Archive pour novembre 2008

GMail : thèmes et archives

Samedi 29 novembre 2008

Aujourd’hui, je vais vous parler d’un de mes grands amis, GMail. Et même s’il est de plus en plus mal vu de dire du bien de Google sur le web, eh bien je ne vais pas vous le cacher : j’adore ce gestionnaire de mails. Avant lui, je n’avais jamais supporté le moindre webmail quel qu’il fût, et j’en avais pourtant testé un assez grand nombre.

Il a donc fallu attendre mars 2004 pour qu’enfin ce concept me séduise : les codeurs de Google avaient réussi à mettre au point un site simple, clair, pas moche, et surtout ultra-réactif. J’ai définitivement basculé toute ma messagerie quelques mois plus tard et n’ai jamais regretté ce choix.

La philosophie de base de GMail est la suivante : on vous alloue plein d’espace (1Go à l’origine, plus de 7Go à présent, et ça augmente toujours de jour en jour), donc ne jetez plus rien et utilisez la recherche au lieu de trier. Depuis lors, Google n’a eu de cesse d’améliorer son logiciel, lui incorporant plein de choses très utiles comme la gestion d’identités multiples, les libellés, le chat via protocole XMPP, l’accès POP et IMAP… et l’utilisateur curieux qui met le nez dans les “labs” peut trouver tout un tas de gadgets plus ou moins utiles.

Il y a quelques jours, vous l’avez peut-être remarqué, Google a décidé de mettre en oeuvre une fonctionnalité qui était réclamée depuis bien longtemps : les thèmes. L’interface historique, certes très fonctionnelle, n’est pas vraiment esthétique et de nombreuses bidouilles d’amateurs basées sur des scripts CSS existaient pour y remédier.

À ceux qui n’ont pas encore essayés ces premiers thèmes officiels, je dirai qu’honnêtement, certains valent vraiment le coup. “Shiny”, par exemple, est à la fois beau et sobre, tandis que “Planets” et “Phantasea” sont du plus bel effet et que “Terminal” fera hurler de rire tous les geeks. Mais il en est un qui a réellement retenu mon attention : “Tree”. Au moment où vous le choisissez, une petite zone fait son apparition, dans laquelle vous pouvez indiquer la ville où vous habitez. Et une fois ceci fait, Google affiche un décor variable en fonction de la météo de cet endroit, comme vous pouvez le voir dans ces captures :

Soleil

Nuages

Couvert

Pluie

Neige

Mignon, non ? Bon, d’accord, ce n’est pas grand-chose et il manque des modes “nuit”, “aube” et “crépuscule”, mais moi j’adore l’idée.

Passons maintenant à la seconde partie de cette note. Il y a environ un mois de cela, constatant que la totalité de mes mails ne remplissaient que péniblement 1% de la capacité offerte par Google, je me suis demandé s’il existait un moyen d’y transférer tous mes anciens mails de l’époque pré-GMail. Ou plutôt redemandé, vu que j’avais déjà cherché à faire ça il y a deux ans, mais qu’à l’époque c’était impossible. À présent, non seulement c’est possible, mais qui plus est, c’est facile. Enfin presque. Je vous explique comment j’ai fait.

Qu’est-ce qui a changé récemment sur Google et qui permet une telle manip’ ? Une seule chose : le support du protocole IMAP. Pour ceux qui ne le connaissent pas, il s’agit d’un moyen de gérer sa messagerie de manière entièrement online, sans avoir à télécharger le contenu de sa boîte aux lettres au préalable sur un ordinateur. On peut ainsi non seulement lire ses mails, les classer et les détruire, mais également les copier d’une source externe !

