Archive pour mars 2008

Steal this film : le P2P disséqué

Dimanche 30 mars 2008

Aujourd’hui, j’ai découvert un documentaire en deux parties (en attendant une future troisième qui ne devrait apparemment pas tarder) traitant du phénomène du partage de fichiers et du peer to peer. Son nom ? “Steal this film” !

Comme son nom laisse supposer, il s’agit d’un documentaire engagé, c’est à dire qu’il prend position et sa vision est claire : le P2P n’est pas qu’un simple outil de piratage de fichiers, mais le fondement technologique d’une nouvelle révolution culturelle, dont l’ampleur serait au moins aussi grande que celle des premiers livres imprimés et des premiers enregistreurs de bandes magnétiques pour grand public.

Le premier épisode s’intéresse plus particulièrement au site internet The Pirate Bay, qui est devenu en quelques mois le plus gros tracker de fichiers BitTorrent et a provoqué l’ire du gouvernement américain qui est allé jusqu’à exercer des pressions sur le gouvernement suédois via l’OMC, avec l’objectif d’obtenir la fermeture du site. Femeture qui a effectivement eu lieu, mais qui fut pour le moins éphémère (quelques jours seulement). Le parti politique officiellement pro-piratage suédois Piratbyran nous est également présenté, par le témoignage d’un de ses responsables.

Le second épisode, pour sa part, examine l’impact culturel des échanges de fichiers, en dressant notamment des parallèles entre cette technique et l’émergence de l’imprimerie en Europe et en Amérique au cours du XVIème siècle, et en mettant en évidence la futilité des efforts destinés à contrer ce qui est déjà largement devenu une habitude de masse.

Je conseille vivement ces deux films à tous ceux qui s’intéressent un peu aux impacts sociaux engendrés par les évolutions technologiques, mais aussi à ceux qui utilisent parfois le P2P. Même s’il faut garder à l’esprit que ce document est plutôt “orienté” en faveur des pirates, certains arguments soulevés sont pertinents. Si je devais retenir une phrase concernant les pirates et la réaction des majors, ce serait le proverbe chinois “quand le vent se lève, certains construisent des abris, d’autres des moulins”.

Rendez-vous sur le site officiel du documentaire pour le télécharger (le premier épisode est disponible via un lien BitTorrent, au bas de la page).

Au passage, je profite de cette note pour vous raconter en image ce que j’ai fait de mon après-midi dominicale :

WordPress 2.5 : ça y est !

Eh oui, comme quoi, on peut parfois renoncer à ses principes… En l’occurrence, j’avais envie de savoir si cette nouvelle mise à jour serait plus facile que la précédente grâce à mes aménagements. Verdict : clairement oui ! :)

Merdiciels : il fallait oser, Sony l’a fait

Dimanche 23 mars 2008

Encore une note qui commence par un flash-back, afin d’aborder une news dans la même veine que celle d’hier. Cette fois-ci je vous invite à vous replonger dans le monde tel qu’il était en janvier 2007, lorsque le magazine en ligne Ars Technica avait profité du CES pour sonder Dell sur sa tendance à remplir ses ordinateurs de logiciels inutiles et/ou en version démo quasi-impossibles à désinstaller, ce que les initiés appellent crapware ou encore merdiciels. Sur un ton à moitié sérieux, le représentant du fabricant avait avancé l’idée de faire payer aux clients la somme de 60$ pour leur épargner un tel fléau sur leur machine toute neuve.

L’anecdote n’avait pas fait beaucoup jaser car rien de concret n’en avait découlé, jusqu’à cette semaine où un constructeur a osé franchir la ligne jaune : Sony. Vendredi dernier, PC World titrait innocemment sur une nouvelle idée du géant de l’électronique. “Fresh start”, puisque c’est son nom, était alors une option payante disponible pour certains portables de la gamme Vaio et qui garantissait une machine vierge de tout logiciel superflu, comme l’indique le savoureux tas de jolies périphrases ci-dessous (ctrl-molette pour les utlisateurs de Mac, JMMPP pour les autres) :

Le Fresh Start de Sony

Pas de chance pour Sony, la nouvelle a généré un buzz immédiat et gigantesque, incarné par le titre “Sony hates you” de Engadget. En quelques heures, les sites sociaux et blogs de geeks sont envahis de protestations véhémentes pointant du doigt l’aveu de culpabilité des constructeurs concernant l’installation des merdiciels et revendiquant leur disparition, mais gratuite s’il-vous-plaît-merci-bande-d’escrocs.

