Archive pour la catégorie ‘Miscellanées’

Firesheep : le sidejacking pour les nuls

Dimanche 14 novembre 2010

Firesheep, à sa sortie, a fait l’effet d’une bombe. C’était ultra-prévisible, et pourtant ça a mis des années à être mis au point : un logiciel qui mette à la portée de tous l’écoute et l’injection de cookies qui circulent sur un réseau local. Ce concept d’attaque, qui permet assez facilement d’usurper l’identité de quelqu’un en ligne, est loin d’être nouveau, car il remonte à la création-même des cookies. Petite mise au point rapide.

Lorsque vous vous connectez à un site web en saisissant des identifiants, la plupart du temps, votre identité n’est vérifiée qu’à la connexion. Une fois cette étape franchie, un cookie est envoyé par le site vers votre ordinateur, constituant une sorte de laisser-passer valable pour une session. Cette session a une durée variable, et elle prend généralement fin lorsque vous cliquez sur “me déconnecter” ou lorsque vous cessez d’être actif plus d’un certain temps. Mais parfois beaucoup, beaucoup plus longtemps, je pense notamment à ces sites qui disposent d’une option “me maintenir connecté”. GMail, Facebook, eBay, la majorité des sites permettent cela, et c’est bien là-dessus que table le “sidejacking”.

Le sidejacking, ou plus prosaïquement “HTTP session jacking”, consiste à écouter le réseau (ou le “sniffer”, comme le disent les anglophones) et conserver tous les cookies qu’on peut y déceler, pour ensuite se les approprier et ainsi se faire passer pour la personne qui en est propriétaire, par une injection de ses cookies dans un autre navigateur. C’est un peu comme si vous achetiez un ticket pour une journée dans un club et que quelqu’un parvienne à en faire une copie parfaite sans que vous ne le sachiez. Il peut ainsi entrer en se faisant passer pour vous.

Le sidejacking n’a rien de très compliqué, l’essentiel pour le pirate étant d’avoir accès à votre réseau. Si vous êtes en réseau filaire, il doit pouvoir s’y relier, ce qui nécessite de pouvoir entrer chez vous. Si vous êtes en WiFi, il doit casser votre clé WPA. Car vous utilisez le protocole WPA pour vous protéger, bien entendu. Non ? Alors mauvaise nouvelle pour vous, vos identifiants en ligne sont faciles à “écouter”. Je ne reviendrai pas sur la problématique de sécuriser son accès WiFi, après tout même Hadopi menace de vous couper l’accès au net si vous ne vous protégez pas.

L’autre élément qui rend les sessions HTTP si faciles à analyser, c’est justement ce sigle de 4 lettres : HTTP. Vous avez probablement remarqué que certains sites sont accessibles par une adresse en “https://” au lieu de “http://” : ce tout petit “s” est la clé de tout. Car il signifie que la communication est chiffrée et ne peut donc pas être analysée par un autre utilisateur du réseau. Vos cookies continuent donc de circuler, mais sans être repérables, ni récupérables.

La triste réalité de bon nombres de sites web est là : ils ne chiffrent qu’une partie des échanges, les autres circulent en clair, à commencer par les cookies. Même si vos identifiants ne sont pas visibles directement, un utilisateur peut dupliquer les laisser-passer, surtout s’ils ont une longue durée de vie. Rassurez-vous, les sites de banque et de paiement en ligne sont passés au HTTPS depuis longtemps. Mais on ne peut pas en dire autant de tous les autres.

Voici donc, pour ceux qui ont pris peur à l’annonce de la sortie de Firesheep, quelques idées pour protéger vos précieuses données personnelles :

- Sécurisez votre réseau WiFi !! On ne le dira jamais assez, un réseau qui n’utilise pas le WPA est un réseau vulnérable en quelques minutes maximum ;

- Utilisez un webmail en HTTPS exclusivement : si quelqu’un peut se faire passer pour vous et accéder à vos emails, il a potentiellement accès à tous les sites que vous fréquentez en utilisant la fonction “mot de passe oublié” ;

- Essayez d’ajouter le fameux “s” à l’adresse de vos sites préférés, avec un peu de chance vous aurez ainsi accès au même service, mais de manière chiffrée de bout en bout. Hélas, certains sites, et pas des moins populaires, se refusent encore à offrir ce service (essentiellement à cause des ressources consommées… et de la naïveté de leurs utilisateurs) ;

- Sur le sites où des achats sont possibles, évitez absolument d’utiliser l’option “rester connecté” : privilégiez l’enregistrement des mots de passe par le navigateur. Cela reste une brèche de sécurité, mais nettement moins béante puisqu’il faut avoir accès physique à votre machine pour vous compromettre.

