Archive pour 2010

26 mai : Shimonoseki

mercredi 26 mai 2010

C’est un passage plutôt rapide que nous avons effectué par la ville de Shimonoseki, située tout à l’ouest de Honshu, l’île principale du Japon. C’est une petite ville portuaire très connue pour son marché aux poissons (hélas fermé pile le jour de notre visite… pas de chance !), mais également pour son pont suspendu qui relie Honshu à Kyushu, l’île de l’ouest. Certes, il n’est pas le plus long du monde, mais sa hauteur et son aspect sobre lui donnent une belle prestance.

Shimonoseki

Une curiosité dont je n’avais pas connaissance en y débarquant : la mascotte de la ville n’est autre que le fugu, un poisson connu également sous le nom de poisson-globe et qui a la particularité de disposer d’une poche de poison face à laquelle le cyanure fait pâle figure : la tétrodotoxine. La chair du fugu est comestible, mais elle doit être découpée par un expert diplômé (authentique !). Ce gros poisson est fièrement arboré partout dans la ville, que ce soit en statue, en dessin, et même sur les cabines téléphoniques ou le motif des sièges de bus… L’overdose même sans en manger n’est donc pas loin !

Shimonoseki

Nous avons pu visiter deux sanctuaires dans la ville, Kameyama (construit en 859) et Akama (construit en 1191), tous deux en haut d’une colline d’où on voit très bien l’océan, ainsi que l’observatoire situé au 40ème étage (143m) d’une tour très moderne. La vue sur la ville, son port ainsi que le pont vers Kyushu est tout simplement époustouflifiante, et j’espère que mes petits panoramas lui rendent un hommage suffisant.

Shimonoseki

La suite du voyage se passe à environ 200 kilomètres vers l’ouest, dans une autre ville japonaise dont tout le monde connaît le nom : Hiroshima. À bientôt !

25 mai : Nagasaki, la suite

mardi 25 mai 2010

Aujourd’hui, nous étions pressés par le temps, et plus précisément par les horaires de train, ce qui fait que je n’ai eu que la matinée pour poursuivre mon exploration de Nagasaki. Mais ces quelques heures ont suffi pour en voir beaucoup, et notamment le quartier des temples, situé au sud. Trois sanctuaires sont particulièrement intéressants : Suwa, Sofukuji et Kofukuji.

Tous trois furent construits dans la première moitié du XVIIème siècle, à une époque où la “prohibition” gouvernementale du christiannisme était très forte, les prêtres et les fidèles étant traqués et persécutés par le pouvoir shogunal des Tokugawa. Afin de marquer leur éloignement par rapport à l’église chrétienne, les résidents firent construire plusieurs temples afin d’affirmer leur appartenance au bouddhisme ou au shinto.

Nagasaki

Suwa fut le premier, et reste le principal édifice religieux de Nagasaki encore aujourd’hui. Nagasaki étant la seule ville japonaise à être ouverte aux étrangers, il fut volontairement conçu très grand et magnifique afin d’impressionner les autres communautés de la profonde identité japonaise. Les deux autres, Kofukuji et Sofukuji, sont pour leur part des temples édifiés pour les résidents chinois, le second étant le plus fidèle à l’esprit et à l’architecture chinoise de l’époque.

Nagasaki

Presque au milieu de ces trois édifices s’en trouve un quatrième plus inattendu : il s’agit d’un pont. Le Meganebashi, surnommé “Spectacle” (mot signifiant “lunettes” en anglais) car le reflet sur l’eau de sa double arche lui donne un aspect de lunettes, est connu pour être le seul pont qui soit quasiment d’origine parmi tous ceux traversant la rivière Nakashima. Il a résisté aussi bien à la bombe atomique qu’à la grande crue de 1957 qui a ravagé tous les autres ponts. Depuis 1958, il est considéré comme un des trésors culturels du Japon.

Voilà qui clôt le chapitre Nagasaki de ce voyage. Prochaine étape : Shimonoseki, la ville portuaire et poissonnière…

24 mai : Nagasaki

lundi 24 mai 2010

Destination du jour : Nagasaki. Cette ville est beaucoup moins connue pour son intérêt touristique que pour sa triste histoire. Et c’est bien dommage, vous pouvez me croire.

