Archive pour 2009

Video Games Live : Paris 2009

Dimanche 22 novembre 2009

Samedi 21 novembre 2009 était une date attendue fiévreusement par bon nombre de geeks amateurs de jeux vidéo. Dans l’indifférence générale d’un grand public nettement plus intéressé par la tendance pop-rock qui considère que la présence d’un chanteur est indispensable et que tout instrument qui ne ressemble pas à une guitare n’est pas digne d’être joué sur scène, le Video Games Live effectuait son second passage à Paris, dans le grand amphithéâtre du Palais des Congrès.

Créé en 2005 par Tommy Tallarico et Jack Wall, tous deux musiciens et compositeurs, le Video Games Live est un événement musical qui a pour objectif de permettre à la musique de jeu de gagner un peu du crédit qu’elle mérite. Il se présente sous la forme d’un concert de deux heures au cours desquelles un orchestre symphonique d’une bonne quarantaine de musiciens et choristes reprend quelques-uns des plus grands thèmes vidéoludiques, avec l’appui de projections d’images sur écran géants, effets de mise en scène et effets lumineux.

Le jeu vidéo étant avant tout un divertissement, l’ambiance est tout sauf sérieuse, pour ne pas dire survoltée, ce qui ne retire rien à la qualité de l’interprétation, toujours confiée à des artistes locaux. Le choix des jeux est large et va des plus anciens sasfépu aux plus récents blockbusters, en passant par les immortels classiques dont on ne compte plus multiples opus. L’interactivité avec le public n’est pas oubliée, avec notamment des parties en direct devant un orchestre qui s’adapte à leur déroulement et une interprétation via Guitar Hero, en duo avec sieur Tallarico himself. Enfin, plusieurs clins d’oeils à la culture locale ou à l’actualité ne manquent pas de pimenter la soirée. Pour vous donner une idée, voici la vidéo à laquelle nous avons eu droit hier soir, en guise de prélude :

Comme vous pouvez vous en douter, une telle vidéo devant un public de geeks pour la plupart nourris aux jeux vidéo depuis leur plus tendre enfance, ne pouvait que surchauffer la salle d’emblée. Et ça n’a pas manqué. Qui plus est, Martin Leung, pianniste dont la renommée n’est plus à faire depuis sa première vidéo postée sur le net où il joue le thème de Mario les yeux bandés, fait plus que jamais partie de la troupe et intervient à plusieurs moments du concert.

Clairement, l’événement était largement à la hauteur de sa réputation dans le milieu des gamers : qualité de la musique, ambiance de folie, effets visuels bien adaptés… nul doute que la majeure partie du public sera reparti heureux. Et le succès du Video Games Live ne va pas me donner tort sur ce point : de 3 concerts à Los Angeles en 2005, l’événement en arrive en 2009 à quelque 90 villes un peu partout dans le monde en 2009 !

Vivement l’édition 2010…

Pour finir, quelques photos (vous excuserez la qualité très moyenne, il n’est guère facile de faire mieux dans une salle de concert) :

Hadopi 2 : passe pour cette fois

Vendredi 23 octobre 2009

En tant qu’internaute, il y a peu de chances que la décision rendue hier par le Conseil Constitutionnel à propos de la loi Hadopi 2 vous ait échappé. Au premier abord, on peut se dire que ledit conseil fut étrangement plus incisif la dernière fois, mais l’inénarrable Maître Eolas nous explique fort bien le pourquoi du comment.

Toujours est-il que ça y est, la loi est passée. Elle a tout de même perdu beaucoup de sa substance après son premier avortement, même si le gouvernement jubile devant une victoire purement politique. Qui osera croire que les magistrats, déjà largement surchargés, vont s’amuser à punir Madame Michu pour “défaut de sécurisation d’accès internet” en lui coupant son abonnement, et ce en se basant sur des preuves par nature très discutables ?

