Archive pour la catégorie ‘Grunt’

Hadopi 2 : passe pour cette fois

Vendredi 23 octobre 2009

En tant qu’internaute, il y a peu de chances que la décision rendue hier par le Conseil Constitutionnel à propos de la loi Hadopi 2 vous ait échappé. Au premier abord, on peut se dire que ledit conseil fut étrangement plus incisif la dernière fois, mais l’inénarrable Maître Eolas nous explique fort bien le pourquoi du comment.

Toujours est-il que ça y est, la loi est passée. Elle a tout de même perdu beaucoup de sa substance après son premier avortement, même si le gouvernement jubile devant une victoire purement politique. Qui osera croire que les magistrats, déjà largement surchargés, vont s’amuser à punir Madame Michu pour “défaut de sécurisation d’accès internet” en lui coupant son abonnement, et ce en se basant sur des preuves par nature très discutables ?

Je ne vais pas m’aventurer dans un catalogue des conséquences prévisibles de cette loi, d’autres sites l’ont déjà fait bien mieux que je ne le pourrais. Il en est cependant une qui me turlupine plus que les autres. Même s’il est impotent en pratique, ce texte a déjà commencé à instiller une menace dans l’esprit de la plupart des gens. Mais ces gens ont déjà trop intégré le fait de partager des données, de la même façon que l’ont fait l’imprimerie, le gramophone, la cassette, la photocopieuse, le magnétoscope ou le graveur de CD en leur temps, pour faire une croix sur leurs habitudes. Et plutôt que d’arrêter, ils changeront de support autant qu’il faudra, jusqu’à finir par user de moyens de cryptage et d’anonymisation très performants s’il le faut. Et c’est là que je perçois une monumentale erreur stratégique commise par le principal moteur de cette loi, à savoir notre cher Président de la République.

Voyez-vous, gouverner implique de connaître le plus de choses possible sur le plus de monde possible. On appelle ça le renseignement, l’apanage des polices politiques. Et le renseignement, c’est déjà une difficile activité d’écoute, de compilation, d’organisation et de synthèse. Mais si en plus on doit y ajouter une dose de décryptage sur une majorité des informations acquises, alors le renseignement se voit fortement compromis. Et le pouvoir est dès lors lourdement handicapé.

Je ne peux pas imaginer une seule seconde qu’il n’y a pas eu au moins un responsable de la DST ou des RG (ou de leur récente fusion DCRI), ou encore ne serait-ce qu’un seul chef d’Etat-major de l’armée, pour venir expliquer à Nicolas Sarkozy le danger que représente le fait de seulement laisser naître l’idée de chiffrer ses échanges dans l’esprit de monsieur tout-le-monde. Et le long passage par le ministère de l’intérieur ne rend le jusque-boutisme de notre Président que plus inexcusable encore.

Opposants au gouvernement de tous bords, cessez de chercher des preuves de l’incompétence de votre représentant à l’étranger. La plus flagrante est là, sous vos yeux, depuis que les majors lui ont dicté une loi par le biais de leur marionette qu’il a choisi d’épouser.

De la protection des cartes bleues françaises

Mardi 12 mai 2009

Quel est votre avis sur la protection des cartes bleues françaises ? Le GIE Cartes Bancaires, groupement d’intérêt économique responsable de la mise en place et de la sécurisation de ce moyen de paiement, a toujours clâmé haut et fort que les cartes françaises étaient les plus sécurisées au monde. La clé de leur assurance ? La puce et son algorithme de cryptage associé, une exception française censée nous mettre à l’abri de toute inquiétude… quand bien même un simple ingénieur a réussi à faire exploser le système et qu’une floppée de “yes cards” a vu le jour peu après.

Puce-passoire ou fanfaronnade d’un bricoleur délinquant, en quoi croiriez-vous le plus facilement ? Eh bien ça n’a pas beaucoup d’importance, en fait. Oubliez la puce et écoutez cette petite histoire.

