Archive pour la catégorie ‘Digressions’

Jouons zinbrin

Mardi 13 octobre 2009

Aujourd’hui, je vous propose de savourer deux petites répliques, partageant certaines caractéristiques.

Tout ce qui donne en pâture une personne, sans fondement, de façon excessive, [...] ce n’est jamais bien.

Quand ? Aujourd’hui.
Qui ? Nicolas Sarkozy.
Quoi ? À propos de la polémique née de l’ “élection” de Jean Sarkozy, son fiston de 23 ans et en deuxième année de droit (faites le calcul), à la tête de l’EPAD.

Désormais, ce qui compte en France pour réussir ce n’est plus d’être ‘bien né’, c’est d’avoir travaillé dur et d’avoir fait la preuve, par ses études de la
valeur. [...] Quel meilleur critère que celui du savoir et de la compétence pour désigner ceux qui doivent exercer des responsabilités ? [...] Je veux que les nominations soient irréprochables.”

Quand ? Aujourd’hui.
Qui ? Nicolas Sarkozy.
Quoi ? À propos de la réforme du lycée, objet du discours.

Matelots, surveillez vos voiles. Aujourd’hui, les vents sont oscillants… et les girouettes décomplexées.

Un terroriste qui en avait dans le slip

Lundi 28 septembre 2009

- Bonjour monsieur la victime !
- Euh… bonjour monsieur…?
- Prépare-toi à mourir ! J’ai une bombe cachée sur moi, mais tu ne devineras jamais où !
- Hm… DTC ?
- Gagné ! …mais tu vas mourir quand même !

(onomatopée d’explosion, projections sanguinolentes, etc.)

Bilan : un magnifique EPIC FAIL pour le terroriste qui devait avoir des poches vraiment trop petites.

Respect.

Patrick Hernandez, ou le salaire de la fumisterie

Dimanche 23 août 2009

Cet après-midi, alors que je faisais un peu de ménage dans mon chez-moi, j’ai commis l’erreur de laisser la télévision allumée. À un moment, l’émission qui passait s’est mise à parler d’anciennes star du disco, et notamment d’un certain Patrick Hernandez.

Le nom ne me disait que très vaguement quelque chose, jusqu’à ce que j’apprenne qu’il s’agissait du compositeur et interprète de “Born To Be Alive”, cette espèce de sous-produit de ce que la culture anglo-saxonne abâtardie a pu engendrer en ses heures les plus sombres, mais qui a eu un succès gigantesque. De gustibus et coloribus non disputandum

Si je vous en parle ici, c’est qu’à un moment, le documentaire révèle que grâce à ce simple hit, l’homme perçoit encore aujourd’hui plus de mille euros par jour. Depuis trente ans. Et pour un morceau auquel il n’a vraisemblablement pas consacré énormément d’énergie créative… L’esthète et le mélomane vous le confirmeront sans hésiter, et de toute façon, Hernandez révèle lui-même, en substance, que ce ne sont que quelques accords agrémentés d’un rythme de disco et de paroles en anglais pour faire plus cool.

Et le Patrick de se pavaner, encore et encore, malgré le fait que tous ses autres morceaux ont été des échecs et qu’il n’est plus connu aujourd’hui que grâce à la nostalgie, difficilement explicable, d’une génération qui ne se lasse pas de venir le voir chanter invariablement sur scène son seul et unique succès. Et lorsqu’il se vante d’avoir composé le troisième plus gros succès de chanson française à l’étranger, la coupe est pleine. Si la chanson française pouvait porter plainte pour insulte, elle gagnerait à tous les coups.

Depuis le temps que je cherchais un exemple particulièrement révélateur des méfaits des droits d’auteur tels qu’ils existent aujourd’hui, je crois l’avoir trouvé. Car s’il est évidemment juste qu’un succès soit rétribué, que peut-on penser quand on entend un compositeur déclarer, texto : “Ma situation est très confortable, parce que grâce à cet unique titre, je n’ai plus eu besoin de travailler de toute ma vie” ?

Victimes du RER : la faute à qui ?

Mardi 10 mars 2009

Impossible d’y échapper : depuis dimanche matin, on n’entend parler que de ça. De quoi ? Je fais bien sûr référence à ce petit groupe de supporters de foot (tiens, comme par hasard) qui ont eu la fabuleuse idée de suivre une voie ferrée pour aller rejoindre leur bus à la sortie du stade.