Nagasaki n’est pas seulement la seconde et dernière (à ce jour) ville à avoir connu une attaque nucléaire. C’est avant tout la plus grande ville de la préfecture du même nom, et compte aujourd’hui plus de 400 000 habitants. Fondée il y a un presque 500 ans par les portugais, le petit village isolé prit vite de l’essor grâce à la communauté chrétienne et marchande restée en place. Les échanges commerciaux et culturels avec l’Europe mais aussi la Chine en firent rapidement une zone dont le pouvoir inquiéta même le pouvoir en place à la fin du XVIème siècle, qui fit expulser les missionnaires mais pas les marchands.

Sa prospérité connut alors un long moment de ralentissement, bien que les hollandais y poursuivèrent discrètement leur commerce. Nagasaki devint un port libre en 1859, à la restauration de Meiji. Son expansion put alors reprendre, jusqu’à ce fameux jour. Le 9 août 1945. Bockscar, un B-29 de l’armée américaine, survole trois fois de suite la vile de Kokura, sa cible de destruction massive. La visibilité étant trop mauvaise, ordre lui est donné d’attaquer sa cible secondaire, Nagasaki. Là aussi, les nuages empêchent un largage. Au dernier survol avant l’annulation de la mission, une éclaircie fatale scelle le destin de la ville.

Le reste est une histoire de courage et de manches relevées. La ville a été entièrement reconstruite, et un mémorial conscré à cette tragédie a été construit tout autour de l’épicentre de l’explosion. Quelques débris ont également été laissés tels quels, comme un torii dont seule une moitié est restée en place. Aujourd’hui, Nagasaki est une ville à même de capter l’attention du visiteur étranger, de par son côté provincial et chaleureux. Nous aurons l’occasion d’en reparler très bientôt.

Nagasaki

23 mai : Inari et Gion

dimanche 23 mai 2010

Hier, dimanche, et ce dès le matin, la pluie était entrée en scène, et de façon radicale. À aucun moment de toute la journée l a pluie ne s’est arrêtée, et elle continuait encore le lendemain. Et je ne vous parle pas d’une petite pluie comme celle qu’on connaît la plupart du temps en France, hein. Là je vous parle bien de pluie forte et dense, qui parvient même à passer au-travers des parapluies en tissu. Une journée où on finit mouillé quoi qu’on porte et quoi qu’on fasse. Mais ça ne nous a pas empêchés d’aller visiter deux quartiers de Kyoto fort intéressants : Inari et Gion.

Fushimi Inari-taisha est le nom du principal sanctuaire du quartier Inari. C’est un sanctuaire shinto, mais pas comme les autres. La première de ses deux originalités tient de sa géographie : il se tient sur le flanc d’une colline et occupe un très grand espace : pas moins de quatre kilomètres de chemins peuvent être parcourus par le visiteur qui veut en faire le tour. Ensuite, Inari se caractérise par le nombre de ses torii, le nom donné à ces hauts portails de couleur vermillon typiquement shinto marquant en général l’entrée d’un temple. N’espérez pas les compter, ce sont plusieurs milliers en-dessous desquels vous passerez ! Tous ces torii sont là suite à des dons effectués par des gens afin d’honorer Inari, le kami protecteur des céréales et, par-là même, symbole de la richesse.

Inari

Tout en haut du chemin se trouvent de grands amas de pierres, apparemment des stelles, entourant de petits temples shinto, lesquels sont souvent gardés par deux statues de renard (“kitsune”), l’autre grand élément récurrent de ce sanctuaire. Ce lieu est tellement envoûtant et magnifique que la pluie battante ne nous a pas empêché de le visiter entièrement, et d’en ramener un bon paquet de photos. Pour la petite histoire, ce sanctuaire est mentionné dans le roman “Les Mémoires d’une Geishas”, qui semble avoir eu un certain succès chez nous.

