Archive pour juillet 2005

Un hack pour l’anti-crack

Jeudi 28 juillet 2005

Vous le savez peut-être, cette semaine Microsoft a commencé à vérifier l’authenticité de la clé de Windows XP installé sur chaque poste se connectant à son site de mises à jour, Windows Update. En cas de piratage, la mise à jour est annulée et l’utilisateur se voit proposer une clé authentique gratuite… à condition de dénoncer l’odieux magasin (ou personnage) qui lui a refilé cette mauvaise clé. Les mises à jour de sécurité (si importantes et si nombreuses à la fois) échappent encore à la règle pour l’instant, mais pour un temps encore indéterminé.

Toutefois, “Genuine Advantage”, puisque c’est son nom, a encore toutes ses preuves à faire : en moins de 24 heures, une solution simple a été trouvée par des hackers pour empêcher la vérification de se faire. C’est rapide, c’est simple comme bonjour, et ça marche même sous Internet Explorer. D’aucuns diront même qu’écrire un petit javascript dans sa barre d’adresse n’a rien d’illégal, d’où impunité totale…

L’argument qui tue

Mercredi 27 juillet 2005

Un lecteur de MacBidouille a pris un cliché fort intéressant :

L'argument qui tue

“Apple : l’internet sans virus”, voilà un slogan qui risque de toucher le grand public. Argument encore vérifiable à l’heure actuelle (quoi qu’en disent ceux qui se plaisent à imaginer le contraire), Apple se refuse pourtant toujours à l’utiliser, probablement pour ne pas inciter les vilains pirates à se pencher sur son OS. Ceci reste donc une qualité du Mac qui ne se transmet que par la bouche-à-bouche.

Reste qu’il faut que la situation du monde PC+Windows soit devenue significativement catastrophique pour qu’un tel slogan soit utilisé : la valeur ajoutée est ici réduite à une “non valeur retranchée” ! Il est vrai qu’à force de doubler le nombre de virus et de spyware chaque année, ça devait arriver…

Open mousse

Vendredi 22 juillet 2005

Certaines personnes aimant la vulgarisation comparent souvent la programmation d’un logiciel à une recette de cuisine : rassembler les ingrédients (variables, données…) et les cuisiner de façon logique (formules, algorithmes…). Cette métaphorisation vient aujourd’hui de trouver une étonnante concrétisation : un groupe d’étudiants danois de l’université de Copenhague vient d’inventer une bière en open source.

Pour décrire brièvement l’open source, il s’agit d’une façon de distribuer le logiciel qui serait l’équivalent de distribuer un album de musique avec ses partitions : en plus du logiciel sous forme utilisable (binaire), vous disposez de son code source. Vous pouvez dès lors le modifier pour l’adapter à vos besoins puis le distribuer à votre tour. Tout ce qui vous est alors demandé est que votre création soit soumise rigoureusement à la même licence, afin que d’autres puissent faire de même avec votre propre version.

“Vores Øl” (”notre bière”), puisque c’est son nom, est donc une bière placée sous licence libre Creative Commons : n’importe qui peut donc en produire, en vendre et en produire un dérivé, à condition de mentionner ses sources et d’expliquer les changements qu’il y a apporté. L’idée est ainsi d’arriver progressivement à de multiples recettes élaborées et pouvant répondre aux goûts de tout un chacun, faisant ainsi bénéficier tout le monde de la valeur ajoutée individuelle.

Ce n’est pas une idée qui va bouleverser le monde de la bière, bien sûr, les cadors du houblon n’étant sûrement pas disposés à révéler leurs secrets. Mais il est toujours agréable de voir qu’en parallèle de ce monde sur-marchandisé, l’effort solidaire continue d’être soutenu par des initiatives volontaires. Et puis, comme je le disais en introduction, c’est une sympathique façon d’illustrer la nature et les avantages du logiciel libre.

J’en profite pour vous faire part d’une autre fort jolie métaphore de l’open source, racontée par Tristant Nitot, fondateur du pendant européen de la fondation Mozilla.

Microsoft veut VRAIMENT être partout

Mardi 12 juillet 2005

Le magazine en ligne CNet vient de publier la liste des 10 logiciels les plus populaires de ces 10 dernières années.

Je vais me permettre d’utiliser ce classement pour mettre en avant un avis que je défends énergiquement : Microsoft n’invente rien mais envahit tout. Certes, c’est dit de façon un peu directe et totalitaire de décrire les choses, alors illustrons-là en scrutant cette liste :

    1er - ICQ : MS a récupéré l’idée avec MSN Messenger, après que AOL l’ai fait avec AIM.

    2ème - WinAmp : MS a beaucoup misé sur les fonctions musicales de Media Player à partir de la version 7, après que le MP3 ait commencé à se populariser.

    3ème - Napster : MS a annoncé récemment la venue d’Avalanche, un concurrent de BitTorrent, emblème actuel du P2P, comme l’a été Napster en son temps.

    4ème - Firefox : Faut-il parler d’Internet Explorer, qui a été développé à la hâte devant le succès de Netscape à peine quelques années après que Bill Gates ait dit que l’internet ne décollerait jamais ?

    5ème - WinZip : MS a intégré un moteur pour fichiers Zip dans l’explorateur de Windows, mais là c’est vrai que devant le standard qu’est devenu le format .zip, c’est normal.

    6ème - iTunes : MS s’est lancé dans la musique en ligne l’an dernier, encore une fois à la hâte, après qu’Apple ait révélé ses excellents chiffres de vente de musique en ligne et que de nombreux concurrents (Real, AOL, MusicMatch…) aient annoncé leur entrée sur le marché.

