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Comment hacker sa machine à café

Vendredi 27 février 2009

À de rares exceptions près (dont moi), le geek aime le café. Car en plus de lui fournir l’énergie nécessaire pour tenir des heures durant devant l’objet de sa passion, la tasse fait partie des récipients utilisables à une seule main, celle qui reste libre quand l’autre est occupée avec la souris.

Dans un contexte professionnel, comme vous l’avez probablement remarqué, la machine à café n’est pas qu’un simple distributeur de boissons, c’est également un carrefour de l’activité humaine de l’entreprise, un important vecteur de l’information, un passage obligé de la socialisation. Voilà pourquoi le geek-salarié, même s’il aime le café, n’aime pas les machines à café communautaires. Aussi, bien souvent, il a sa propre machine dans son bureau, qui lui fait le café comme il l’aime : à portée de main, avec beaucoup de sucre et sans collègues.

Après cette petite introduction innocente, venons-en à ce nouvelle épisode dans la vie de geek au boulot. Voilà quelques semaines que le bureau dans lequel je sévis a accueilli une machine “Tassimo” d’occasion, pour le plus grand bonheur des compagnons de galère membres d’équipage qui le squattent l’occupent.

Ladite machine fonctionne fort bien, et l’approvisionnement en recharges obéit à une forme de coopérative répressive : celui qui oublie sa capsule dans la machine après utilisation doit apporter une nouvelle boîte de capsules le lendemain. Inutile de vous dire qu’on croule sous les boîtes, ce qui pousse à d’autant plus de consommation. Et face à une sollicitation quasi-permanente des travailleurs du bureau et environnants, la nécessité de la détartrer a fini par s’imposer.

Et là, ce fut le drame : si la procédure de nettoyage est fort simple, elle nécessite l’utilisation d’une cartouche spécifique, que la machine identifie à son code-barre spécifique. Un exemplaire de celle-ci est livré avec la machine neuve, mais la nôtre étant d’occasion, le maudit bout de plastique était perdu depuis belle lurette. Restait donc deux possibilités : financer une nouvelle cartouche moyennant (beaucoup) trop d’euros, et ne pas nettoyer la mécanique.

C’était sans compter sur l’esprit tordu (et radin) des geeks du service : puisqu’on a une photo de la fameuse capsule de nettoyage, pourquoi ne pas re-fabriquer le bon code-barre et le coller sur une cartouche ordinaire ? Hop, aussitôt dit, aussitôt fait… Après avoir scanné en haute résolution celui d’une capsule de café, les diverses épaisseurs de zones noires et blanches ont été ré-ordonnées pour obtenir le bon code-barre. Et miracle, la machine n’y a vu que du feu ! Résultat, le détartrage a pu se faire sans encombre.

On peut penser ce qu’on veut des geeks, mais il faut bien reconnaître que parfois, ils savent nous faire faire des économies. En ces temps de crise, sur fond de restrictions budgétaires et salariales, ce n’est pas à négliger…

Une question que je me pose, pour finir : si on se mettait, mes collègues et moi, à fabriquer des fausses cartouches de détartrage pour machines Tassimo et qu’on les revendait à 2 euros sur eBay ou PriceMinister en tant que “cartouches compatibles Tassimo”, serait-ce assimilable à de la contrefaçon ? Ça rappelle le problème épineux des cartouches d’encre non-officielles : tolérés en France, elles sont régulièrement mis à mal dans d’autres pays, notamment les USA… pour le plus grand malheur des consommateurs, obligés de payer du liquide plus cher, à poids égal, que de l’or ou du caviar !