Je ne vais pas m’aventurer dans un catalogue des conséquences prévisibles de cette loi, d’autres sites l’ont déjà fait bien mieux que je ne le pourrais. Il en est cependant une qui me turlupine plus que les autres. Même s’il est impotent en pratique, ce texte a déjà commencé à instiller une menace dans l’esprit de la plupart des gens. Mais ces gens ont déjà trop intégré le fait de partager des données, de la même façon que l’ont fait l’imprimerie, le gramophone, la cassette, la photocopieuse, le magnétoscope ou le graveur de CD en leur temps, pour faire une croix sur leurs habitudes. Et plutôt que d’arrêter, ils changeront de support autant qu’il faudra, jusqu’à finir par user de moyens de cryptage et d’anonymisation très performants s’il le faut. Et c’est là que je perçois une monumentale erreur stratégique commise par le principal moteur de cette loi, à savoir notre cher Président de la République.

Voyez-vous, gouverner implique de connaître le plus de choses possible sur le plus de monde possible. On appelle ça le renseignement, l’apanage des polices politiques. Et le renseignement, c’est déjà une difficile activité d’écoute, de compilation, d’organisation et de synthèse. Mais si en plus on doit y ajouter une dose de décryptage sur une majorité des informations acquises, alors le renseignement se voit fortement compromis. Et le pouvoir est dès lors lourdement handicapé.

Je ne peux pas imaginer une seule seconde qu’il n’y a pas eu au moins un responsable de la DST ou des RG (ou de leur récente fusion DCRI), ou encore ne serait-ce qu’un seul chef d’Etat-major de l’armée, pour venir expliquer à Nicolas Sarkozy le danger que représente le fait de seulement laisser naître l’idée de chiffrer ses échanges dans l’esprit de monsieur tout-le-monde. Et le long passage par le ministère de l’intérieur ne rend le jusque-boutisme de notre Président que plus inexcusable encore.

Opposants au gouvernement de tous bords, cessez de chercher des preuves de l’incompétence de votre représentant à l’étranger. La plus flagrante est là, sous vos yeux, depuis que les majors lui ont dicté une loi par le biais de leur marionette qu’il a choisi d’épouser.

Amendement 138 : l’inversion des rôles

Mercredi 14 octobre 2009

La vie politique peut parfois réserver des surprises qui ne manquent pas d’ironie.

Souvenez-vous : il y a à tout juste un an, le parlement européen se battait pour faire accepter l’amendement 138 du “paquet télécom”. Cet amendement, déposé par l’eurodéputé socialiste français Guy Bono, élève l’accès à l’internet au rang de droit fondamental, et surtout que son retrait à l’encontre d’une personne ne pouvait être décidé que par une autorité judiciaire, et non administrative. 88% des voix du parlement étaient en sa faveur, lui donnant une force difficile à combattre pour la Commission Européenne.

À l’époque, c’était bel et bien la France qui cherchait à y faire le plus obstacle, notre Président ayant déjà dans ses cartons son projet de riposte graduée, futur Hadopi. Mais après le vote de la première mouture de cette loi, le Conseil Constitutionnel est passé par là et a gravé dans le marbre que ce n’est pas à un fonctionnaire, fusse-t-il mandaté par une prétendue “haute autorité indépendante”, de décider de qui peut avoir accès à l’information et s’exprimer online, mais bel et bien à un juge.

Aujourd’hui, on apprend que les deux émissaires-négociateurs (Catherine Trautmann et Alejo Vidal-Quadras) ont trahi le mandat que leur a octroyé le Parlement Européen au cours d’un comité informel de conciliation concernant l’amendement 138. C’est donc un texte expurgé dudit amendement que devraient examiner les députés d’ici quelques mois. Et toute la tactique est là : pour manifester leur mécontentement devant cette trahison manifeste, les eurodéputés n’auront pas d’autre moyen que de rejeter en bloc le Paquet Télécom… autrement dit l’arme nucléaire démocratique (rappelez-vous du fiasco Hadopi en avril dernier). Une telle responsabilité sera extrêmement difficile à prendre.

La situation d’aujourd’hui est donc étrangement inverse à celle d’il y a un an : alors que l’Europe luttait pour préserver un amendement que la France voulait annihiler, c’est aujourd’hui la France qui en a fait un droit constitutionnel et l’Europe qui cherche à le faire oublier.

Sic transit gloria, comme on dit.

Jouons zinbrin

Mardi 13 octobre 2009

Aujourd’hui, je vous propose de savourer deux petites répliques, partageant certaines caractéristiques.