Inari

Dans l’après-midi, c’est un autre quartier que nous avons exploré, hélas un peu rapidement par manque de temps : Gion. Anciennement érigé pour servir de halte aux visiteurs du sanctuaire de Yasaka, c’est sous le signe du rafinement traditionnel qu’il a commencé à se faire connaître, notamment par la présence de nombreuses geishas. C’est toujours le cas aujourd’hui, même si leur nombre tend à baisser avec les années. Gion est ainsi devenu une référence culturelle, voire une icône nostalgique des arts passés. Certaines ruelles sembletn restées dans leur état de l’époque shogunale, si on fait abstraction des câbles reliant les habitations aux pylônes électriques et téléphoniques.

Gion

22 mai : Nara

samedi 22 mai 2010

Petit changement de progamme : au lieu de poursuivre notre exploration de Kyoto, la météo des jours prochains étant annoncée comme mauvaise, nous avons décidé d’aller à Nara aujourd’hui même. Nara est, à l’instar de Nikko, une petite ville dont la renommée est unanimement saluée, en grande partie grâce à son fameux parc, lequel abrite bon nombre de temples et sanctuaires d’époque, certains encore en parfait état de conservation.

Commençons par parler du parc lui-même. Plus que sa verdure et son l’ordonnancement très agréable de ses petits étangs, il est avant tout très célèbre grâce à ses quelque 1200 daims qui y habitent en liberté quasi-complète. À l’époque où Nara était la capitale du Japon (avant Kyoto), ces animaux étaient considérés comme des messagers des dieux, et quiconque en tuait un était passible de peine de mort… Ensuite, ils sont restés considérés comme des animaux sacrés. Tout le monde, et à commencer par les visiteurs, prend donc grand soin de ces ongulés calmes et placides, qui ne demandent qu’à être caressés… et surtout nourris. Les vendeurs sur place proposent d’ailleurs des sortes de crackers spécialement à cet effet.

Première grande étape de la journée : Todai-Ji. Temple bouddhique de rite shingon son nom complet est Kegonshūdaihonzantōdaiji. Réalisé entre 745 et 752, il est d’une remarquable esthétique externe et d’une envergure sans pareille au cours des premiers siècles de culte bouddhiste au Japon. Dans l’enceinte du temple se trouve la plus grande construction en bois au monde, le Daibutsuden (salle du Bouddha), qui abrite une statue géante appelée Daibutsu. C’est dans ce temple que se trouve la fameuse Narine de Bouddha, un trou creusé dans un pilier qui est de la même taille que la narine de la statue : la légende dit que seules les âmes pures arrivent à s’y faufiler… sachant que seul un enfant peut le faire, inutile de vous dire que chaque année, les secours ont plusieurs fois à intervenir pour débloquer un téméraire illuminé !

Deuxième étape : Kasugataisha. Temple shinto dont la construction s’est achevée en 768, il a plusieurs fois brûlé et été reconstruit au cours des siècles. Il est notamment connu pour sa très riche collection de lanternes en bronze (à l’intérieur de l’enceinte) et en pierre (à l’extérieur). Il abrite également le mausolée de la famille Fujiwara, une des grandes familles qui régnaient sur le Japon au siècle précédent. Durant notre visite, nous avons eu la chance d’assister à un véritable mariage au sein du temple, ce qui donnait un ton encore plus solennel à la découverte de ce haut lieu de culte.

Enfin, la troisième visite fut celle de Kofuku-Ji. Il s’agit d’un des tout premiers temples installés à Nara, au cours du VIIème siècle. Il abrite une statue de Bouddha Shaka, commandée par Kamatari Fujiwara en 645. Ce temple-ci brûla lui aussi plusieurs fois, mais il est une des rares structures religieuses qui ont conservé leur architecture d’origine. Un peu plus loin, on trouve une pagode à cinq étages, d’une hauteur réellement impressionnante, et qui date de 1426, et parfaitement conservée. Se trouver devant inspire un profond sentiment d’humilité, comme vous pouvez vous en douter.