Vous venez d’être invité à passer un petit séjour à l’étranger, dans un pays à peu près civilisé et avancé technologiquement, comme par exemple les Etats-Unis. Vous y allez avec un peu de cash sur vous, mais pas trop, parce que vous savez que vous pouvez compter sur votre carte bancaire pour vous permettre de faire les gros achats ou même de retirer des dollars au distributeur, comme tout le monde. Rien de plus normal.

D’ailleurs aujourd’hui, vous êtes dans une ville très commerçante comme Los Angeles ou Las Vegas et vous avez grand besoin de renouveler votre stock de billets verts. Comment cela se passe-t-il ? Vous n’avez qu’à trouver une machine dite “ATM” (Automated Teller Machine), insérer brièvement votre carte à l’intérieur, taper votre code secret, choisir une somme à retirer de votre compte courant, puis récupérer votre argent. Et c’est tout.

Vous n’y voyez pas un petit problème ? Reprenons la séquence au ralenti : vous repérez une machine “ATM”, insérez BRIÈVEMENT votre carte à l’intérieur, vous tapez votre code secret… Non, toujours pas ? Tout est pourtant dans le mot que j’ai mis en valeur. Pourquoi ? C’est très simple. La force de l’algorithme de cryptage utilisé dans la puce de la carte bleue réside dans le fait que votre code secret n’est jamais connu par la machine de retrait que vous utilisez : celui-ci se contente de transmettre votre saisie à la carte, qui va alors répondre “oui, c’est le bon code” ou “non, essayez encore”. C’est pour cette raison qu’en France, votre carte reste dans la machine jusqu’à la fin de la transaction.

Mais aux USA, point de puce sur les cartes : les informations sont contenues sur la bande magnétique au dos de celles-ci. Le code secret de leur propriétaire est donc connu par le terminal après une simple lecture de la bande. Même si ce n’est pas très sécurisé, ce n’est pas forcément un mal en soi. Les américains sont depuis longtemps habitués à se faire voler leur carte de crédit par des gens arrivant à déchiffrer leur code secret. Le problème que je veux illustrer ici est différent : dans la mesure où votre code secret est le même en France ou ailleurs, il est donc stocké sur la puce ET sur la bande magnétique, cette dernière étant par nature beaucoup plus fragile, puisque le terminal prend connaissance du code par simple lecture de celle-ci.

Bref, pour faire simple : les cartes bleues françaises semblent tout aussi falsifiables que les autres… À moins qu’un mécanisme ne m’échappe, la seule présence de la bande magnétique à l’arrière suffirait à rendre la puce, tout aussi robuste soit-elle avec son cryptage RSA à double sens sur 256, 512 ou même 768 bits, totalement inutile. Un peu comme si vous mettiez le verrou le plus solide du monde à votre porte mais que vous en laissiez une clé sous votre paillasson.

Encore un mythe à la bonne franquette qui s’effondre. On ne le dira jamais assez : voyager à l’étranger aide à prendre du recul sur les moeurs de son pays d’origine…

HADOPI : TF1 vire son Bourreau

Dimanche 10 mai 2009

Joli lièvre que celui débusqué par Libération : TF1 vient de licencier un de ses principaux cadres, Jérôme Bourreau-Guggenheim, parce que celui-ci a osé faire un acte citoyen, à savoir écrire à son député local pour lui faire part de ses inquiétudes concernant un projet de loi actuellement en cours <del> de ratification</del> d’examen à l’Assemblée Nationale.

Le mail en question a donc été transféré deux fois : la première par la députée Françoise de Panafieu (UMP) vers le cabinet du ministère de la culture de Christine Albanel, la seconde par ce même cabinet à la direction de TF1. Ce cheminement ne fait aujourd’hui plus de doute, puisque la ministre vient de suspendre un de ses collaborateurs.

S’il est difficile d’être catégorique quant à la manoeuvre de la députée (demander un argumentaire au ministère pour répondre à un citoyen est une pratique courante, mais le mail aurait dû, à mon sens, être anonymisé), on peut sans conteste blâmer celle du ministère de la culture. Il est totalement inacceptable, dans une société qui se veut moderne, que les opinions politiques d’une personne soient dévoilées à son employeur, et à plus forte raison par un fonctionnaire gouvernemental.