Tout ce qui donne en pâture une personne, sans fondement, de façon excessive, [...] ce n’est jamais bien.

Quand ? Aujourd’hui.
Qui ? Nicolas Sarkozy.
Quoi ? À propos de la polémique née de l’ “élection” de Jean Sarkozy, son fiston de 23 ans et en deuxième année de droit (faites le calcul), à la tête de l’EPAD.

Désormais, ce qui compte en France pour réussir ce n’est plus d’être ‘bien né’, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve, par ses études de la
valeur. [...] Quel meilleur critère que celui du savoir et de la compétence pour désigner ceux qui doivent exercer des responsabilités ? [...] Je veux que les nominations soient irréprochables.”

Quand ? Aujourd’hui.
Qui ? Nicolas Sarkozy.
Quoi ? À propos de la réforme du lycée, objet du discours.

Matelots, surveillez vos voiles. Aujourd’hui, les vents sont oscillants… et les girouettes décomplexées.

PSP Go home !

Dimanche 4 octobre 2009

Depuis une bonne décennie, maintenant, les gamers sont habitués à voir les nouvelles consoles de jeu vidéo lancées en grande pompe, appuyées par de lourdes campagnes de communication, moult événements organisé à minuit le jour fatidique, avec stands de démonstration, hôtesses court vêtues, petits fours, etc. Et si ces opérations ont tant d’impact, c’est qu’elles sont d’habitude répercutés dans les grandes enseignes plus ou moins spécialisées, que ce soit Micromania, la Fnac ou même Auchan.

Et pourtant, il est une console qui a débuté son cycle de vie commerciale cette semaine mais n’a pas eu droit à ces honneurs : la PSP Go. La plupart d’entre vous en ont sûrement déjà entendu parler, Sony ayant entretenu le buzz depuis de nombreux mois. Il s’agit de la petite soeur de la PSP, qui va maintenant sur ses cinq ans et n’a cependant toujours pas perdu son leadership en terme de puissance brute pour une console portable, ce qui est une performance dans le monde d’aujourd’hui. Il est donc logique que celui-ci n’évolue pas, la petite nouvelle étant à première vue principalement un relooking de la même bestiole. Mais qu’est-ce qui explique son lancement quasi-confidentiel, alors ?

C’est très simple : la PSP est une console faite PAR Sony et POUR Sony. Tous les autres acteurs du marché du jeu vidéo, à l’exception peut-être des éditeurs de jeux, ont été évincés de la stratégie de l’ogre japonais. La principale caractéristique de la PSP Go, en effet, est une double absence : celle du lecteur de disques UMD ainsi que du lecteur de Memory Stick. À présent, les jeux ne se distribueront plus qu’en ligne, via l’internet, et se stockeront sur une mémoire flash intégrée à la machine.

L’idée de Sony est claire comme de l’eau de roche : en mettant les boutiques hors-jeu au niveau software, la firme reprend la main sur l’ensemble de la distribution, ceci lui permettant de fixer les prix, de décider quels jeux mettre en avant… et surtout de tuer à la fois la concurrence et le marché de l’occasion. Et c’est là que le consommateur se voit lui aussi impacté par cette stratégie : il ne lui est possible ni de revendre des jeux achetés (sauf en vendant la console avec), ni de réutiliser ceux achetés avant la console. Sony est toujours resté évasif quant aux modalités d’échange des jeux sur UMD au moment d’acheter une PSP Go, on sait aujourd’hui pourquoi.

Le reste des caractéristiques de la machine sont à l’avenant : les câbles et connecteurs étant devenus propriétaires, aucun de vos anciens accessoires ne seront utilisables (à l’exception des écouteurs). Ne parlons pas de l’écran plus petit et du WiFi qui reste en 802.11b, donc limité à 11Mbps, des téléchargements lents, pendant lesquels on ne peut rien faire d’autre, et qui sont à recommencer à la moindre perte de connexion au net…

PSP Go :p

Bref, vous l’aurez compris, la PSP Go est une console qui ne bénéficiera qu’à une seule entité, Sony et personne d’autre. Pas étonnant qu’aucun grand magasin ne la mette en avant et qu’on n’ait pas vu de file d’attende devant les points de vente. Son concepteur a visiblement pris les autres acteurs du marché pour des imbéciles, et il est à souhaiter que la sanction sera proportionnée à l’offense. Quand on en arrive à vouloir faire payer plus cher qu’avant pour une console qui constitue une régression à tous les points de vue, c’est qu’on perd totalement le sens des réalités.