Pour finir, et pour reprendre les mots de l’auteur de Firesheep, ne soyez pas non plus parano en allant jusqu’à ne plus utiliser de réseaux WiFi ouverts. Le sidejacking n’est PAS une faille de réseau, mais une faille de sécurité sur les sites web. Si vous surfez sur un réseau non protégé, privilégiez systématiquement le HTTPS quand il existe, et si tel n’est pas le cas, déconnectez-vous du site dès que vous avez en avez fini avec le celui-ci.

Microsoft arrête de vendre Office ?

Vendredi 21 août 2009

La semaine dernière, on apprenait qu’un juge du Texas avait infligé une amende de 290 millions de dolalrs à Microsoft ainsi qu’une mise en demeure de deux mois pour mettre son logiciel en conformité, faute de quoi il serait interdit à la vente sur le territoire américain. La raison était un de ces sempiternels brevets logiciels, celui-ici concernant le format XML et détenu par la société canadienne i4i.

Microsoft, fort logiquement, avait immédiatement fait appel. Un appel suspensif qui lui permet de continuer à vendre son logiciel pendant que la bataille judiciaire suit son cours pendant de longs mois.

Mais aujourd’hui, coup de tonnerre, le géant du logiciel annonce qu’il va temporairement arrêter de vendre sa suite bureautique si le jugement à l’encontre de Word n’est pas annulé. Dixit son service juridique :

Microsoft et ses distributeurs sont sous la menace imminente d’un cataclysme de leurs ventes. Si l’injonction de la cour de justice n’est pas levé, un dommage irréparable sera causé à Microsoft en sortant un de ses principaux produits du marché. Et ceci ne concerne pas que Word, mais toute la suite Office et les logiciels qu’elle inclut.

Difficile de voir dans cette décision autre chose qu’une tentative de chantage. Implicitement, le message est le suivant : “si la justice ne revient pas tout de suite sur sa décision, on va lui montrer à quel point on va manquer aux gens”. Prendre des clients en otage parce qu’on n’est pas d’accord avec une décision de justice, est-ce une attitude responsable ?

C’est un jeu dangereux car à double tranchant. D’un côté, il est clair qu’un tel embargo perturberait les ventes de machines et donc le business des distributeurs, rendant le jugement impopulaire. Mais d’un autre côté, il y a le risque de mettre en évidence le fait que Microsoft est en situation de quasi-monopole, ce qui rend ce genre de comportement d’autant plus grave aux yeux des autorités. En général, la FTC n’aime pas trop qu’une compagnie se montre si arrogante. Et tout ça sans oublier les concurrents émergeants (OpenOffice et Google, notamment) qui vont sûrement profiter de l’aubaine…

Microsoft n’ignore pas, vu la quantité de brevets qu’elle dépose - et bien souvent obtient -, qu’elle est face à une machine implacable : les brevets logiciels sont rarement invalidés, et c’est toujours au prix d’une bataille longue et coûteuse. Techniquement, retirer les éléments incriminés du logiciel pour le rendre à nouveau légal ne serait pas difficile, mais Microsoft aurait choisi le triple bras de fer avec le plaignant, la justice et les utilisateurs en même temps ? Difficile d’y croire…

Il semble que Microsoft soit simplement en train de tâter le terrain, afin de voir la réaction du marché face à cette menace, laquelle ne sera sans doute jamais mise à exécution. Et m’est avis que ça aidera la compagnie à se rendre compte que son monopole n’est plus ce qu’il était.

Le disquaire qui voudrait ressuciter les DRM

Samedi 24 janvier 2009

Dans le monde de la musique, 2008 restera comme l’année de la fin des DRM. Le rejet de ces systèmes de restriction d’usage des fichiers qui n’empoisonnaient la vie que des acheteurs légitimes a certes commencé il y a plusieurs années, et EMI a initié le mouvement côté éditeurs en avril 2007, mais c’est durant l’année passée que les autres majors (Sony, Warner et Universal) ont fini par basculer aux formats non-protégés. Le rideau final a été l’annonce de leur abandon sur l’iTunes Store d’Apple, début janvier dernier.