Pire encore, je suis révolté de voir que Christine Albanel a refusé la démission du fautif et s’est contentée de le suspendre pour un mois, soit juste le temps que la loi Hadopi soit définitivement adopté et que l’affaire se calme. Je n’hésite pas à dire que c’est la ministre elle-même qui devrait démissionné pour avoir laissé un de ses collaborateurs commettre une faute aussi grave.

À présent, c’est avec une curiosité plutôt morbide que je vais guetter les résultats de la plainte aux prudhommes (et probablement aussi au pénal) que ne va sûrement pas manquer de déposer l’ancien cadre de TF1. Quand on sait que toute discrimination politique est interdite dans le milieu de l’entreprise, le motif officiel du licenciement qui reprochent au collaborateur des propos “contraires aux déclarations officielles du groupe TF1, notoirement en faveur de cette loi” est presque hallucinant. Il fallait oser, tout de même !

En tous les cas, cette sinistre histoire achève de dévoiler au grand jour les relations incestueuses entre le gouvernement et les grandes entreprises, notamment médiatiques. Dans beaucoup de pays européens, une telle affaire aurait provoqué la démission séance tenante de l’ensemble du ministère concerné. Mais quel besoin d’autant d’éthique et d’honneur dans un pays où le président de la chaîne de télévision la plus populaire est un des meilleurs amis du président de la république ?

RIAA : des filtres de plus en plus proches

Vendredi 8 février 2008

Ah, ça faisait longtemps que je n’avais pas parlé de la RIAA sur ce blog… Mais n’allez pas croire pour autant que cette fameuse association se soit calmée depuis le temps : une requête “riaa” sur SlashDot continue de retourner environ un article par jour, signe que la bête est en forme. Et elle nous le confirme aujourd’hui, d’ailleurs, avec la magnifique sortie de son grand chef Cary Sherman.

En effet, comme ce brave monsieur commence à trouver lassant de subir des échecs au tribunal et de voir s’enliser son lobbying politique en faveur de mesures coercitives face aux fort logiques craintes parlementaires en cette période pré-électorale, il en est réduit à revenir à des annonces plus technocrates. Le nouvel ennemi déclaré n’est, cette fois-ci, plus un logiciel ou protocole spécifique (l’inventaire y est déjà entièrement passé), mais le cryptage.

Bon nombre d’entre vous ne le savent pas, mais il est possible, sur les logiciels de P2P récents, d’activer le chiffrement des informations échangées entre les différents postes qui s’échangent des données. Et comme les réseaux sont décentralisés, il n’y a pas de serveur stockant les clés de cryptage à saisir au cours d’une descente de police… et quand bien même il y en aurait, ces clés ne sont de toute façon valables que durant le transfert, autrement dit pas bien longtemps. Bref, le cryptage, ça agace les gens qui veulent empêcher les téléchargements illégaux parce que ça empêche les filtres détecteurs de fichiers protégés de fonctionner.

L’idée est donc la suivante : puisque les filtres en ligne ne peuvent pas fonctionner sur des échanges cryptés, alors il faut les installer là où les données circulent après décryptage, autrement dit… sur l’ordinateur des internautes. Problème : comment convaincre les utilisateurs d’installer de tels filtres ? D’un coup, Cary Sherman devient beaucoup moins convaincant : il envisage d’intégrer ces filtres à des logiciels dont tout le monde dispose, comme par exemple… dans les anti-virus. Phear.

Bien sûr, je ne suis ni un grand visionnaire, ni un expert des comportements des foules, mais j’ai comme l’impression qu’il sera difficile de convaincre les développeurs d’anti-virus d’intégrer des espions de ce genre. Et quand bien même ils y arrivraient, les utilisateurs eux-mêmes ne manqueront pas de bouder l’idée. D’accord, ces logiciels sont quasi-vitaux lorsqu’on est sous Windows, mais quand on sait qu’une majorité des utilisateurs ne s’intéressent plus à leur logiciel anti-virus après son installation (certains désactivent même le scan permanent car ça ralentit leur machine), je doute que leur choix entre les fichiers piratés et le risque d’être infecté soit très difficile à faire…

Allez, Cary, je suis sûr que tu peux trouver mieux que ça, creuse-toi un peu plus la cervelle (entre deux fosses communes de CD, yark yark) !