L’ironie, dans l’histoire, c’est que j’attendais plutôt ce genre de pratique de la part de Nintendo. Mais même le requin notoire, dont la position dominante aurait pu rendre la chose logique (à défaut de normale), n’a pas osé… Chapeau.

Un terroriste qui en avait dans le slip

Lundi 28 septembre 2009

- Bonjour monsieur la victime !
- Euh… bonjour monsieur…?
- Prépare-toi à mourir ! J’ai une bombe cachée sur moi, mais tu ne devineras jamais où !
- Hm… DTC ?
- Gagné ! …mais tu vas mourir quand même !

(onomatopée d’explosion, projections sanguinolentes, etc.)

Bilan : un magnifique EPIC FAIL pour le terroriste qui devait avoir des poches vraiment trop petites.

Respect.

Réalité augmentée

Mercredi 26 août 2009

La réalité augmentée, vous connaissez ? Il s’agit d’un procédé technique visant à superposer des informations numérisées à la perception humaine ordinaire. Un des premiers domaines où il fut utilisé est l’aviation, avec les fameux “affichage tête haute” (HUD) qu’on trouve sur les modèles assez récents d’avions de chasse, comme par exemple le F-18 :

F-18 HUD

L’intérêt de la technique est de permettre aux informations ajoutées d’être très rapidement assimilées, car on n’a plus à considérer d’un côté la réalité, et de l’autre les données. Le cerveau apprend très vite à fusionner les deux sources d’informations, comme si en fin de compte il ne s’agissait que d’une seule. Comme si on lui augmentait ses capacités de perception.

La réalité augmentée serait-elle le prochain eldorado de l’électronique grand public ? Déjà certaines voitures arrivent à incruster certaines informations dans le pare-brise, de manière à aider le conducteur aux manoeuvres. C’est également une technique de ce type qui est utilisée à la télévision pour insérer des panneaux publicitaires dans les vidéos tournées sur des terrains de sport, de manière à ce qu’ils soient toujours dans le bon sens quel que soit l’angle de la caméra.

Il existe une application pour iPhone qui, dans sa toute nouvelle version 3.0, utilise la caméra de l’appareil pour faire de la réalité augmentée. Baladez-vous dans Paris, et il vous affichera à l’écran toute sortes d’informations très utiles dans la vie de tous les jours. Une image valant mieux qu’un long discours, voici ce que ça donne :

Metro-Paris

Quelle belle valeur ajoutée ! C’est fou ce que de telles informations donnent comme charme à notre capitale ! ;)

Bon, d’accord, je suis un peu cynique : le but principal de l’application est quand même de vous permettre de trouver les stations de métro et de RER, et a l’air de parfaitement remplir cette mission.

L’iPhone semble donner des ailes à toute une nouvelle génération de programmeurs qui fourmillent d’idées intéressantes. Et je prédis un ras-de-marée pour le jour où une application pourra faire ça en temps réel :

Réalité très augmentée

Patrick Hernandez, ou le salaire de la fumisterie

Dimanche 23 août 2009

Cet après-midi, alors que je faisais un peu de ménage dans mon chez-moi, j’ai commis l’erreur de laisser la télévision allumée. À un moment, l’émission qui passait s’est mise à parler d’anciennes star du disco, et notamment d’un certain Patrick Hernandez.

Le nom ne me disait que très vaguement quelque chose, jusqu’à ce que j’apprenne qu’il s’agissait du compositeur et interprète de “Born To Be Alive”, cette espèce de sous-produit de ce que la culture anglo-saxonne abâtardie a pu engendrer en ses heures les plus sombres, mais qui a eu un succès gigantesque. De gustibus et coloribus non disputandum

Si je vous en parle ici, c’est qu’à un moment, le documentaire révèle que grâce à ce simple hit, l’homme perçoit encore aujourd’hui plus de mille euros par jour. Depuis trente ans. Et pour un morceau auquel il n’a vraisemblablement pas consacré énormément d’énergie créative… L’esthète et le mélomane vous le confirmeront sans hésiter, et de toute façon, Hernandez révèle lui-même, en substance, que ce ne sont que quelques accords agrémentés d’un rythme de disco et de paroles en anglais pour faire plus cool.