Aujourd’hui, on peut donc enfin considérer les DRM audio comme morts et enterrés. Ça ne nous garantit pas une amélioration de la production musicale pour autant, bien sûr, mais ça va au moins nous permettre de gérer nos fichiers comme bon nous semble. La paix règne donc à nouveau entre les éditeurs et les utilisateurs…

Mais il y a toujours un cheveu dans la soupe. Figurez-vous qu’un magasin de musique en ligne vient de révéler sa volonté de conserver les DRM malgré leur extinction quasi-totale. Et pourrez-vous deviner le nom de ce village gaulois du protectionnisme stupide ? Microsoft ! Eh oui ! La firme a en effet annoncé, mercredi dernier, le lancement de MSN Mobile Music, un service de musique pour téléphones portables qui fait se demander si ont est déjà le 1er avril. Car en plus de vendre tous les fichiers totalement incopiables sur toute autre machine que celle qui a servi à l’acheter, ces derniers coûtent la bagatelle de 1,50£, soit 1,60€ au cours actuel. Plus cher que partout ailleurs pour des fichiers quasi-inutilisables. Il fallait oser.

Et ça ne s’arrête pas là. Comme si une telle offre n’était pas suffisamment risible, le chef de la division Mobile chez Microsoft UK, Hugh Griffiths, a accordé une interview à PC Pro, et elle vaut vraiment son pesant de cacahuètes. Mais comme je sais qu’une bonne partie de mes lecteurs ne me croiront pas ou auront la flemme de la lire, en voici quelques morceaux choisis (et traduits par votre serviteur).

Alors que les autres disquaires en ligne comme iTunes et Amazon vendent maintenant de la musique sans DRM lisible sur n’importe quel appareil, pourquoi quelqu’un choisirait-il le service MSN Mobile ?

Il doit bien y avoir des gens qui veulent lire leur musique uniquement sur leur téléphone.

Quel est votre message aux consommateurs ? Pourquoi devraient-ils acheter chez vous au lieu d’iTunes ou Amazon ? Qu’avez-vous à offrir de plus que vos concurrents ?

Nous leur disons que s’ils veulent télécharger de la musique, ils en trouveront chez nous. S’ils n’en veulent pas, tant pis.

Si j’achète des chansons par votre service (qui sont donc bloquées sur mon téléphone), que se passera-t-il dans 6 mois, lorsque je changerai de téléphone ?

Eh bien je crois que vous connaissez la réponse à cette question.

Du grand art, vraiment. On sent le responsable à deux doigts de répondre “fuck you” à chaque question mais se retenir in extremis pour arriver à sortir un semblant de réponse. Pauvre Hugh, je compatis - et vous devriez tous en faire autant : ça ne doit pas rendre joyeux de devoir soutenir une sombre daube telle que celle qu’on l’a obligé à lancer sur le marché…

Zune planté, bonne année !

Jeudi 1 janvier 2009

Hier, nous avons tous souhaité à notre entourage une bonne année, chacun à sa façon. Et peut-être avez-vous déjà lu de quelle façon Microsoft l’a fait à l’intention des utilisateurs de Zune. En effet, les modèles de 30 Go ayant été branchés à un ordinateur hier 31 janvier 2008 ont joyeusement planté comme un seul homme, et se sont retrouvés dans l’incapacité de redémarrer.

Ce n’est que vers la fin de la journée que le fabricant de l’appareil a fini par réagir visiblement désemparé par ce bug inattendu. Car le seule correctif qu’ils ont trouvé à ses clients fut… d’attendre le lendemain, à condition que la batterie ait pu se vider entièrement pour forcer l’appareil à s’éteindre complètement.

Le bug semble avoir été identifié comme provenant du driver de l’horloge interne et affecte la façon dont sont gérées les années bisextiles. Il en résulte donc apparemment que les Zune 30 Go refusent de fonctionner le 366ème jour d’une année. On se demande vraiment si certaines équipes de qualité testent les matériels avant de les lancer sur le marché, parfois.

Petite curiosité de cet article de Microsoft en forme de foire aux questions : la VRAIE question importante que j’aurais posée n’y figure pas. Laquelle ? Eh bien tout simplement “que va-t-il se passer le 31 décembre 2012 ?” Les (mal)heureux propriétaires du joujou devront-ils encore se passer de musique ? Microsoft aura-t-il diffusé un patch du firmware pour éviter la répétition de ce désagrément ? Mais peut-être l’éditeur considère-t-il que le modèle 30 Go sera déjà totalement obsolète d’ici-là, aussi…

Je profite de cette note pour souhaiter une bonne année 2009 à mes lecteurs. Qu’elle soit encore meilleure ou moins pire que 2008, à vous de voir… mais n’oubliez pas de l’y aider en y croyant et en y travaillant !