Chauvinisme économique à la française

Lundi 3 décembre 2007

Il a été révélé hier, à la surprise générale, que le groupe français Vivendi-Universal a racheté Activision en le faisant fusionner avec sa propre division vidéoludique, Vivendi Games. La nouvelle entité sera appelée “Activision Blizzard”, le célèbre studio américain auteur de World Of Warcraft étant déjà sous la coupe du français.

Bref, une manoeuvre comme le secteur en voit passer bon nombre, même si l’ampleur de celle-ci est assez extraordinaire (environ 19 milliards de dollars)… sauf que je ne peux pas m’empêcher de vous faire partager la réaction de Christine Albanel, notre bien-aimée ministre de la culture :

Ceci confirme la capacité des entreprises françaises à prendre des positions importantes dans les industries culturelles au niveau mondial. (…) Avec cette opération, le groupe français devient un acteur majeur de l’économie numérique dans le domaine du jeu vidéo, à la fois en ligne et sur console. Cet accord conforte la place de la France comme pays majeur de la création et de l’édition de jeux vidéo.

Donc voilà : quand un grand groupe de loisirs-médias-communication-etc. français bouffe un des leaders du jeu vidéo pour devenir n°1 sur le secteur, c’est génial. Par contre quand d’autres pays veulent faire pareil avec nos entreprises énergétiques ou agro-alimentaires, là c’est une autre histoire, et on a tous vu ces dernières années la réaction d’effroi que ça génère au niveau gouvernemental. Et si demain Electronic Arts ou Nintendo rachetait ce nouveau mastodonte, ce serait une agression caractérisée contre la France et il faudrait bien sûr protéger le bébé.

Je n’ai pas d’avis très tranché sur le bien-fondé de ces gigantesques fusions, je dois avouer que j’en cerne assez mal les impacts. Mais je constate que nos ministres ne peuvent décidément pas s’empêcher d’être sacrément hypocrites dès qu’il s’agit de parler du capitalisme aux français.

10 jeux auxquels je ne jouerai sûrement pas

Mardi 23 octobre 2007

Tout à l’heure, je suis tombé sur un article comme ceux qui pullulent sur Digg : “les 10 jeux vidéo pour PC les plus attendus à sortir dans le mois à venir”. Moyennement intéressé, je clique quand même. Grand bien m’en a pris, j’ai trouvé du grain à moudre pour mon blog de technophobe râleur.

Je vous fais une version courte de l’article, avec juste le titre de chaque jeu, un synopsis d’une phrase, et une capture d’écran.

Crysis : nous sommes en 2019, un astéroïde s’écrase sur terre et les grandes puissances du mondent veulent mettre la main dessus à tout prix.

Crysis

Assassin’s Creed : Terre Sainte, en l’an de grâce 1191, un personnage mystérieux du nom d’Altair joue les hommes de ménage parmi les personnalités politiques pour permettre à sa confrérie de bouleverser l’ordre politique de la région.

Assassin's Creed

Ages Of Empires III - The Asian Dynasties : devenez le chef des peuplades japonaise, chinoise et indienne et aidez-les à étendre leur empire !

Ages Of Empires III

Hellgate : London dans un monde dévasté par l’invasion d’un démon semant la désolation de par ses flammes infernales, l’humanité a dû se réfugier dans les sous-sols pour survivre.

Hellgate

Call Of Duty 4 : équipez-vous d’armes plus sophistiquées les unes que les autres pour aller tuer des méchants terroristes aux quatre coins du monde !

Call Of Duty 4

Empire Earth III : entrez dans la peau d’un dieu sanguinaire, bourrez le mou de vos adeptes et lancez-vous à la conquête de la Terre !

Empire Earth III

Gears of War : un jeu d’action-survie-tactique-horreur où l’humanité a pris les armes pour se battre contre la horde des Locustes, une race de créatures cauchemardesques provenant des tréfonds de la Terre.