La pierre angulaire de l’opération d’archivage a pour nom Thunderbird, le logiciel de messagerie de Mozilla, qui m’a servi à deux choses :
1 : récupérer tous mes anciens mails depuis mes débuts sur le net (en 1996 !)
2 : les copier sur mon compte GMail via IMAP

Je vous laisse vous débrouiller pour la première étape, les formats d’archives existants étant bien trop nombreux pour que je puisse en faire le tour. Les documentations adéquates existent partout sur le net, vous les trouverez facilement, donc RTFM !

Intéressons-nous plutôt à la seconde étape, qui passe par la création d’un accès IMAP dans Thunderbird, avec les réglages suivants :

Paramètres IMAP pour GMail

Une fois ceci fait, vous avez normalement la liste de vos dossiers GMail, ainsi que vos libellés, qui apparaît à gauche de la fenêtre principale :

GMail via IMAP

Maintenant, tout ce qu’il vous reste à faire est de copier tous vos vieux emails dans les dossiers IMAP idoines. Ceux que vous avez envoyés iront dans le dossier ” Sent Mail” et ceux que vous avez reçus iront dans “All Mail”. Attention, ces opérations risquent d’être longues, surtout si vous avez conservé vos pièces jointes !

Détail important : vous remarquerez peut-être que certains des mails que vous avez envoyés seront marqués comme “pour : moi”, au lieu d’indiquer leur destinataire réel. Ceci se produit lorsque l’adresse d’expéditeur du mail n’est pas référencée comme identité dans les réglages de GMail. Il vous faudra donc créer une telle identité pour chacune des adresses que vous avez utilisées par le passé… Problème : avant d’accepter de créer cette identité, GMail vous expédiera un email de confirmation à cette adresse. Donc si vous ne pouvez plus accéder à cette dernière, vous êtes bloqué. La seule solution que j’ai trouvée pour remédier à ce problème est de faire des rechercher/remplacer directement dans le fichier-archive de Thunderbird afin d’y remplacer mes vieilles adresses inaccessible par mon actuelle… Ça marche, mais on tombe là dans des manips un peu violentes et sans garantie de bon fonctionnement. Pensez bien à travailler sur des copies !

Voilà comment j’ai réussi à récupérer mes 8 ans d’archives de messagerie dans GMail. Et avec tout ça, qui représente plus de 6000 courriers en tout, j’occupe à présent… 2% de l’espace qui m’est alloué. Cool ! ;-)

Quatre écrans full HD, sinon rien

Samedi 22 novembre 2008

Une des outils les plus fondamentaux de l’administrateur réseau est son logiciel de supervision. Son objectif est double : détecter les pannes d’une part et permettre d’en identifier les conséquences le plus vite possible d’autre part. Par exemple si un petit site est relié au site central via un site intermédiaire et que ce dernier perd son accès, il faudra alors prévenir les responsables des deux sites.

D’une manière générale, lors d’une panne réseau, on peut considérer que l’admin a bien fait son travail s’il a fait passer le message avant même que les utilisateurs n’aient eu le temps de se plaindre. Vous pouvez être sûr qu’un responsable de site qui envoit un mail de type “l’équipe télécoms/réseaux de la direction nous informe que les accès sont coupés et qu’ils travaillent dessus” fait toujours son effet si la coupure n’est intervenue que quelques minutes auparavant.

Mais pour obtenir un tel résultat, l’admin réseau a besoin d’un affichage permanent d’une cartographie réseau mise à jour en temps réel. C’est pour ça qu’il travaille presque toujours avec plusieurs écrans, de façon en à en réserver au moins un à celle-ci. Mais si l’administration réseau est gérée par plusieurs personnes, alors il devient utile de faire comme dans les films d’action et d’investir dans de grands écrans, que tout le monde peut voir de loin.

Voici donc le récent investissement consenti par mes chefs, après un petit lobbying de quelques mois :

(crédit wallpaper : Aves et son appareil photo magique)

Avec ces quatre écrans full HD de 40 pouces, c’est un total de plus de 8 méga-pixels prêts à améliorer la pro-activité du service réseaux & télécom de l’entreprise. Si si, je vous assure, quand on gère un quasi-millier de switches et de routeurs, il faut bien ça. Et même si la crise économique menace les budgets de l’an prochain, il est des nécessités devant lesquelles ont ne peut que plier.