Yahoo prêt à se faire enc… racheter

Samedi 8 novembre 2008

Souvenez-vous, ça a commencé en février dernier : Microsoft, qui souffrait de la toute-puissance de Google sur le marché des moteurs de recherche et de la publicité en ligne, proposait de racheter Yahoo pour 44,6 milliards de dollars. Mais le conseil d’administration, même s’il n’était pas unanime, a refusé l’offre, jugée pas assez généreuse.

Afin de signifier son refus du vilain ogre de Redmont, Yahoo a alors cherché à s’allier avec Google, dans le cadre d’un partenariat publicitaire. Mais pas de chance, cette idée a été battue en brèche par le Département de Justice américain pour abus de position dominante.

Aujourd’hui, la crise économique est là, et l’action de Yahoo, qui valait 27$ en janvier dernier, fluctue à présent autour de 12$. On imagine facilement les actionnaires de l’entreprise penser avec nostalgie à l’offre de Microsoft, qui était de 33$ par action… Et c’est dans ce contexte que Jerry Yang revient, la queue entre les jambes, implorer Microsoft de revenir à la table des négociations. Chapeau, couleuvres, appelez comme vous voudrez ce que ce pauvre patron se voit contraint de manger.

Mais la vie est décidément injuste, que voulez-vous. Après trois mois de courtisanerie intensive, Ballmer avait annoncé tourner définitivement la page, et se plait à rappeler cette décision aujourd’hui. Tout en prenant soin d’expliquer que des partenariats sont toujours possibles

Cette histoire ne vous fait-elle pas penser à une parabole des temps modernes ? Mais si, vous savez, celle où un garçon, connu comme le plus grand tombeur de filles de l’école, implore une fille de sortir avec lui des semaines durant, mais cette dernière s’y refuse obstinément et ostensiblement car pense mériter mieux que lui. Plusieurs mois plus tard, n’ayant pas trouvé chaussure à son pied, elle se souvient de ce “brave garçon” et décide donc de revenir vers lui. Mais hélas, l’eau a coulé sous les ponts, et le garçon ne lui propose plus alors qu’une relation de “fuck friend”. Je vous laisse imaginer la suite…

Personnellement, je mise sur Microsoft qui laissera tranquillement Yahoo s’enfoncer dans une situation de plus en plus difficile et cherchera alors à racheter l’ancien géant du web à l’agonie pour une bouchée de pain, le plus tard possible, de façon à profiter des réticences de Google face à la justice américaine, mais tout en gardant un oeil sur les autres requins à l’affut, et notamment celui qui rôde du côté de Cupertino.

Allez, à sa décharge, Jerry Yang pourra toujours dire qu’il n’aurait pas pu prévoir la crise économique de fin 2008, de la même façon que tant de start-ups avaient invoqué le 11 septembre comme cause de leur décès en 2001…

Citation du jour - 3

Mercredi 29 octobre 2008

Le grand Asp Explorer dans ses oeuvres…

Johnny et sa f... voiture

Rappelons que Johnny Halliday, entre deux escapades belgo-suisses, a trouvé le temps de signer la pétition des 52 salopes artistes contre le téléchargement, car il estime ne pas retirer assez d’argent de son travail.

Il est vrai que sans le téléchargement, il aurait pu se payer une 599 au lieu de se contenter d’une pauv’430 comme un prolo.

Ubisoft accuse son copieur de piratage

Dimanche 10 août 2008

On ne le dira jamais assez, quelle que soient leur nature et leur secteur d’activité, les grosses multinationales sont toutes aussi pourries les unes que les autres. Industrie pétrochimique, produits pharmaceutique, loisirs numériques, voici un bon tiercé gagnant potentiel. Et une des caractéristiques principales d’une industrie pourrie, c’est les coups tordus qui s’échangent à grand renfort de mauvaise foi.

L’exemple du jour nous vient du monde merveilleux des jeux vidéo, domaine en explosion constante depuis plus de vingt ans maintenant. Ubisoft, gros poisson français du paysage vidéo-ludique mondial, vient d’attaquer en justice Charlotte, l’entreprise chargée contractuellement de la duplication des disques optiques d’un de ses gros succès du moment, Assassin’s Creed. L’éditeur l’accuse en effet d’avoir “leaké” le jeu sur l’internet, autrement dit de l’avoir distribué illégalement, ce qui est, soyons honnêtes, tout à fait pas bien du tout.