Voilà pour cette journée à Nara, la capitale qui était devenue trop religieuse pour que l’empereur continue d’y habiter. Même les gens guère pieux ni sensibles au souffle divin ne peuvent que rester coi devant la majesté de ces constructions traversant les âges et – hélas ! – les destructions. Mais telle est la façon de voir les choses au Japon : seuls les dieux sont éternels, les hommes et leurs ouvrages sont temporaires et doivent parfois être remplacés. D’où l’importance de lieux comme Nara ou Kyoto, qui sont les viviers de transmission du savoir traditionnel et culturel.

21 mai : Kyoto

vendredi 21 mai 2010

Si Tokyo est clairement la capitale économique, politique et administrative du Japon, il ne faut pas percevoir Kyoto comme une simple grande ville de province. Capitale du pays entre l’an 794 et l’an 1868, au moment de la restauration, c’est-à-dire depuis reste à l’heure actuelle la ville qui a le mieux conservé l’âme historique et culturelle du Japon.

Dès l’arrivée à la gare, pourtant immense et une véritable prouesse architectuale, on sent que Kyoto est très différente de Tokyo, notamment au niveau de l’aménagement urbain. Les grands bâtiments existent, mais la frénésie immobilière n’est pas de mise. Bon nombre d’habitations sont sous la forme de maisons mitoyennes à deux étages, telles qu’on les voit dans les photos d’un Japon rustique, ou même certains jeux vidéo comme Shenmue.

Kyoto, c’est aussi une ville dans laquelle on tombe sur un grand sanctuaire bouddhique ou shinto en pleine rue, et même des tout petits temples coincés entre deux apparetements, rendus visible grace à leur torii (sorte d’arche qui en marque l’entrée). On trouve également, et ceci est fort plaisant, un certain nombre de femmes habillées en kimono traditionnel. Et ça, croyez-moi, ça fait un sacré effet. Un grand merci à Minori, jeune et très sympathique étudiante tokyoïte qui a accepté de poser pour moi le temps de la visite d’un temple ! :)

Kyoto

Ces quelques clichés sont ceux que j’ai réalisés durant ma première exploration de la ville, alors que je venais juste d’y débarquer, en début d’après-midi. Cela vous donne un premier aperçu de cette cité chargée d’histoire et dont l’emprunte culturelle reste si forte chez les japonais.

20 mai : Odaiba et Tokyo Central

jeudi 20 mai 2010

Fatalitas ! J’espérais vraiment que la pluie se serait calmée ce matin, et ce ne fut pas le cas. Bon, ce n’était plus vraiment une grosse pluie, mais tout de même une bruine persistante et tenace, ce qui est rend la prise de photos délicate en même temps que tenir le parapluie… Heureusement que j’utilise un compact utilisable à une seule main ! Quoi qu’il en fût, j’avais prévu de voir Odaiba aujourd’hui, et je l’ai fait.

Odaiba est une zone particulière de Tokyo : il s’agit d’un ensemble d’îles complètement artificielles. Elles furent créées à l’origine en 1853 par décision shogunale qui souhaitait protéger Tokyo (encore appelée Edo à l’époque) après la manoeuvre d’intimidation des navires noirs du commandant Perry en 1852. Il était prévu la constrcuction de 6 îles abritant en tout 11 énormes canons, afin d’empêcher toute attaque de la ville par la mer. En fin de compte, seules 5 îles ne reçurent en tout et pour tout qu’un seul canon.

Le développement d’Odaiba reprit de plus belle en 1941, lorsque s’ouvrit le port de Tokyo. Les îles du début furent alors interconnectées par de grandes bandes de terre, à l’exception de celle restée sans canon, qui fut alors laissée volontairement vierge de toute construction. L’idée est de faire d’Odaiba non plus une forteresse de protection, mais une zone portuaire riche et développée. Le projet stoppa temporairement en 1995 suite à l’explosion de la bulle immobilière de Tokyo avant de reprendre quelques années plus tard.