Le tsunami est tel qu’à peine quelques heures plus tard, l’option “Fresh start” est retirée du catalogue. Un porte-parole de Sony explique alors que cette fonctionnalité sera maintenant gratuite. Oui mais en y regardant de plus près, on constate qu’elle est réservée à une certaine gamme d’ordinateurs et aux clients ayant payé pour la version Business de Windows Vista… laquelle représente tout de même un surcoût de 100 dollars. Chacun se fera sa propre idée quant à la “gratuité” de la chose.

Cette histoire illustre parfaitement le fait que les crapware sont un sujet à évoquer avec beaucoup de précautions. En effet, il sont l’objet d’un double tirement de couverture entre les éditeurs qui sponsorisent leur installation d’office et les clients passablement énervés qui aimeraient bien s’en débarasser. Faire payer pour leur retrait donne immédiatement à l’acheteur l’impression d’être considéré comme un le dindon de la farce, un pion au milieu d’une entente commerciale douteuse.

Dommage pour Sony, le consommateur est suffisamment ingrat pour ne pas apprécier et risquer de faire ses achats ailleurs. Le client est décidément un roi bien chiant, hein Ken ?

Apple se la joue Microsoft

Samedi 22 mars 2008

On se souvient encore de la polémique de l’été 2006 : Microsoft avait annoncé vouloir distribuer Internet Explorer 7 en tant que mise à jour critique de Windows XP, via le logiciel Windows Update. Même si Firefox avait déjà réussi à se faire une jolie place sur le marché des navigateurs web, les cicatrices de la guerre Microsoft-Netscape étaient encore loin d’être refermées. Ce procédé, qu’il fût perfide ou maladroit, ne montrait que trop bien l’inutilité des sanctions subies par Microsoft suite à au procès pour abus de position dominante. Le gouvernement américain l’avait lancé en pointant précisément du doigt l’intégration d’Internet Explorer au système d’exploitation Windows, lui assurant de facto l’adoption d’une énorme partie des utilisateurs de PC.

Apple, qui développe sur son propre navigateur Safari depuis plusieurs années, a l’an dernier décidé d’en faire profiter les utilisateurs de Windows. Jusqu’à maintenant, le logiciel étant en phase de beta-test, il fallait le télécharger et l’installer soi-même. Mais Apple a profité de la finalisation de la version 3.1, mardi dernier, pour en proposer l’installation aux les utilisateurs ayant activé le maintien à jour automatique d’iTunes :

Safari via Windows Update

Comme vous pouvez le voir, Safari y est présenté comme le navigateur le plus rapide et le plus facile à utiliser. On croirait presque entendre un speech de Steve Jobs. Personne ne s’attendait à une manoeuvre aussi audacieuse, qui ne manquera pas de faire des remous (qui ont déjà commencé du côté de Mozilla).

Il faut reconnaître que Safari pour Windows, depuis sa naissance, est un produit ambigu. Apple fait-elle de ce produit une fin en soi afin d’augmenter sa visibilité sur le marché des brouteurs, comme pour QuickTime, ou compte-t-elle sur lui pour amener plus d’utilisateurs vers le Mac, à la façon d’iTunes et de l’iPod ? Quoi qu’il en soit, au fil des mois et des annonces, Apple semble se déshiniber de plus en plus vis-à-vis du monde PC. Après les attaques publicitaires directes, voici que la pomme de Cupertino se met à vouloir retourner les procédés du géant de Redmont contre lui-même.