Par ailleurs, comme vous le savez maintenant, trois quarts des gens qui composent l’équipe dans laquelle j’exerce mes fonctions sont des geeks. Ce qui explique probablement que trois webcams se soient mystérieusement retrouvées dans le bureau, et plus précisément autour de ceci :

Eh oui, la tentation était trop grande : il a fallu que ces écrans servent à mettre en place un système inédit de supervision de nos chers poissons, et ce en HD multi-angle, s’il vous plait !

Quoiqu’on puisse penser de notre montage, nos poissons sont devenus de vraies stars. Qui peut se vanter, en dehors de certains participants à des jeux de télé-réalité, d’être filmé en permanence par trois caméras ?

Maintenant, reste à espérer que le DSI ne nous rendra pas visite avant qu’on ait adapté les véritables cartographies réseau à ces écrans…

Yahoo prêt à se faire enc… racheter

Samedi 8 novembre 2008

Souvenez-vous, ça a commencé en février dernier : Microsoft, qui souffrait de la toute-puissance de Google sur le marché des moteurs de recherche et de la publicité en ligne, proposait de racheter Yahoo pour 44,6 milliards de dollars. Mais le conseil d’administration, même s’il n’était pas unanime, a refusé l’offre, jugée pas assez généreuse.

Afin de signifier son refus du vilain ogre de Redmont, Yahoo a alors cherché à s’allier avec Google, dans le cadre d’un partenariat publicitaire. Mais pas de chance, cette idée a été battue en brèche par le Département de Justice américain pour abus de position dominante.

Aujourd’hui, la crise économique est là, et l’action de Yahoo, qui valait 27$ en janvier dernier, fluctue à présent autour de 12$. On imagine facilement les actionnaires de l’entreprise penser avec nostalgie à l’offre de Microsoft, qui était de 33$ par action… Et c’est dans ce contexte que Jerry Yang revient, la queue entre les jambes, implorer Microsoft de revenir à la table des négociations. Chapeau, couleuvres, appelez comme vous voudrez ce que ce pauvre patron se voit contraint de manger.

Mais la vie est décidément injuste, que voulez-vous. Après trois mois de courtisanerie intensive, Ballmer avait annoncé tourner définitivement la page, et se plait à rappeler cette décision aujourd’hui. Tout en prenant soin d’expliquer que des partenariats sont toujours possibles

Cette histoire ne vous fait-elle pas penser à une parabole des temps modernes ? Mais si, vous savez, celle où un garçon, connu comme le plus grand tombeur de filles de l’école, implore une fille de sortir avec lui des semaines durant, mais cette dernière s’y refuse obstinément et ostensiblement car pense mériter mieux que lui. Plusieurs mois plus tard, n’ayant pas trouvé chaussure à son pied, elle se souvient de ce “brave garçon” et décide donc de revenir vers lui. Mais hélas, l’eau a coulé sous les ponts, et le garçon ne lui propose plus alors qu’une relation de “fuck friend”. Je vous laisse imaginer la suite…

Personnellement, je mise sur Microsoft qui laissera tranquillement Yahoo s’enfoncer dans une situation de plus en plus difficile et cherchera alors à racheter l’ancien géant du web à l’agonie pour une bouchée de pain, le plus tard possible, de façon à profiter des réticences de Google face à la justice américaine, mais tout en gardant un oeil sur les autres requins à l’affut, et notamment celui qui rôde du côté de Cupertino.

Allez, à sa décharge, Jerry Yang pourra toujours dire qu’il n’aurait pas pu prévoir la crise économique de fin 2008, de la même façon que tant de start-ups avaient invoqué le 11 septembre comme cause de leur décès en 2001…