Il y a trois moyens d’atteindre Odaiba depuis Tokyo sont le Rainbow Bridge ainsi que les lignes de métro Rinkai et Yurikamome. Le voyageur curieux est cordialement invité à emprunter cette dernière, tant elle est fascinante : le métro monte, descend, tourne dans tous les sens et offre des vues formidables sur tous les bâtiments du quartier. En descendant à l’arrêt Ariake, vous serez proche des principales attractions touristiques de l’île. J’ai jeté mon dévolu sur le Miraikan, musée national des sciences émergentes et de l’innovation, dont l’architecture est particulièrement réussie et qui traite de sujets importants aux yeux du japon comme la robotique, l’informatique et l’environnement. J’ai notamment pu assister à une démonstration du fameux robot Asimo, de Honda !

Attraction pittoresque située tout près de la station : le Venus Fort. Il s’agit d’un centre commercial décoré comme une ville italienne du XVIIIème siècle et ressemble énormément au à l’hôtel-canisno “Venitian” à Las Vegas ! En l’explorant un peu, on finit par trouver un petit salon garni de voitures plus kitsch les unes que les autres. Dehors se trouve la grande roue la plus haute du monde : 115 mètres ! Il est également agréable de se balader du côté des plages non loin du Rainbow Bridge. On a parfois du mal à se dire que tout ça a été construit de toute pièce à la place de la mer !

Odaiba

L’après-midi étant bien avancé à la fin de cette visite, j’ai hélas manqué de peu de pouvoir visiter les jardins du Palais Impérial, dans le quartier central (et historique) de Tokyo. Mais ça ne m’a pas empêché de flâner le long de ces larges rues bordées de gros bâtiments et de grandes tours.

Tokyo Central

J’aimerais vraiment pouvoir visiter ces jardins et le temple Yasukuni qu’ils abritent, mais ce ne sera pas pour tout de suite : demain matin, je pars pour Kyoto, qui sera le point de départ d’un circuit assez long dans le sud du Japon.

Désolé une fois de plus pour la qualité très moyenne des photos, mais la mauvaise météo du jour ne m’a vraiment pas aidé !

19 mai : trois quartiers de Tokyo

mercredi 19 mai 2010

Aujourd’hui, comme prévu, j’ai pu visiter plusieurs arrondissement parmi les plus populaires de Tokyo, histoire de voir un peu de quoi il retourne dans cette ville. Les trois étapes ont donc été, dans l’ordre chronologique : Shibuya, Shinjuku et Akihabara.

Avant de commencer, je me permets un petit commentaire au sujet des transports en commun de Tokyo. Contrairement à chez nous, les lignes de train et de métro y sont privées : chaque ligne appartient à une compagnie distincte et obéit à une tarification qui lui est propre. Cela pourrait engendrer de grosses difficultés s’il n’existait deux systèmes de cartes prépayées : la Suica et le Passmo. Elles fonctionnent toutes les deux de la même façon et sont gérées par toutes les compagnies de la même façon, le seul avantage de la Suicard étant que son achat offre une réduction sur le Narita Express, le train qui relie Tokyo à l’aéroport international du Japon.

Parmi toutes les lignes existantes, il en existe une qui est une référence à elle toute seule : la Yamanote. Imaginez une ligne de RER circulaire qui relierait à peu près tous les arrondissements de Paris et vous aurez une bonne idée de ce qu’est la Yamanote à Tokyo : une sorte de mini-périphérique ferroviaire avec un train toutes les 4 ou 5 minutes. Jamais en retard, des installations propres et bien fichues le long des 29 stations, 3,5 millions utilisateurs quotidiens calmes et polis… comme toute les autres lignes de train et de métro de la ville. Un exemple à méditer…

Enfin bref.

Commençons donc par Shibuya. Quartier jeune et dynamique par excellence, cet arrondissement est toujours aussi vivant de jour comme de nuit. Assez concentré géographiquement, en faire le tour n’est pas très long (entre 2 et 4 heures). Mais c’est aussi en s’asseyant à un des coins de l’immense carrefour routier devant la gare et en observant les passants qu’on prend conscience de sa nature. Vous y verrez défiler une vague incessante de businessmen empressés, mais également une jeunesse exhubérante au pouvoir d’achat semblant illimité, tant les accoutrements qu’elle arbore sont variés et inattendus.