Reste que le procédé en question est, en effet, très discutable. Apple Software Update, comme son nom l’indique, est un outil de mise à jour, et non de distribution de nouveaux logiciels. Bien sûr, vouloir faire connaître d’autres produits à ses utilisateurs n’est pas un mal en soi, mais alors il faut éviter d’en provoquer l’installation par défaut, autrement dit que sa case ne soit pas déjà cochée. Je suis personnellement de ceux qui pestent régulièrement contre ces petits logiciels qui essayent, au moment de leur installation, de vous fourguer au passage leur toolbar ou autre gadget inutile en exigeant de vous une démarche active pour que ce ne soit pas le cas. J’ai tendance à rapprocher ce genre de manoeuvre des celles utiilisées par les sites web qui profitent de la crédulité des utilisateurs imprudents pour installer des malwares à leur insu.

Le summum de la malveillance aurait été que l’installeur en question fasse de Safari le navigateur par défaut, ce qui semble pas être le cas. Le pire est donc évité, mais il n’empêche qu’Apple prend ici un risque, surtout en ces temps où la paranoïa gagne peu à peu du terrain dans le monde troublé du PC sous Windows.

Ceci m’offre d’ailleurs une jolie transition vers une autre news, dont je vous ferai part demain.

La dure vie de bloggeur bidouilleur

Vendredi 21 mars 2008

Ces derniers jours, j’étais en train de me demander si j’allais appliquer une des recommandations parmi les plus judicieuses à propos du bloggage, à savoir que si on ne poste rien depuis un bout de temps, alors mieux vaut se rattrapper en produisant un contenu solide que de s’aplatir en excuses bidon genre “j’ai pas eu le temps d’écrire car je garde le sac de la demi-soeur de mon chien qui vient d’entrer en hôpital psychiatrique et que ses ondes négatives faisaient planter mon ordinateur”.

La question est donc la suivante : est-ce que je dois vous pondre un super-billet pour me faire pardonner de cette semaine entière sans blogger ? Une semaine, ce n’est pas vraiment très long, il ne faut pas exagérer. Donc pourquoi me prendre la tête pour si peu ? Je ne pense donc pas être tenu à faire l’effort de chercher à être intéressant. Par contre, ça veut dire que je vais quand même avoir besoin d’une mauvaise excuse.

Alors, alors, qu’ai-je sous la main ? Ah oui, tiens, figurez-vous que je viens de mettre à jour WordPress, le logiciel qui me permet de poster toutes ces bêtises dont je vous régale tous les j… euh tous les quelques jours. Et ce n’était pas une petite update de rien du tout, hein, je suis passé de la version 2.0 à la 2.3. Oui, ça a représenté pas mal de boulot. En tout cas plus que je ne l’avais prévu en téléchargeant le logiciel, avant-hier matin. WordPress est-il donc si difficile à installer ? Non. Il est même très facile de le faire fonctionner, et même de le mettre à jour.

Sauf quand on a tendance à tout bidouiller un peu n’importe comment. Mine de rien, ma précédente grosse évolution (de la version 1.5 à la 2.0) remontait à il y a tout juste deux ans, et pendant ce temps j’ai eu l’occasion de changer pas mal de petites choses à mon blog. Même si ces dernières ne sautent pas aux yeux des autres que moi, mes modifications successives ont impacté plusieurs fichiers que je ne suis normalement pas censé modifier, car remplacés lors des mises à jour. Pour conserver mes améliorations personnelles, il fallait donc partir à la pêche aux lignes de code modifiées dans chacun de ces fichiers, afin de les répercuter dans ceux de la nouvelle version. Un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin, sauf que là il s’agit de… plusieurs aiguilles !

Bref, ce fut une petite aventure à elle toute seule, cette upgrade. Mais heureusement, à présent tout fonctionne bien, comme en atteste le tableau de bord intégré du logiciel :

WordPress 2.3

Mission accomplie : la mise à jour est terminée et je peux commencer à explorer les nouvelles capacités de cette version-ci. Je ne vous garantis pas que vous en verrez beaucoup vous-mêmes, étant donné que d’une manière générale je suis contre les effets d’animation, les widgets et autres fanfreluches qui ne font que consommer inutilement des ressources machine. La prétention de ce blog est de vous entretenir un peu sur l’actualité technologique (au milieu de geekeries et autres digressions, il est vrai), pas de servir de vitrine ou de laboratoire d’expérimentation technoïdes.