Gears of War

Guitar Hero III : faites hurler les fans et péter les ventes de disques en jouant comme un dieu de votre guitare au cours du plus grand concert de rock de tous les temps !

Guitar Hero III

BlackSite Area 51 : des ennemis de race non-identifiées envahissent le Nevada et c’est à un vétéran de l’armée américaine que le gouvernement confie un escadron de soldats spécialement entraînés pour résoudre le problème.

BlackSite Area 51

Unreal Tournament III : Des arènes, des joueurs, des armes et un moteur 3D que tout le monde piaffe d’impatience de voir à l’oeuvre.

Unreal Tournament III

Pouf, pouf.

Sérieusement, à une exception près dans cette liste (facile à trouver, hein !), on ne peut qu’être atterré devant une telle liste. Et ce n’est pas de violence graphique que je veux parler ici, mais de violence morale, c’est-à-dire du fait que tous ces jeux ne soient que des invitations à détruire et tuer.

Quelque part, je me demande si le jeu vidéo n’est pas le “dark side” de l’informatique. Alors que les ordinateurs et leurs logiciels mettent le processus de création toujours plus à la portée de l’utilisateur moyen, les jeux vidéo, pour leur part, s’orientent de plus en plus massivement vers la guerre et la destruction. Et compte tenu du réalisme des situations, j’ai du mal à croire que les personnes comme celle qui a dressé cette liste soient vraiment à même de prendre du recul devant ce à quoi ils jouent.

Aujourd’hui, le jeu vidéo tend à ne former plus que deux camps : d’un côté les jeux “matures” comme ceux présentés ici ainsi que les éternels jeux de course, que Microsoft et Sony cherchent à tout prix à incarner. De l’autre, on trouve les jeux “gamins”, avec des ciels bleus, des personnages rigolos et des musiques débiles, qu’on associe souvent à Nintendo. Et les jeux fins et créatifs, où sont-ils donc passés ?

Monde de merde.

Le photographe qui en veut à Creative Commons

Jeudi 27 septembre 2007

Curieuse réaction de la part de Justin Ho-Wee Wong, le conseiller d’éducation de la petite Alison Chang. Après avoir publié une photo de cette dernière sur Flickr (avec son autorisation ?), le fameux site de partage d’images, il s’est aperçu que la photo en question avait été récupérée par Virgin Mobile dans le cadre d’une publicité.

La pauvre petite...

Alors, a-t-on ici affaire à une affaire délicate de droit à l’image ? Le site repose sur la licence Creative Commons, laquelle intègre plusieurs modules, notamment la reproduction, la modification, l’utilisation commerciale. Wong, pour sa part, a opté pour la moins restrictive. Virgin était donc dans son droit, à la seule condition de mentionner l’auteur de la photo, ce qu’il n’a d’ailleurs pas fait.

Mais Wong voit plus loin. Et c’est là qu’on tombe dans le burlesque, quand le très perspicace photographe décide de s’en prendre à la fondation Creative Commons pour défaut d’information sur les implications de ses licences. Las ! Le photographe n’a pas réalisé ce que signifiait le fait de cocher la case “permettre une utilisation à des fins commerciales”. Car oui, c’est lui-même qui a choisi cette option, normalement désactivée. Comme toutes les autres d’ailleurs, étant donné que par défaut, le site place toutes les oeuvres publiées sous le régime “tous droits réservés”.

Bref, on ne peut qu’avoir pitié du pauvre Wong qui, à l’instar de la petite vieille qui aurait, selon une légende urbaine, voulu réchauffer son chat grâce à son four à micro-ondes, avant de traîner en justice le fabricant de l’appareil pour… défaut d’information. Sauf que cette fois-ci, l’information était sous les yeux du plaignant, il n’avait qu’à les lire avant de publier la photo d’une personne dont il est responsable. Et puis les comprendre, aussi. Eh oui.