Sauf que, comme d’habitude, dès qu’on gratte un peu le vernis, on tombe sur le bois pourri. Et c’est là qu’on rit (jaune). Pour étayer son accusation, Ubisoft invoque le fait qu’il a réussi à remonter le filon de la version piratée jusqu’à la copie initiale qui se trouverait être le domicile d’un des employés de Charlotte. Y’a pas à dire, ils ont de très fins limiers chez Ubi, je pense que le FBI et la NSA ne vont pas tarder à venir débaucher chez eux.

Mais plus fort encore : parmi les chefs d’accusation pouvant décider du montant des dommages et intérêts se trouve une curieuse “atteinte à la réputation” de l’éditeur. Et là, accrochez-vous : le porte-parole d’Ubisoft raconte qu’un bug avait été volontairement inséré dans la version non-définitive du jeu, qui a pour effet d’occasionner des plantages, de façon à faire enrager les vilains pirates qui y auraient accès ! Et pas de bol, c’est bien cette version véreuse qui s’est retrouvée sur l’internet, et la “confusion des avis négatifs” due à cette dernière qui aurait jeté le discrédit sur Ubisoft. Ça c’est bête, quand même.

A chacun de se faire sa propre opinion sur cette histoire, évidemment, mais je ne peux pas m’empêcher de faire quelques remarques personnelles. Premièrement, je me demande bien qui a eu l’idée d’avoir recours à un bug critique (avec plantages complets) pour protéger son jeu contre le piratage. Même si l’idée de brider le fonctionnement d’une version préliminaire peut paraître légitime, un tel procédé ternit forcément l’image d’une marque. Car oui, que vous l’ayez piraté ou non, un jeu buggé vous laissera toujours un mauvais souvenir. Au passage, je me demande aussi qui a eu l’autre bonne idée de révéler cette information à la presse, révélant d’un seul coup le peu de scrupules dont s’embarasse Ubisoft à propos de la qualité de ses produits.

Enfin, accuser l’entreprise chargée d’imprimer les copies du jeu d’avoir piraté une version non-définitive du jeu revient à avouer que c’est bien cette version inachevée qui était destinée à être copiée, donc distribuée dans le commerce. Eh oui, vous avez bien lu : Ubisoft s’apprétait à vendre un jeu contenant un bug critique ! Après la mauvaise foi vis-à-vis de son fabricant de disques, ne sentez-vous poindre à l’horizon celle à vis-à-vis du public ?

On ne saura probablement jamais la vérité. Cependant, m’est avis que l’éditeur a voulu profiter du piratage de son jeu pour gommer la découverte d’un bug dont les conséquences auraient été catastrophiques. Et en y récupérant un petit pactole au passage, tant qu’à faire.

Avant-première

Mardi 17 juin 2008

En faisant un peu de farfouillage, ce jour de grâce du 17 juin 2008, je suis tombé sur une jolie petite chose tenue cachée pour le moment aux yeux du public.

Allez-y, profitez-en, comme ça provient d’un serveur officiel, ça devrait être comptabilisé pour la tentative de record du monde. Rectification : ce n’est pas le cas… mais rien ne vous empêche de la re-télécharger ce soir ;)

Firefox 3 - D-day

Et n’oubliez pas : le panda rouge, c’est bon, mangez-en.

Jeux vidéo : l’autre puritanisme américain

Samedi 19 avril 2008

S’il est vrai que le débat sur la violence dans les jeux vidéo est toujours très virulent aux USA, il ne faut pourtant pas s’imaginer que la vision puritaine et moraliste qui caractérise les étasuniens conservateurs triomphe à tous les coups. La preuve la plus flagrante est que les jeux mettant en scène des gerbes de sang et/ou des situations où le joueur est invité à tuer des gens, voire les assassiner de sang froid, sont de plus en plus nombreux, et presque toujours des succès commerciaux. Le studio Rockstar s’en est même fait son fonds de commerce, avec notamment la série des GTA, mais également Manhunt et Bully, chacun ayant défrayé la chronique.