Voilà précisément ce que j’étais en train de penser en continuant à explorer la page dont est issue l’image ci-dessus, juste avant que ne tombe sur une autre petite zone de texte, sur la gauche :

WordPress 2.5

Aaargh, voilà bien le côté sombre de l’informatique : à peine avez-vous mis en place un logiciel, avec reprise des données et des améliorations personnelles à la clé, que celui-ci est déjà obsolète. Je suis sûr qu’ils ont fait exprès de la sortir pile maintenant, juste pour me faire savourer un peu d’ironie.

Heureusement, en passant de la 2.0 à la 2.3, j’ai eu la bonne idée (ahem) de faire les choses comme il faut. J’ai rassemblé toutes les fonctions que j’avais ajoutées ou altérées dans un nouveau fichier qui restera lui-même ad vitam eternam, rendant les futures updates beaucoup plus faciles. Ce qui ne m’empêchera pas d’attendre un peu avant de passer à la 2.5, soit dit en passant. Entre les “early adopters”, aussi connus sous l’appelation “beta-testeurs bénévoles”, et ceux qui préfèrent voir les autres essuyer les plâtres des nouveaux produits, j’ai choisi mon camp depuis longtemps…

Les métadonnées en image

Mercredi 12 mars 2008

Il y a un peu plus de trois ans (déjà !), dans la chronique bi-mensuelle que je tenais sur mon site web, je profitais de la sortie de la version 10.4 de Mac OS X pour parler à mes lecteurs de l’intérêt de ce qu’on appelle “métadonnées”. J’encourage vivement quiconque ne sachant pas de quoi il s’agit à lire ce petit texte (ou alors l’article de Wikipédia, nettement plus complet), car c’est une technique qui a vraiment le vent en poupe.

Dans ma chronique, j’en exposais les avantages mais également le principal inconvénient : la combinaison de l’indexage des métadonnées et du moteur de recherche idoine permet certes de retrouver très rapidement des fichiers par leur contenu, mais inocule la tendance à ne plus organiser ses fichiers, et donc à laisser son disque dur en désordre.

Cette note n’a pas pour ambition de revenir dans le détail sur ce problème, mais juste vous faire part d’une image que j’ai trouvée sur Flickr et qui en est une bonne illustration par l’extrême :

Thanks Spotlight !

Gardez à l’esprit que les métadonnées sont un excellent outil, mais pas une solution à elles toutes seules !

Encarta, c’est plus geek que toi (?)

Samedi 8 mars 2008

Aujourd’hui, j’ai découvert un truc de chez Microsoft que j’ai instantanément qualifié de bonne idée. Non non, je ne plaisante pas. De quoi s’agit-il donc ? Vous savez probablement déjà que le pisseur de code producteur de logiciels édite et maintient également une encyclopédie, qui répond au nom d’Encarta. Eh bien chez Microsoft, ils ont réalisé un robot-tchatteur qui permet d’interroger cette base de connaissances via MSN Messenger !

Très simple d’utilisation, il suffit de l’ajouter à votre liste de contacts et lui poser des questions, comme à un copain. N’hésitez pas à l’essayer, l’adresse à utiliser étant encarta@botmetro.net pour la version US et fr.encarta@botmetro.net pour les francophones.

Sérieusement, voilà une utilisation originale et intéressante d’un logiciel de messagerie instantanée. D’accord l’encyclopédie est disponible gratuitement sur le net, d’accord le tchat c’est limité au texte alors qu’un site web est multimédia, d’accord une recherche par mots-clés bien choisis est plus efficace qu’une question syntaxiquement correcte, mais bon, je trouve quand même l’idée sympa, surtout si on a un petit truc tout simple à trouver.