Et le Patrick de se pavaner, encore et encore, malgré le fait que tous ses autres morceaux ont été des échecs et qu’il n’est plus connu aujourd’hui que grâce à la nostalgie, difficilement explicable, d’une génération qui ne se lasse pas de venir le voir chanter invariablement sur scène son seul et unique succès. Et lorsqu’il se vante d’avoir composé le troisième plus gros succès de chanson française à l’étranger, la coupe est pleine. Si la chanson française pouvait porter plainte pour insulte, elle gagnerait à tous les coups.

Depuis le temps que je cherchais un exemple particulièrement révélateur des méfaits des droits d’auteur tels qu’ils existent aujourd’hui, je crois l’avoir trouvé. Car s’il est évidemment juste qu’un succès soit rétribué, que peut-on penser quand on entend un compositeur déclarer, texto : “Ma situation est très confortable, parce que grâce à cet unique titre, je n’ai plus eu besoin de travailler de toute ma vie” ?

Microsoft arrête de vendre Office ?

Vendredi 21 août 2009

La semaine dernière, on apprenait qu’un juge du Texas avait infligé une amende de 290 millions de dolalrs à Microsoft ainsi qu’une mise en demeure de deux mois pour mettre son logiciel en conformité, faute de quoi il serait interdit à la vente sur le territoire américain. La raison était un de ces sempiternels brevets logiciels, celui-ici concernant le format XML et détenu par la société canadienne i4i.

Microsoft, fort logiquement, avait immédiatement fait appel. Un appel suspensif qui lui permet de continuer à vendre son logiciel pendant que la bataille judiciaire suit son cours pendant de longs mois.

Mais aujourd’hui, coup de tonnerre, le géant du logiciel annonce qu’il va temporairement arrêter de vendre sa suite bureautique si le jugement à l’encontre de Word n’est pas annulé. Dixit son service juridique :

Microsoft et ses distributeurs sont sous la menace imminente d’un cataclysme de leurs ventes. Si l’injonction de la cour de justice n’est pas levé, un dommage irréparable sera causé à Microsoft en sortant un de ses principaux produits du marché. Et ceci ne concerne pas que Word, mais toute la suite Office et les logiciels qu’elle inclut.

Difficile de voir dans cette décision autre chose qu’une tentative de chantage. Implicitement, le message est le suivant : “si la justice ne revient pas tout de suite sur sa décision, on va lui montrer à quel point on va manquer aux gens”. Prendre des clients en otage parce qu’on n’est pas d’accord avec une décision de justice, est-ce une attitude responsable ?

C’est un jeu dangereux car à double tranchant. D’un côté, il est clair qu’un tel embargo perturberait les ventes de machines et donc le business des distributeurs, rendant le jugement impopulaire. Mais d’un autre côté, il y a le risque de mettre en évidence le fait que Microsoft est en situation de quasi-monopole, ce qui rend ce genre de comportement d’autant plus grave aux yeux des autorités. En général, la FTC n’aime pas trop qu’une compagnie se montre si arrogante. Et tout ça sans oublier les concurrents émergeants (OpenOffice et Google, notamment) qui vont sûrement profiter de l’aubaine…

Microsoft n’ignore pas, vu la quantité de brevets qu’elle dépose - et bien souvent obtient -, qu’elle est face à une machine implacable : les brevets logiciels sont rarement invalidés, et c’est toujours au prix d’une bataille longue et coûteuse. Techniquement, retirer les éléments incriminés du logiciel pour le rendre à nouveau légal ne serait pas difficile, mais Microsoft aurait choisi le triple bras de fer avec le plaignant, la justice et les utilisateurs en même temps ? Difficile d’y croire…

Il semble que Microsoft soit simplement en train de tâter le terrain, afin de voir la réaction du marché face à cette menace, laquelle ne sera sans doute jamais mise à exécution. Et m’est avis que ça aidera la compagnie à se rendre compte que son monopole n’est plus ce qu’il était.