    7ème - Ad-Aware : MS a lancé un anti-spyware il y a quelques mois, racheté à Giant, et encore en phase beta à l’heure actuelle alors que Ad-Aware et SpyBot font partie de la trousse à outils de base depuis plus d’un an.

    8ème - Skype : MS a annoncé la semaine dernière un partenariat de téléphonie via ADSL avec France Télécom pour concurrencer le modèle très novateur de ce logiciel qui a bouleversé le monde de la voix sur IP.

    9ème - RealPlayer : c’est à Real qu’on doit les premiers protocoles de streaming audio&vidéo, concept que MS a par la suite récupéré dans Media Player.

    10ème - Acrobat Reader : le standard indéniable (et surtout libre) qu’est devenu le PDF fait peur à MS, qui a annoncé en avril dernier un format concurrent (mais non libre) : Metro.

Je ne juge pas ici de la qualité des produits (ou des annonces) de Microsoft, mais me contente juste de montrer à quel point la firme s’infiltre absolument partout dans le milieu de l’informatique. Et ce n’est ici qu’un petit aperçu parmi les logiciels les plus populaires, ne tenant pas compte des autres grands succès ni des secteurs professionnels.

Brevets logiciels : NON c’est NON !

Mercredi 6 juillet 2005

“On ne se fiche pas de nous aussi facilement”, voilà en gros ce qu’a signifié aujourd’hui le Parlement Européen à la Commission Européenne à propos de “la brevetabilité des inventions mises en oeuvre par ordinateur”, c’est à dire les brevets logiciels.

Visiblement toujours remontés contre la commission qui avait déjà ignoré toutes ses corrections et recommandations, le parlement frappe ici un grand coup en rejetant totalement le texte en seconde lecture, et ce par une quasi-unanimité de 648 voix contre 14. Un joli camouflet, donc, qui n’arrangera pas les relations parfois difficiles entre les deux instances, mais qui soulagera au moins les PME du secteur informatique ainsi que les nombreuses personnes qui en ont perçu les risques d’une possibilités de breveter les idées.

Le projet de loi est donc stoppé net. Pour l’instant du moins. En effet, Bruxelles a annoncé hier ne pas compter présenter de nouvelle proposition en cas de rejet. Mais ne nous attendons pas à ce que ceux qui défendaient les brevets logiciels en y voyant un moyen de s’enrichir à peu de frais (je pense aux principaux groupes lobbyistes particulièrement actifs comme Microsoft Alcatel ou Nokia) abandonnent si facilement. L’idée reviendra fatalement sous une forme ou une autre. Cela dit, les manoeuvres peu déonthologiques de la commission ont alerté les esprits et les a sensibilisés aux dangers des brevets, et ça ne sera plus aussi facile de passer en force.

Windows : toujours plus rapide…

Mardi 5 juillet 2005

…pour se faire infecter.

La “durée de vie de l’ordinateur avant infection fatale” va-t-elle devenir une mesure reconnue de la sécurité informatique ? L’idée est simple : prenez un ordinateur tout neuf, branchez-le au net via une connexion permanente, et sortez le chronomètre !

Vous vous souvenez des 20 petites minutes de moyenne qui étaient suffisantes à un Windows XP de base (non patché) pour se faire infecter par un virus une fois connecté au net ? L’étude réalisée par Sophos, une compagnie anglaise de sécurité informatique, est sans appel : ce temps est passé à 12 minutes pour que le PC ait 50% de chances de se ramasse un virus sans aucune intervention de l’utilisateur.

En parallèle à cela, l’étude affirme que le nombre de virus a augmenté de 59% en l’espace d’un an, et celui du phishing de 226%.

Que de nouvelles rassurantes pour le monde merveilleux du système que 95% des gens utilisent sans se demander franchement s’il ne faudrait pas penser à en changer un jour !

Spam : “si si, j’ai moins de 13 ans, promis !”

Samedi 2 juillet 2005

Une toute récente loi votée dans l’état du Michigan aux USA entend sanctionner lourdement tout spam adressé à un enfant de moins de 13 ans. Enfin pas tout à fait n’importe quel spam : juste celui relatif aux produits qu’un enfant n’a pas le droit de consommer dans cet état (alcool, tabac, pornographie et produits “obscènes”, jeux de casino et lotteries, drogues, feux d’artifice et armes à feu).

Pour cela, les parents peuvent dès à présent inscrire l’adresse e-mail de leur(s) enfant(s) dans une liste spécialement mise en place par le gouvernement. Et à partir du 1er août prochain, ça va barder : les peines prévues en cas d’infraction vont jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 30 000 dollars d’amende (plus 5 000 par message illicite).

Difficile de présager si cette décision va être réellement appliquable et appliquée, mais je vois d’ici la liste se faire remplir par des enfants de largement plus de 13 ans…

Yabon spam ?

Vendredi 1 juillet 2005

Le spam, alias pourriel ou encore courrier non-sollicité, qui parmi vous aime ça ? On peut difficilement concevoir comment éprouver autre chose que de l’énervement devant l’inutilité évidente de ce fléau des temps modernes. Et pourtant…

Les chercheurs de l’Université d’Alberta (Canada), ont mis en évidence un phénomène surprenant : les internautes recevant beaucoup de spam ont globalement perdu du poids et mieux pris soin de leur corps que les autres !

L’explication la plus probable est que face à tous ces messages vantant les mérites de tant de produits pour aller mieux, les personnes se sentent plus concernées par les soucis corporels et prennent des initiatives.

Ce que l’étude ne dit pas, c’est quels types de spam ont été utilisés. S’agissait-il de programmes de régime ? Et si oui, que révèlerait la même étude appliquée aux pourriels promettant des prêts bancaires à taux très intéressant ? Et avec des mails de réclame pour du Viagra ou autres produits du genre ?