J’ai déjà eu l’occasion d’essayer quelques “chatbots” ces dernières années (mon préféré restant AliceBot), et force est de constater que celui made in Billou est fonctionnel, bien qu’un peu limité :

Celeri : test
Encarta : I’m right here.
Celeri : hello
Encarta : Oh hi! How’s it going?
Celeri : well, fine, and you ?
Encarta : I’m doing great, thanks!
Celeri : so you are a robot ?
Encarta : Correct. I am a robot.
I hate to ask but I’m curious… Are you male or female?
Celeri : does it really matter ?
Encarta : Let’s try looking in Encarta. =>
Celeri : haha.
Encarta : What’s so funny? :-D
Celeri : your answer
Encarta : I don’t understand this fully enough to say anything smart about it…
Celeri : maybe you need an upgrade…?
Encarta : I don’t know how to answer that.
Celeri : so here is your limit, it seems.
Encarta : That’s interesting that you should say that, but I don’t think I can answer.
Celeri : do you have another question to ask me ?
Encarta : Here are some questions you can ask me:
* What is the population of South Korea?
* Where was Leonardo da Vinci born?
* What is a cello?
Celeri : how old is Bill Gates ?
Encarta : Bill Gates is 53 years old (born in 1955).
I can’t show you the results since you don’t have the Encarta application open. Type “Invite me” to open it.
Celeri : what is the difference between a pigeon ?
Encarta : I am sorry, I couldn’t find any definition or article relevant to this subject. Please try asking me another way, or type “?” to see examples of questions I can answer.


Un peu plus tard, par contre, la machine m’a vraiment bluffé. J’avais continué à lui débiter tout plein de questions stupides ou inutiles quand, à court d’idées, je lui ai écrit ce qui était marqué sur mon T-shirt de geek :

Celeri : all your base are belong to us
Encarta : Someone set up us the bomb.
Celeri : … what you say !
Encarta : You have no chance to survive make your time.
HA HA HA HA…
Celeri : I think I love you.
Encarta : Hey, I love you too!
I do enjoy the conversation, but what I’m really here for is to help you learn new things. If you ever wondered how old Albert Einstein would be today, I can answer that!


Je pense que ceux qui connaissent le fameux “All your base” auront souri devant ce passage. Les autres pourront toujours aller compléter leur culture, mais ne riront sans doute pas cette fois-ci. En tout cas la preuve est faite : chez Microsoft, il y a bel et bien des geeks.

Par contre, quel dommage que ma seconde allusion n’ait pas fait tilter les octets de cette encyclopédie robotisée :

Celeri : how much wood would a woodchuck chuck if a woodchuck could chuck wood ?
Encarta : I don’t know how to answer that.
Celeri : maybe you could get an advice from Guybrush Threepwood ?
Encarta : I don’t think I know Guybrush Threepwood. Let’s try an Encarta search. =>
I can’t show you the results since you don’t have the Encarta application open. Type “Invite me” to open it.
Celeri : oh, shut up.
Encarta : That’s not very nice…
Celeri : au revoir.


Voilà : non seulement elle n’a pas compris, mais en plus elle fait la gueule. Si si, je vous jure, elle n’a même pas répondu à mes sincères salutations. Peuh. Allez, encore un peu moins de logique et de responsabilités, et elle sera prête à s’inscrire sur Meetic.

Verdict : Encarta est une encyclopédie prometteuse mais encore perfectible. Parole de geek.

La chaîne de laisse-poire

Jeudi 6 mars 2008

Une pratique, qui n’est cependant pas nouvelle, a tendance à se généraliser sur les blogs depuis plusieurs mois : la chaîne. Une “chaîne” fonctionne de la façon suivante :
- en tant que bloggeur, vous recevez une invitation à réaliser un “défi”, comme par exemple répondre à des questions plus ou moins intimes, piocher une phrase au hasard dans votre livre de chevet, dessiner un mouton, vous enregistrer en train de roter, etc. ;
- vous réalisez une note pour montrer que vous êtes cap’ de réaliser le défi en question, puis vous prévenez le bloggeur qui vous a défié ;
- vous faites suivre la chaîne en la transmettant à d’autres bloggeurs.