À la sortie “Achiko” se trouve la statue du chien du même nom qui, dit-on, attendait tous les jours son maître à la gare de Shibuya et continua à le faire pendant dix ans. Le minuscule parc autour de cette statue constitue le point de rendez-vous le plus classique de Tokyo. Le plus gros carrefour du monde est situé quelques mètres plus loin, surplombé par un Starbucks toujours saturé aux heures de pointe par des gens regardant la marée humaine changer de troittoir toutes les deux minutes. La visite classique continue alors par le Center Gai, qui ouvre la voie à la rue des bars, celle des musicos, celle des love hotel… Tout ce qui symbolise et exacerbe la jeunesse est largement représenté à Shibuya.

Shinjuku, pour sa part, présente plusieurs visages, mais je n’ai eu le temps de n’explorer que Nishi-Shinjuju, le plus important quartier d’affaires de Tokyo : 200 000 personnes y travaillent quotidiennement. La mairie y a même été transférée en 1991, dans un bâtiment proprement colossal. En haut de celui-ci, au 45ème étage, se trouve l’observatoire du Tokyo Metropolitan Government. Il s’agit en fait d’un étage dédié à l’observation de la ville par le public, d’une hauteur de 202 mètres. Une vue saisissante de cette ville où tout est comprimé à l’extrême : j’espère que la photo panoramique que j’ai réalisée et publiée ci-dessous le rend de façon satisfaisante…

Tokyo

Shinjuku est l’arrondissement le plus vaste de Tokyo, et sa gare est, d’après le Guiness Book, la plus grande et la plus fréquentée au monde. Ses kilomètres de couloirs reliant une cinquantaine de sorties sont arpentés chaque jour par 3 millions et demi de voyageurs. S’y déplacer sans s’y perdre, pour le néophyte, relève de la gageure, même si les indications sont presque toutes bilingues et bien placées. Shinjuku aurait clairement mérité que je lui accorde une journée entière, mais je ne disposais pas de tout ce temps, hélas.

Reste enfin Akihabara, dont le nom à lui tout seul résonne comme la Mecque pour toute une génération de geeks, nerds, mangavores et autres fans de japanimation. Plus précisément, il s’agit là du Denki-Gai, quartier de la “Ville Électrique”, qui regorge de magasins d’électronique, d’informatique, de matériel audio-vidéo, d’éléments de collection de mangas et d’animation japonaise, ou encore d’instruments de musique. S’y promener sans rien acheter est un pari qu’il ne vaut mieux ne pas se lancer, tant la quantité de babioles quasiment introuvables ailleurs est impressionnante et certains vendeurs empressés de vous les vendre.

Je n’ai malheureusement pas vraiment eu l’occasion de bien visiter Akihabara, manquant de temps après les deux visites précédentes, et une forte pluie s’étant progressivement installée. J’ai ainsi pu voir fleurir les fameuses corbeilles de parapluies en plastique transparent à 100 yen (moins d’un euro), un élément du folklore tokyoïte.

À l’heure où j’écris ces lignes (presque une heure du matin), la pluie n’a pas cessé : j’espère qu’elle se sera calmée demain pour ma visite d’Odaiba, la ville futuriste…

18 mai : Nikko, la ville sanctuaire

mardi 18 mai 2010


View Larger Map

Après la rapide mise en bouche d’hier, il était temps de passer aux choses sérieuses. Et comme, contrairement à celle de demain, la météo d’aujourd’hui promettait d’être belle, nous avons décidé d’aller vister la ville de Nikko, et plus particulièrement le Nikko Tosho-Gu, sanctuaire Shintoïste le plus renommé du Japon.

Le village de Nikko fut fondé en 766 par le moine bouddhiste Shodo Shonin. Des siècles plus tard, ce fut cette ville que le premier shogun du clan des Tokugawa, Iieyasu de son prénom, choisit pour que soit érigé son Mausolée. Afin d’en faire un centre religieux de premier ordre et de servir sa gloire personnelle et celle de sa famille, il y fit construire tout un ensemble de temples à la gloire de Shinto.