Ce matin, je lisais une mini-interview du grand-père d’une des victimes, et celui-ci disait en substance qu’il attendait les résultats de l’enquête avant de porter plainte. Contre qui ? Il ne le disait pas explicitement, mais on sentait qu’il avait dans le collimateur, pêle-mêle, les responsables du stade, la compagnie de bus, les forces de l’ordre et la SNCF.

Parce qu’il est toujours facile, voire profitable, d’accuser les autres, j’observe que les occasions même les plus indéfendables de victimiser les inconscients sont de plus en plus souvent saisies avec une mauvaise foi qui n’a presque plus honte de s’afficher… quitte à vouloir dédouaner un groupe de 13 personnes, dont des adultes avec leurs enfants, qui ont trouvé qu’emprunter une passerelle de RER sans visibilité ni refuge pour s’écarter de la voie ferrée était une bonne idée.

Je suis de plus en plus effaré par la tendance globale qu’a le monde occidental à favoriser l’irresponsabilité individuelle, quitte à se retrouver à accuser n’importe quelle structure sociale de manquement aux règles de sécurité. Et aujourd’hui, un nouvel élément à charge a été trouvé : la porte grillagée qui était censée protéger l’accès aux rails et surtout au pont ferré traversant la Seine était apparemment mal fermée.

Alors ça y est, le bouc émissaire est tout trouvé : c’est la SNCF qui est responsable du carnage. Vite, préparons-nous à constituer les parties civiles ! Invoquons le fait que si la porte n’était pas fermée, alors c’était forcément une invitation à l’emprunter, et ce sans se demander POURQUOI cette porte faisait partie d’une barrière. Qui sait, la jurisprudence ainsi obtenue permettra peut-être d’innocenter nos futurs petits-enfants lorsqu’ils seront accusés de cambriolage ? Ben oui : “mais m’sieur l’juge, la porte était ouverte, j’avais le droit d’entrer, non ?”

Et dire que tant de français ricanent devant les grands procès à l’américaine… Ils connaissent le même problème, les millions de dollars de dommages et intérêts en prime, mais nous ne sommes pas si loin derrière eux. D’ailleurs ça me rappelle une quote de Bash.org :

The problem with America is stupidity. I’m not saying there should be a capital punishment for stupidity, but why don’t we just take the safety labels off of everything and let the problem solve itself?

France 2 et l’honnêteté intellectuelle

Mercredi 7 janvier 2009

A l’heure où France Télévisions aurait tout intérêt à afficher le plus d’indépendance et d’honnêteté intellectuelle pour rassurer le public avant la réforme demandée par le gouvernement, France 2 vient de faire très très fort.

J’étais en train de zapper quand je suis, bien malgré moi, tombé sur le journal télévisé. Là, j’y entends la fin du passage à propos de la volonté du Président de la République de réformer la procédure pénale, notamment en éliminant le juge d’instruction. Une fois l’article terminé, on passe aux inévitables témoignages. D’abord, un magistrat totalement inconnu qui a droit à quelques secondes pour fustiger la disparition des seuls juges indépendants du pouvoir, puis un avocat qui applaudit à deux mains la réforme annoncée par Nicolas Sarkozy. Un avocat qui a pour nom Thierry Herzog.

Maintenant devinette : de quelle famille Maître Herzog est-il l’avocat depuis des années (fiston, maman et papa itou) ?

Thierry Herzog et son petit protégé

Je note au passage que si les spots de pub ont effectivement été évincés de la programmation des chaînes publiques, les “émissions sponsorisées” demeurent. Vous savez, ces émissions thématiques très courtes qui cachent très mal leur vocation de n’être qu’un prétexte à l’exhibition quotidienne de leur “partenaire”. Bref, comme d’habitude, le gouvernement nous prend pour des imbéciles. Et si vous n’en êtes toujours pas convaincu, attachez vos ceintures, il y a de quoi halluciner.

Citation du jour - 4

Vendredi 5 décembre 2008

Christine Albanel

«On regarde comment faire pour que, de toutes façons, la suppression de la publicité ait lieu le 5 janvier. Aucune décision n’est prise. Mais ça peut se faire par décret»

Cette déclaration fait suite à celle de François Fillon, qui a assuré que le gouvernement n’avait «aucune intention d’utiliser le 49-3» pour faire passer la loi sur l’audiovisuel avant la fin de l’année.