À noter que lorsqu’on reçoit une chaîne, on appelle parfois ça être “taggé”, en référence au fait que les anglophones, lorsqu’ils jouent à chat, ne disent pas “chat”, mais “tag”. Certains pensent que ce système a été inventé pour augmenter son pagerank, et donc son classement dans Google, ce qui me semble assez probable.

Cela fait maintenant un peu plus de trois ans (déjà…) que je sévis sur ce blog, et je viens tout juste d’être taggé. Il fallait bien que ça finisse par m’arriver.

Alors, de quelle chaîne s’agit-il ? Elle est toute jeune, apparemment, puisque j’en suis un maillon de niveau 6. Elle a pour origine le blog de Ciloubidouille et m’est arrivée via TiteMaud, que je ne remercie pas.

Le défi, pour ce que j’en ai compris, consiste à se fourrer quelque chose dans la bouche, et de se prendre en photo. Wow. Normalement, j’aurais dû laisser glisser la chose vers les oubliettes, mais j’ai néanmoins décidé d’en suivre le premier objectif, à savoir réaliser le défi. Pourquoi ? Il se trouve que cette chaîne-ci ne se prend pas vraiment au sérieux… et que j’ai peut-être au fond de moi le désir d’être une star, la preuve :

Celeri la star

Voilà. En revanche, je ne respecterai pas la deuxième clause du contrat, à savoir celle de faire suivre la chose à d’autres. Cette branche de chaîne (gag : branche de chêne. hahaha.) mourra donc avec moi. Question de principe, vu que j’aime pas me prendre en photo je n’aime pas les chaînes, bien entendu… Hum, bon, OK, c’est aussi parce que je ne vois pas à qui la refiler, les bloggeurs se manifestant régulièrement ici étant trop rares.

A la limite, si vous êtes un bloggeur, que vous aimez bien le Grain de Celeri et que ça vous amuse de faire l’andouille avec votre appareil photo, vous pouvez toujours prolonger la vie de la branche de Celeri. Et pour montrer votre solidarité avec ma répugnance de ces chaînes, mettez plein de jeux de mots pourris dans votre note !

IE8 respectueux des standards par défaut

Mardi 4 mars 2008

We’ve decided that IE8 will, by default, interpret web content in the most standards compliant way it can. This decision is a change from what we’ve posted previously.

Intéressante surprise que cette petite annonce publiée sur le blog officiel d’Internet Explorer : Microsoft affirme que la prochaine version de son navigateur vera ses réglage par défaut privilégier les standards du web. Quand on connaît la tendance habituelle du mastodonte de Redmont, on s’y reprend à deux fois (voire trois) pour être sûr d’avoir bien lu.

Une fois la surprise passée se pose la question : d’où peut bien venir une telle décision ?

Du récent changement stratégique vers l’ouverture, même que tout le monde sait que c’est bidon ?

De la nouvelle grosse amende infligée par la commission européenne pour refus d’obtempérer aux injonctions anti-monopole ?

A la part de marché de Firefox qui n’arrête pas de grignoter celle d’Internet Explorer ?

Hmm… Probablement un peu des trois. Mais je ne résiste pas à la tentation d’y ajouter celle-ci, qui parle d’elle-même :

Test Acid2 - Internet Explorer 7

Qu’est-ce donc que cette horreur ? Eh bien c’est la façon dont la version actuelle (7.0) affiche le test Acid2, qui permet d’évaluer la façon dont les navigateurs respectent les standards du web. Avouez que c’est VRAIMENT pas joli.

Ce résultat fait bien rire (ou grincer des dents, selon les cas) depuis la sortie d’IE7, dans la mesure où ses concepteurs avaient promis un bon support des standards. Pour information, le rendu normal est le suivant (ici affiché via Safari 3.0.4) :

Test Acid2 - Safari 3

Note2be : fermera ? fermera pas ?

Lundi 3 mars 2008

Note2be, vous en avez forcément entendu parler : profitant du trouble semé par les préconisations du rapport Attali à propos de l’évaluation des professeurs fin janvier dernier, il permet aux élèves de noter leurs professeurs. Théoriquement. Car en fait, cettre phrase est, en pratique, totalement fausse.

