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Crapware : le nouveau poil à gratter de Microsoft

Vendredi 12 janvier 2007

En ce début de nouvelle année, une bonne résolution que pourraient prendre les vendeurs de PC (outre les trop classiques “plus de qualité”, “moins cher”, le tout avec les fesses de la crémière) serait d’enfin livrer des machines épurées en “crapware”, que certains francophones ont traduit en “merdiciels”, et qui désigne des logiciels de qualité, hum… très moyenne.

Tous ceux qui ont acheté un PC chez Dell, Packard Bell ou HP savent bien de quoi il s’agit. Parfois vaguement utiles, généralement pas, ces logiciels se distinguent aussi par le fait qu’ils s’attribuent presque toujours l’ouverture de fichiers très courants comme par exemple les images. Sans oublier qu’ils sont souvent difficiles à désinstaller par les moyens habituels.

Pourquoi les laisser prendre en charge par un simple visualiseur ? Faisons-les ouvrir par une suite d’édition ! Bon d’accord, ça prend 10 fois plus de temps à se lancer à chaque double-clic, mais ça incitera les gens à être créatifs !

Mais si on en reparle ces temps-ci, ce n’est pas seulement pour la nouvelle année en elle-même, c’est surtout parce que Vista, le Windows nouveau, arrive bientôt. Et chez Microsoft, on s’inquiète : beaucoup de ces crapware, dont la qualité laisse à désirer, risquent fort d’être incompatibles avec le flambant neuf Windows et ses 68 millions de lignes de code. Bah oui, même si elles ont été écrites dans la plus pure tradition de qualité propre à Microsoft (huhu), elles sont sensibles ces petites bébêtes. Et si les merdiciels du client ne marchent pas, qui ce dernier va-t-il contacter ? Le fabricant ou Microsoft ?

Craintes que réfutent bien évidemment pas les assembleurs de PC. C’est que le crapware, ça rapporte gros : les éditeurs de logiciels sont prêts à payer cher pour chaque PC vendu avec leur logiciel et ainsi profiter de l’effet de levier au moment de vendre des mises à jour… ou de vendre la licence une fois la démo expirée, procédé que Microsoft utilise lui-même avec Office 2003, au passage.

De toute façons, fabricants comme développeurs sont tranquilles. Microsoft le reconnait lui-même : “nous ne pouvons rien faire pour empêcher cela, car ce serait illégal.” Et le meilleur exemple qu’ils pourraient donner est probablement le leur : attacher Internet Explorer à Windows - et donc en forcer l’installation sur chaque PC -, en plus d’avoir été diablement efficace, a été blanchi par la justice. Eh oui, un nouveau cas de l’enc… pardon de l’arroseur arrosé.

Forts du point de vue de Microsoft sur la question, des reporters d’Ars Technica sont allés poser la question au cours d’une table ronde organisée par le constructeur Dell, à l’occasion du CES. Et comment a réagi le représentant de Dell ? En demandant aux personnes présentes la question combien ils seraient prêts à payer pour un PC sans crapware !

On aurait pu croire à une question réthorique, mais lorsqu’un des participants a proposé 60 dollars (45 euros), le monsieur Dell aurait répondu “vendu !”. Les autres propositions ont été repoussées, y compris une de 10 dollars. Conclusion : le bénéfice obtenu par Dell pour chaque machine doit avoisiner les 40 dollars.

45 euros… une jolie somme pour pouvoir disposer d’un ordinateur avec moins de choses néfastes dedans. Ca me fait penser aux yaourts “sans sucres ajoutés”, toujours plus chers que les autres. Encore un bel exemple de valeur ajoutée à partir de rien.