Archive pour 28 mai 2010

28 mai : Ise, la ville sacrée

Vendredi 28 mai 2010

Ise, dont l’ancien nom était Ujiyamada, est une ville située au sud-est de la préfecture de Mie. Sa principale caractéristique, pour le touriste, est d’abriter le Ise-jingu, le sanctuaire le plus sacré de tout le Japon.

Ce sanctuaire est divisé en deux entité distinctes et séparées de 6 kilomètres environ : les sanctuaires “extérieur” (geku) et “intérieur” (naiku). Pour des raisons pratiques, nous n’avons pu visiter que le second. Dédié à Toyouke-Omikami, déesse de la nourriture, du vêtement et du logis (les trois besoins vitaux). Ce sanctuaire est considéré comme le plus beaux des deux, même si toute sa partie centrale reste inaccessible au grand public. Seul l’empereur et quelques moines y ont accès. De hautes palissades empêchent tout regard indiscret, même si quelques toitures peuvent être aperçues par endroits. L’entrée de la partie centrale est gardée par de grand rideaux, qui rendent la porte visible lorsqu’il y a du vent.

Malgré cette limitation, ce sanctuaire reste une visite enchanteresse : la communion des énormes structures de bois et de la nature est saisissante, et l’harmonie qui s’en dégage est vraiment agréable à l’oeil. On se retrouve facilement à flâner pendant des heures malgré la relativement faible surface accessible. Parfois un daim peut être aperçu en train de fouiner dans un morceau de forêt, ou en train de traverser un chemin : l’animal y est sans doute au moins aussi sacré qu’à Nara ou à Miyajima…

27 mai : Hiroshima & Miyajima

Vendredi 28 mai 2010

Vous vous souvenez du fait que Nagasaki etait une cible secondaire au moment du largage de la première bombe atomique de l’histoire ? Sachez qu’Hiroshima, elle, était une cible tout à fait prioritaire, principalement parce que cette ville contribuait beaucoup à l’industrie de guerre, hébergeait une bonne partie de la garnison armée japonaise, et enfin ne détenait aucun prisonnier de guerre allié. C’est donc le 6 août 1945 à 7h15 du matin que l’Enola Gay fit exploser Little Boy. Le résultat est ici, dans cette photo panoramique publiée au musée commémoratif de ce triste événement :

Hiroshima

Avec tout le respect que nous avons pour l’Histoire, nous ne nous sommes pas éternisés dans ce musée qui glace le sang. Tout y est fait pour vous dégoûter de l’utilisation du nucléaire dans les armes de guerre, et il y parvient très efficacement. Nous avons donc décidé de passer le reste de la journée à Miyajima, une île considérée comme un des trois plus beaux points de vue du Japon.

Miyajima

Située à l’ouest de la baie d’Hiroshima, mérite réellement sa renommée. Les plages y sont bien aménagées, la vue sur les îles environnantes est saisissante, et on ne peut que rester muet devant un tel spectacle. Tout comme à Nara, bon nombre de daims se promènent parmi les passants et n’hésitent pas à renifler les sacs en quête de nourriture…

À quelques centaines de mètres du port se trouve le sanctuaire d’Itsukushima ainsi que son fameux Torii Flottant. Tous deux ont les pieds dans l’eau à marée haute et semblent flotter. À l’origine destiné à accueillir les bateaux arrivant sur l’île, il est aujourd’hui devenu un ornement. Pas de chance, nous aurons vu le torii surtout à marée basse, dans la vase, l’eau commençant juste à monter au moment du départ ! Ça reste néanmoins un monument unique de par sa taille et son emplacement, et il attire le regard en permanence.

Miyajima

Autre attraction de l’île : ses sites en hauteur, qu’on peut atteindre en marchant quelques heures ou en prenant un réseau de téléphériques. La vue de là-haut est royale sur toute la baie et les îles environnantes, et elle ferait presque oublier de visiter les temples construits au flanc de la montagne. La marche pour les atteindre est difficile, mais vaut clairement l’effort. Le cadre est beau et tranquille à la fois, et on finirait par se sentir presque proche de la zenitude !

Miyajima

En résumé, si vous passez par Hiroshima, ne manquez surtout pas de passer par Miyajima. C’est un véritable paradis pour les yeux et s’y promener est un régal.

D’ailleurs à propos de régal, c’est à Hiroshima que j’ai mangé mon tout premier okonomiyaki. Ce plat typiquement japonais consiste en une tranche plus ou moins fine de pâte à crêpe garnie de chou, de soja, ainsi que d’autres ingrédients adaptables selon les restaurants et les régions. Celles d’Hiroshima étant réputées pour intégrer des nouilles, elles m’avaient été chaudement recommandées. Conseil suivi, donc. Et dans le restaurant où nous étions, on les dégustait directement assis à la table de cuisson, avec une petite pelle. Pas de fioriture, juste un délice à l’état pur. Miam.