D’une part, n’importe qui peut s’inscrire, la vérification de l’identité est inexistante (même l’adresse eMail, tant qu’elle contient un ‘@’ est considérée comme valide, et sans message de validation à la clé). Ainsi, les professeurs eux-mêmes, les parents d’élèves, ou tout autre quidam peut donner son point de vue et des notes, sans contrôle. D’autre part, même en tant qu’élève, on peut noter absolument n’importe quel prof, y compris un ne faisant pas partie du parcours scolaire qu’on a déclaré au moment de l’inscription. Et enfin, les incohérence dans les notes ne donnent lieu à aucune correction, ni interrogation.

Vous l’aurez compris, Note2be, c’est du grand n’importe quoi. La liberté est totale, et par conséquent, la crédibilité des notes est nulle. Quel crédit peut-on accorder à un site qui n’effectue pas le moindre contrôle, ni des notes, ni des identités ?

C’est normalement aujourd’hui même que devrait être rendue la décision de justice décidant des évenutuelles sanctions à l’égard des créateurs du site, suite à une plainte déposée par le SNES il y a de cela trois semaines. Le syndicat des enseignants peste contre la stigmatisation des professeurs, qui avalent déjà bien assez de couloeuvres de la part de leur hiérarchie et de celles des parents d’élèves. Les créateurs du site, en toute logique, revendiquent la liberté d’expression.

Un élève est-il à même de noter ses enseignants ? Question qui porte à débat. Personnellement, j’aurais tendance à penser que non : pour moi, le pouvoir d’évaluer doit être accompagné d’une reconnaissance de cette faculté d’évaluer. Ainsi, les professeurs sont normalement notés par des inspecteurs de leur académie. En entreprise, qui accepterait d’être évalué par ses subalternes ? Et les parents, quel crédit accorderaient-ils aux notes que leur donneraient leurs enfants ?

Dans les milieux où la hiérarchie n’est pas claire, comme par exemple la communauté scientifique, on accepte alors le jugement des pairs, à condition qu’ils soient plusieurs. Mais là encore, il y a une reconnaissance nécessaire du pouvoir de juger.

En ce qui me concerne, il n’y a qu’une seule structure dans laquelle j’ai pu noter mes enseignants, c’était en cycle ingénieur. Mais cette évaluation était très encadrée : des cases à cocher, éventuellement de commentaires personnels, mais ça ne sortait pas de l’école, et même les professeurs ne pouvaient pas y avoir accès. C’était clairement la direction de l’école qui évaluait, en utilisant pour cela un pouvoir de délégation auprès des élèves.

Une question importante se pose : Note2be est-il un site vraiment légal ? La rubrique “données personnelles” mentionnne un enregistrement à la CNIL (pour rappel, un dépôt à la CNIL est obligatoire pour toute base de données contenant des noms), mais pas de numéro de dossier… Et personnellement, j’imagine assez mal les responsables de cette institution donner leur aval à une telle base de données. Cela dit, on connait leur surcharge chronique dûe à leur criant manque de moyens.

En attendant la réponse de la justice, j’aurais tendance à penser que Note2be n’est rien d’autre qu’une vaste bêtise, qui aura son heure de gloire durant quelques temps, et qui finira aux oubliettes avant la fin de l’année. Pour la bonne et simple raison que ça ne dépassera jamais le stade du simple délire de gosses, le contenu du site n’ayant aucune légitimité statistique. D’ailleurs, quand on parcourt les forums, on voit tout de suite de quoi il retourne : le soupçon est permanent entre les membres, et tout le monde s’accuse d’être de l’autre bord…

[Edit / 13h45] : Ca y est, le juge a rendu son verdict. Les auteurs du site peuvent laisser ce dernier en ligne, mais doivent en retirer tous les noms de professeurs. Il a en effet été retenu que la présence de publicité faisait de Note2be un site marchand, lequel ne peut dès lors se prétendre espace d’expression. Cette décision lui fait du perdre tout l’intérêt et le condamne à n’être guère plus qu’un forum parmi tant d’autres sur le net…