tout cela.

En fait, il s’agit du top-10 des virus & vers se propageant grâce à un e-mail prétendant parler d’une personne. On en déduit bien vite qu’il est plus efficace de parler d’une personne plutôt médiatique. Et que Britney Spears est plus dangereuse que Bill Gates.

En étant un brin cynique, on pourrait appeler ça “contagiosité de stars médiatiques”. Sauf que celle-ci ne se sert pas que de la folâtrerie des individus, mais également de leur voyeurisme… et de l’insécurité de leur ordinateur, bien entendu.

A vous de comparer cette liste avec les virus que vous recevez probablement assez souvent vous aussi.

Mort pour une épée virtuelle

Samedi 11 juin 2005

Grâce à la démocratisation de l’internet et l’addiction aux jeux vidéo en ligne, les meurtres pour des motifs informatiques sont en augmentation rapide ces dernières années. Exemple tout frais : à Shanghai, Qiu Chengwei a assassiné Zhu Caoyuan pour avoir vendu un objet qui ne lui appartenait pas… une épée dans le monde du jeu en ligne Legend Of Mir 3.

Le meurtrier a été bien sûr immédiatement arrêté, jugé et condamné. Et plutôt lourdement pour du passionnel, puisqu’il a écopé d’une peine de mort avec sursis, autrement dit la prison à vie.

Certes, ce qu’a fait Zhu était mal : il a tiré, via le net, plus de 500 euros du “Dragon Sabre” que lui avait prêté son équipier. Mais la démesure du châtiment a de quoi inquiéter. En fait, on se demande même : eût-il été le même si l’arme avait été réelle ?

Cela dit, si l’objet n’avait pas été virtuel, Qui aurait pu porter plainte et être entendu par la justice. La Chine, tout comme la plupart des autres pays du monde, ne reconnait pas encore la propriété, le vol et l’abus de confiance virtuels. D’où peut-être une certaine volonté chez les joueurs les plus chevronnés à vouloir se rendre justice eux-mêmes.

Faites attention avec qui vous jouez en ligne !

Censuré pour avoir défendu le P2P

Vendredi 10 juin 2005

FramaSoft nous relate aujourd’hui une histoire fort navrante. Jorge Cortell, qui donne un cours sur la propriété intellectuelle à l’Université Polytechnique de Valence (UPV) en Espagne depuis 5 ans, a été victime d’une censure perpétrée par l’industrie de l’édition. Pour avoir simplement cherché à défendre le P2P.

Il y a deux semaines de cela, il s’apprêtait à donner une conférence sur “les usages légaux et les avantages du peer-to-peer” mais s’est heurté à l’administration de l’université. Mise sous pression par les majors du disque et du cinéma, celle-ci a tout fait pour empêcher la conférence d’avoir lieu en rendant toutes les salles indisponibles. Finalement, l’enseignant a dû se rabattre sur la cafétéria pour dispenser son cours pendant plus de 5 heures et devant plus de 150 personnes.

Pire encore : selon Cortell, après son coup d’éclat, le Directeur du programme des Masters lui a ordonné de supprimer de son site web toutes les références à l’université et au fait qu’il y enseignait. La raison ? Des menaces d’inspections concernant les licences de logiciels, de fichiers illégaux, et même de licenciement du personnel du programme. Comprenant ce que cette demande sous-entendait, l’enseignant a démissionné, mais a décidé de ne pas se taire.

Comme quoi, même sur le continent des droits de l’homme, le bras des groupes privés est assez long pour atteindre jusqu’aux universités. Je ne sais comment cela vous fait réagir, mais en ce qui me concerne j’hésite de plus en plus souvent à acheter un disque ou un DVD quand j’y aperçois les logos de ces groupes tentaculaires et outranciers.

Virtualité réelle

Mercredi 8 juin 2005

Vous connaissez probablement tous Pacman… ça vous dirait d’y jouer en vrai ? C’est maintenant possible, depuis que les chercheurs de l’université de Singapour ont créé Human Pacman.

Grâce à la géolocalisation, ils ont pu mettre au point un système de jeu à plusieurs, chaque joueur emportant avec lui un mini-ordinateur et un casque de réalité virtuelle. Il visualise ainsi les véritables rues dans lesquelles il se trouve, mais dans laquelle sont incrustés les inévitables boules jaunes à croquer… et les autres joueurs.

Pacman en vrai !

Cette idée n’est pas sans rappeler le projet collaboratif Pacmanhattan, où de nombreux joueurs on pu s’affronter dans les rues avoisinant le Washington Square Park l’an dernier, en utilisant leur téléphone portable.

L’intérêt profond de cette évolution technique reste difficile à évaluer, mais ça reste tout de même un bien bel hommage au célébrissime bonhomme jaune et rond, pionnier des jeux vidéo, et dont le 25ème anniversaire vient d’être célébré par le Guiness Book le mois dernier, à la rubrique “nombre de bornes d’arcade vendues” !