Une requête simple sur Google permet de se rendre compte de l’affrontement perpétuel des idées binaires sur le sujet. Comme souvent, dans ce genre de débat, il y a les imbéciles qui sont pour, et les idiots qui sont contre. Et ceux qui suivent un peu l’actualité vidéo-ludique savent qu’aux US, ça peut même monter très haut : dans plusieurs états comme notamment la Louisiane, le Massachusetts et la Californie de l’impitoyable Gouvernator, les pondeurs de lois se sont cassés les dents face à des juges obstinément cramponnés au fameux article premier de la constitution (”Rien n’est plus important que le droit de dire ce qu’on veut, même si c’est stupide, méchant ou dangereux”). Mais attention à la Cour Suprême en ambuscade

Bref, tout ce laïus pour en arriver à l’objet de cette note, à savoir un petit sondage totalement non-scientifique effectué par le site WhatTheyPlay il y a de cela quelques jours (je me suis permis de reconstituer la feuille de résultats, car apparemment le site ne donne pas accès aux anciens sondages) :

Sondage

Voilà qui constitue probablement une piste intéressante pour mieux comprendre la prolifération des jeux violents malgré la controverse houleuse qui perdure. Celle-ci est peut-être tout simplement hors-sujet ! Ce qui fait peur aux parents, dans les jeux vidéo, serait finalement assez proche de ce qu’ils redoutent dans les émissions télé : non pas la violence physique ou verbale, mais tout bêtement la présence de sexe à l’écran. Sujet délicat qui oblige les civilisations à se regarder dans le miroir, ce qu’elles n’aiment pas, quitte à se disputer sans fin sur des sujets moins honteux (exemple au hasard : la violence) afin d’alimenter l’écran de fumée.

On comprend dès lors beaucoup mieux pourquoi l’affaire qui avait le plus menacé l’opus “San Andreas” de GTA n’était pas qu’il fallait y voler des voitures, détruire des bâtiments et tuer des flics, non, mais bien une scène de sexe. Certes, elle est très explicite, mais de qualité graphique honnêment peu aguicheuse et surtout accessible via une manipulation impossible à faire par hasard. Les négociations juridiques ont néanmoins pris plus de deux ans avant d’aboutir.

Steal this film : le P2P disséqué

Dimanche 30 mars 2008

Aujourd’hui, j’ai découvert un documentaire en deux parties (en attendant une future troisième qui ne devrait apparemment pas tarder) traitant du phénomène du partage de fichiers et du peer to peer. Son nom ? “Steal this film” !

Comme son nom laisse supposer, il s’agit d’un documentaire engagé, c’est à dire qu’il prend position et sa vision est claire : le P2P n’est pas qu’un simple outil de piratage de fichiers, mais le fondement technologique d’une nouvelle révolution culturelle, dont l’ampleur serait au moins aussi grande que celle des premiers livres imprimés et des premiers enregistreurs de bandes magnétiques pour grand public.

Le premier épisode s’intéresse plus particulièrement au site internet The Pirate Bay, qui est devenu en quelques mois le plus gros tracker de fichiers BitTorrent et a provoqué l’ire du gouvernement américain qui est allé jusqu’à exercer des pressions sur le gouvernement suédois via l’OMC, avec l’objectif d’obtenir la fermeture du site. Femeture qui a effectivement eu lieu, mais qui fut pour le moins éphémère (quelques jours seulement). Le parti politique officiellement pro-piratage suédois Piratbyran nous est également présenté, par le témoignage d’un de ses responsables.

Le second épisode, pour sa part, examine l’impact culturel des échanges de fichiers, en dressant notamment des parallèles entre cette technique et l’émergence de l’imprimerie en Europe et en Amérique au cours du XVIème siècle, et en mettant en évidence la futilité des efforts destinés à contrer ce qui est déjà largement devenu une habitude de masse.

Je conseille vivement ces deux films à tous ceux qui s’intéressent un peu aux impacts sociaux engendrés par les évolutions technologiques, mais aussi à ceux qui utilisent parfois le P2P. Même s’il faut garder à l’esprit que ce document est plutôt “orienté” en faveur des pirates, certains arguments soulevés sont pertinents. Si je devais retenir une phrase concernant les pirates et la réaction des majors, ce serait le proverbe chinois “quand le vent se lève, certains construisent des abris, d’autres des moulins”.

Rendez-vous sur le site officiel du documentaire pour le télécharger (le premier épisode est disponible via un lien BitTorrent, au bas de la page).

Au passage, je profite de cette note pour vous raconter en image ce que j’ai fait de mon après-midi dominicale :

WordPress 2.5 : ça y est !

Eh oui, comme quoi, on peut parfois renoncer à ses principes… En l’occurrence, j’avais envie de savoir si cette nouvelle mise à jour serait plus facile que la précédente grâce à mes aménagements. Verdict : clairement oui ! :)