Pour rappel, en France, un décret est un acte législatif à exécution immédiate, pouvant provenir soit du président de la république, soit du premier ministre. Le parlement n’y a donc aucun rôle, sinon pour former un éventuel recours pour abus de pouvoir auprès du Conseil d’Etat. En schématisant, on peut doc dire qu’un décret est une sorte de loi sans vote.

Le fameux article 49-3, pour sa part, est différent. S’il permet effectivement de faire passer des articles de lois “en force”, il n’est pas sans danger, car en l’utilisant, le premier ministre engage sa responsabilité. Et si, dans les 48 heures qui suivent, une motion de censure est engagée et votée, tout le gouvernement doit démissionner. Les lecteurs curieux pourront aller lire l’excellent article de Maître Eolas sur le sujet.

Bref, on ne fera pas passer la loi au marteau, mais au bulldozer. Notre ministre de la culture et de la communication nous joue le ton du “mais non, on ne va pas passer en force”, mais vous aurez compris que c’est une déclaration parfaitement fallacieuse. Comme la plupart de ses propos récents, d’ailleurs, comme le savent ceux qui suivent l’évolution de la loi “Création et internet”, alias loi Hadopi. Notre président sait s’entourer de soldats conformes à ses idées.

Citation du jour - 2

Vendredi 17 octobre 2008

Antoine Di Zazzo

“J’ai demandé à l’agence Dussaucy de me trouver l’adresse de Besancenot, que je ne parvenais pas à trouver, pour lui adresser mon assignation”

C’est ce qu’a osé affirmer aujourd’hui Antoine Di Zazzo, patron de Taser, pour tenter de justifier la mouise dans laquelle les récentes découvertes concernant le fichage d’Olivier Besancenot. Si la mauvaise foi n’était pas aussi patente, on eût dit de lui que c’est quelqu’un qui aurait plu aux shadoks…

Après tout, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pourquoi ne pas sortir le tank pour écraser un oeuf ? Pourquoi ne pas payer des milliers d’euros pour obtenir une adresse que La Poste, employeuse de Besancenot, aurait très bien pu donner, peut-être même par le biais de ses “pages jaunes” ?

Bon anniversaire ! (bis)

Samedi 4 octobre 2008

Hélas, comme je l’avais subodoré, le cinquantième anniversaire de la promulgation de la Cinquième République n’aura guère mobilisé les médias. À part une interview de Jean-Louis Debré (pour ainsi dire le fils de son père) dans Le Monde, je n’ai rien vu à ce sujet dans le mainstream français.

Heureusement que les blogs et autres portails citoyens comme Agoravox sont là pour réparer ce triste état de fait : dans sa globalité, la France se moque bien de sa constitution et de ce que celle-ci représente. Pour vous donner une idée, même Google a plus de déférence que nous :

Ô tempora, ô mores…

Bon anniversaire !

Mercredi 1 octobre 2008

Notre société aime beaucoup à commémorer, à fêter les anniversaires, les multiples décaniversaires et centenaires. Pas un jour ne passe sans que les médias nous rappellent qu’une certaine année, à la même date, il s’est passé quelque chose d’important.

Pourtant dimanche dernier, il y aurait eu matière à fêter, ou du moins se souvenir. Un des principaux piliers de notre société française est né le 28 septembre 1958, il y a 50 ans. Vous voyez de quoi il s’agit ? Non ? C’est normal, je n’en ai rien entendu moi non plus, je n’ai appris cette date que ce matin.

Le 28 septembre 1958, donc, était adoptée par référendum national la Constitution de la Vème république. Notre République actuelle. Notre Constitution, base de toutes nos institutions. Jusqu’ici modifiée 24 fois par divers amendements, elle demeure un des seuls textes de loi à peu près accessible au non-juriste et j’en conseille la lecture à tout un chacun.

La Constitution de la Vème

Que tous nos politiciens, sans exception apparemment, aient omis cette date me semble bien lamentable. Espérons qu’ils retrouveront la mémoire le 4 octobre, date de sa promulgation…

Surimi rage

Mercredi 16 juillet 2008

Il a des fois comme ça où le hasard tourne à l’ironie et s’amuse à vous botter les fesses en vous faisant rire. C’est précisément ce qui s’est passé ce soir, alors que je venais de faire mes emplettes et que j’étais tout juste connecté à mon Netvibes, je tombe sur cette bédé de Boulet :

Miam...?

(oui, il faut cliquer, sinon c’est pas drôle)

Et maintenant devinette : à votre avis, qu’y avait-il dans mon cabbas pour ce soir ?