Mac OS X et la tolérance de panne

Mardi 21 juillet 2009

J’ai fait une découverte intéressante, le week-end dernier : Mac OS X gère nativement la tolérance de panne réseau, et en multi-support.

Mékéskidi ? Je vous explique.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’en informatique, n’importe quel composant, matériel ou logiciel, peut défaillir, et donc que n’importe quelle fonction peut s’arrêter de fonctionner. Dans les réseaux informatiques, on vit avec la menace permanente de la coupure au-dessus de sa tête, tant il est vrai que maintenir une connexion avec un équipement distant est un énorme empilage de technologies, matérielles et logicielles. Interopérables, certes, mais pas infaillibles.

Un des mécanismes de protection les plus classiques contre les coupures est appelé “fault tolerance”, tolérance de panne. Le principe est assez simple : au lieu d’avoir une connexion réseau, vous en avez deux, une qui fonctionne et l’autre qui est en sommeil. Si la première s’arrête de fonctionner, la seconde le détecte et reprend sa fonction, de façon la plus transparente possible, l’idéal étant de ne perturber aucune des fonctions réseau votre équipement. Enfin, lorsque la connexion primaire est rétablie, la secondair lui rend la main, et tout reprend comme avant. On appelle ça un système actif-passif, car il y a toujours un accès qui fonctionne, et l’autre qui est en attente de prendre le relais.

Il existe également des systèmes dits à répartition de charge (les deux accès sont actifs en même temps et se partagent le travail), mais les points essentiels dans la tolérance de panne sont :
- une liaison de données qui fonctionne tant qu’il reste au moins une connexion active ;
- un traitement automatisé des changements de situation ;
- un maintien des opérations en cours quand un lien est rompu.

Dit comme ça, ça peut avoir l’air simple, mais techniquement ça ne l’est pas du tout. Dans les réseaux modernes, tout se base sur les adresses IP, et cet identifiant se doit d’être unique sur le réseau. La tolérance de panne, c’est un peu comme lorsque vous partez en vacances et que vous voudriez que votre voisin reçoive votre courrier : ça paraît simple sur le papier, mais allez expliquer ça à la poste… elle voit une adresse sur une enveloppe, hors de question de le mettre dans une autre boîte aux lettres !

Pour que la tolérance de panne fonctionne, votre équipement doit donc avoir deux connexions au réseau, et qu’elles partagent une même adresse IP. Là encore, ça peut paraître évident sur le papier, mais allez attribuer la même adresse IP à votre carte Ethernet, et à votre carte WiFi sous Windows, et vous vous ferez jeter direct. Pour mettre en place un accès double, il faut intervenir au niveau du pilote des cartes réseau, ce qui suppose d’avoir deux modèles identiques, ou du moins provenant du même constructeur. Et ça, c’est plutôt difficile à mettre en place sur un portable…

Mais à présent, si vous êtes un mac-user, faites l’expérience : dans un réseau accessible via Ethernet ou WiFi au choix, affectez votre IP actuelle aux deux interfaces. En fonction de l’ordre défini dans les réglages, c’est la plus prioritaire des deux qui répondra. Maintenant désactivez-là (en débranchant le câble internet ou en coupant l’accès Airport, selon le cas) : miracle, votre liaison est toujours effective. Vous venez de mettre en place un accès réseau à tolérance de panne, et qui plus est en utilisant deux supports complètement différents : un câble ethernet et des ondes WiFi !

Il faudra que je fasse des tests plus poussés, notamment pour m’assurer de la continuité des opérations réseau en cours au moment de couper, mais à première vue c’est une fonctionnalité très intéressante. Et si vous vous demandez à quoi ça peut servir, il suffit d’imaginer. Par exemple, vous êtes en train de faire une grosse copie de fichiers via ethernet, mais vous êtes obligés de déplacer votre ordinateur à un endroit où le câble ne peut pas suivre… Plus généralement, garder la même adresse IP quel que soit le média utilisé est intéressant lorsqu’on utilise un serveur auquel d’autres personnes se connectent. Et puis, on peut très bien aussi vouloir garantir un accès fiable en joignant ainsi l’interface Ethernet native avec un adaptateur Ethernet-USB.

…Et puis bon, ça donne une touche “geek” aux Macs, aussi. Ben oui.