Située à 140km au nord de Tokyo, Nikko se trouve au pied des montagnes, au milieu de forêts de cryptomerias, de cèdres et de pins du parc national de Nikkō. On y accède généralement en prenant le Shinkansen de Tokyo à Utsunomiya, puis par une ligne de train dont le terminus est précisément Nikko.

En plus d’un temps clair et agréable, nous avons eu la chance de visiter le site précisément le jour du Hyakumono-Zoroe Sennin Gyoretsu, un festival annuel au cours duquel a lieu un défilé comptant un millier d’hommes en costumes traditionnels de l’ère Sengoku ainsi que plusieurs Mikoshi (des temples minatures transportés à dos d’homme). Un très impressionnant spectacle, qui renforçait considérablement la solennité de cet endroit déjà particulièrement riche culturellement et spirituellement.

Certains temples sont visitables, mais ils restent rares et les photos y sont interdites. On peut également, en cherchant un peu, trouver un petit musée autour duquel se trouve Kouyouen, un grand jardin traditionnel particulièrement joli et tranquille.

En conclusion, Nikko est véritablement une ville dans laquelle tout visiteur du Japon à la recherche d’authenticité se doit de visiter. Ce n’est pas pour rien que ce sanctuaire est inscrit au patrimoine mondiale de l’UNESCO depuis 1998 ! Il ne faut pas hésiter à y consacrer une journée si on loge à Tokyo, l’aller-retour demandant 3 bonnes heures.

Sur ce, rendez-vous demain pour une petite visite de quelques quartiers de Tokyo. Place aux photos de Nikko !

La seconde et principale destination révélée

lundi 17 mai 2010

Allez, franchement, personne ne l’avait déjà deviné ? Le but principal de mon voyage était de visiter le Japon, bien sûr ! Le Japon, la mecque des mangavores, le phare des gamers, la sirène des gadgetophiles… Tout le monde a forcément une raison de vouloir y aller. En ce qui me concerne, non ce n’était pas l’idée d’aller serrer la main à Yasunori Mitsuda ou baiser celle de Yoko Shimomura, mais tout simplement me faire une idée de ce pays dont on me disait tant de bien et dont l’étonnante culture à la fois progressiste et conservatrice remplit des bouquins entiers.

C’est donc armé d’un Lonely Planet Japan, d’un bon pour un JR Pass de deux semaines et de quelques autres affaires que j’ai rejoint un de mes proches afin d’entamer une visite de Tokyo pour quelques jours, avant de retrouver d’autres proches du côté de Kyoto et ainsi entamer un voyage le long de la partie sud de l’Île princiale Honshu. Les destinations prévues n’ont rien de très original pour les connaisseurs, s’agissant de ma première fois en ce pays, mais j’espère donner envie aux autres de se lancer eux aussi, tant ce voyage semble prometteur.

À noter un détail plutôt gênant, ou plutôt une mauvaise surprise à laquelle vous devez vous attendre : votre abonnement de téléphonie mobile ne vous permettra pas d’utiliser la téléphonie et les SMS durant tout votre séjour au Japon, le réseau pré-3G étant privé et fermé, à l’exception de quelques abonnements spéciaux, souvent réservés aux professionnels. Et hop, un iPhone transformé en iPod Touch, un !

Aujourd’hui était le jour de mon transfert de Hong Kong à Tokyo, au cours d’un vol de 4 heures environ. Une fois les affaires déposées à l’hôtel, nous avons commencé par explorer un peu les environs immédiates, c’est à dire le quartier Ikebukuro, situé au nord de Shinjuku, un des plus populaires de la ville. Le repas du soir a été pris dans la rue commercante au doux nom de Kagurazaka, chez un spécialiste de la brochette poissonnière à la braise… Je ne vous dis que ça :d

Bref une journée fatigante, même si peu remplie. Demain, nous avons prévu une visite à Nikko, vu que la météo devrait être clémente… Je vous laisse, je suis en train de regarder d’un oeil (déjà à moitié blasé, il est vrai) les shows télévisés débiles de la télévision niponne en buvant un soda au melon… L’accoutumance au pays se présente bien ! ;)