Archive pour mars 2009

HADOPI : qu’en retenir ?

Samedi 14 mars 2009

Figurez-vous que ça fait plusieurs jours que je cherche à écrire un billet consistent et intéressant sur le projet de loi connu sous le nom de HADOPI, mais sans y arriver. La cause est simple : les excellents articles sur le sujet foisonnent et il me paraît difficile de faire mieux avec mon point de vue de simple utilisateurs - fût-il un vieux de la vieille - du web.

C’est pourquoi, au lieu de chercher à atteindre cet objectif sans doute un peu trop élevé, je vais me contenter de vous indiquer les textes qui m’ont paru les plus pertinents. Je vous en recommande vivement la lecture, pour peu que l’actualité autour de l’internet vous intéresse un minimum :

    >> HADOPI, mon amie, qui es-tu ? (Maître Eolas, 4 mars)
    >> Une loi absurde et scandaleuse (Jacques Attali, 10 mars)
    >> Mon avis (nuancé) sur Hadopi (Tristan Nitot, 12 mars)
    >> HADOPI, mon analyse complète (Daniel Glazmann, 14 mars)

Bonne lecture à tous ! Et n’oubliez pas : gardez-vous de n’accuser que les preneurs de décisions. On a les politiciens, et donc les lois, qu’on mérite !

Victimes du RER : la faute à qui ?

Mardi 10 mars 2009

Impossible d’y échapper : depuis dimanche matin, on n’entend parler que de ça. De quoi ? Je fais bien sûr référence à ce petit groupe de supporters de foot (tiens, comme par hasard) qui ont eu la fabuleuse idée de suivre une voie ferrée pour aller rejoindre leur bus à la sortie du stade.

Ce matin, je lisais une mini-interview du grand-père d’une des victimes, et celui-ci disait en substance qu’il attendait les résultats de l’enquête avant de porter plainte. Contre qui ? Il ne le disait pas explicitement, mais on sentait qu’il avait dans le collimateur, pêle-mêle, les responsables du stade, la compagnie de bus, les forces de l’ordre et la SNCF.

Parce qu’il est toujours facile, voire profitable, d’accuser les autres, j’observe que les occasions même les plus indéfendables de victimiser les inconscients sont de plus en plus souvent saisies avec une mauvaise foi qui n’a presque plus honte de s’afficher… quitte à vouloir dédouaner un groupe de 13 personnes, dont des adultes avec leurs enfants, qui ont trouvé qu’emprunter une passerelle de RER sans visibilité ni refuge pour s’écarter de la voie ferrée était une bonne idée.

Je suis de plus en plus effaré par la tendance globale qu’a le monde occidental à favoriser l’irresponsabilité individuelle, quitte à se retrouver à accuser n’importe quelle structure sociale de manquement aux règles de sécurité. Et aujourd’hui, un nouvel élément à charge a été trouvé : la porte grillagée qui était censée protéger l’accès aux rails et surtout au pont ferré traversant la Seine était apparemment mal fermée.

Alors ça y est, le bouc émissaire est tout trouvé : c’est la SNCF qui est responsable du carnage. Vite, préparons-nous à constituer les parties civiles ! Invoquons le fait que si la porte n’était pas fermée, alors c’était forcément une invitation à l’emprunter, et ce sans se demander POURQUOI cette porte faisait partie d’une barrière. Qui sait, la jurisprudence ainsi obtenue permettra peut-être d’innocenter nos futurs petits-enfants lorsqu’ils seront accusés de cambriolage ? Ben oui : “mais m’sieur l’juge, la porte était ouverte, j’avais le droit d’entrer, non ?”

Et dire que tant de français ricanent devant les grands procès à l’américaine… Ils connaissent le même problème, les millions de dollars de dommages et intérêts en prime, mais nous ne sommes pas si loin derrière eux. D’ailleurs ça me rappelle une quote de Bash.org :

The problem with America is stupidity. I’m not saying there should be a capital punishment for stupidity, but why don’t we just take the safety labels off of everything and let the problem solve itself?