Au fait, pour les incultes qui ne sauraient pas ce que produit le fait de mettre un animal dans un four à micro-ondes, voici un documentaire visuel (à ne pas reproduire chez vous !):



Cat In A Microwave. - Click here for this week’s top video clips

Du Office 2007 partout, partout…

Lundi 16 juillet 2007

A l’époque de la sortie d’Office 2003, Microsoft avait lancé une campagne sans précédent de séduction auprès du grand public : 2 mois d’utilisation gratuite et illimitée de l’ensemble de la suite logicielle avant de l’acheter. Je me souviens l’avoir vue pré-installée sur plusieurs PC, que ce soit entrée, milieu ou haut de gamme, ainsi qu’en téléchargement sur de nombreux sites web. A priori, rien de bien méchant.

Sauf que, comme d’habitude, il fallait se méfier. En effet, cette version d’essai avait tout pour me déplaire. Une fois installée, non seulement elle prenait une place énorme sur le disque dur, mais en plus elle détruisait consciencieusement toute version d’Office préalablement installée. Impossible de lancer les anciens logiciels, les associations de fichiers étaient refaites sans confirmation, et les fichiers étaient mis à jour sans sommation ni retour en arrière possible. J’ai ainsi vu le cas d’un collègue qui avait vu sa boîte aux lettres Outlook mise à jour au nouveau format d’Office, devenant ainsi illisible par l’ancienne version. Et bien entendu, cette nouvelle mouture était difficile à désinstaller entièrement et proprement et semblait faire ce qu’il fallait pour rendre la ré-installation d’une version antérieure encore plus difficile. Bref, une quasi-prise en otage pour vous obliger à mettre la main au porte-monnaie. Beurk.

Aujourd’hui, il semblerait que Microsoft réitère la tactique avc Office 2007. Je nai pas encore eu l’occasion d’en tester la version d’essai, mais j’espère sincèrement que celle-ci est capable de cohabiter avec une autre version déjà installée de la suite bureautique et qu’elle peut se désinstaller facilement. Et puis qu’elle a AU MOINS l’honnêteté de prévenir avant de modifier le format des documents. Si un de mes lecteurs avait le courage d’accepter d’en essuyer les plâtres, ses observations seraient les bienvenues.

Il reste que la bureautique reste un des secteurs où Microsoft semble vouloir tout faire pour entretenir sa réputation des monopoliste fier et teigneux. Mais il n’empêche : ce n’est pas parce qu’on écrit “try before you buy” qu’on doit faire comme si l’essai impliquait forcément l’achat. D’ailleurs Office 2007 ne m’impressionne personnellement pas du tout : la transformation des menus en palettes flottantes fait qu’on s’y perd facilement et la lourdeur générale des applications n’a pas encore cessé sa tendance à s’amplifier. Les deux meilleures versions d’Office restent à mes yeux la 97 et la XP.

Google veut défendre le système de santé américain

Dimanche 1 juillet 2007

Ce n’est pas la première fois que Google semble faire un pas l’éloignant de sa célèbre devise “Don’t Be Evil”, mais celui-là risque de faire du bruit. Si les précédentes affaires concernaient principalement les conflits logiques entre la gratuité d’un service et le respect de la vie privée, aujourd’hui Google se lance rien moins que dans le sponsoring de la propagande.

Vous connaissez certainement déjà Michael Moore, le célèbre agitateur américain qui, en plus d’avoir un grand talent de polémiste, dispose également d’un don pour réaliser des documentaires extrêmement bien construits. En quelques années et quelques films, il est sans aucun doute devenu la nouvelle mesure de calibrage permanent de l’enfoiromètre de l’administration Bush.

Et après les multinationales qui licencient alors qu’elles font du profit (en annonçant que c’est pour “rester compétitives” alors qu’au final elles ont plongé, mais bien sûr ce n’est pas la faute des décideurs), le lobbying de l’industrie américaine des armes à feu, les rapports entre l’administration Bush et les familles impliquées dans les attentats du 11 septembre, voilà que l’intrépide Moore s’attaque au système de santé en place aux Etats Unis. Vaste programme, qui couvre un grand nombre d’acteurs comme les assureurs, les mututelles, l’industrie pharmaceutique, les médecins, les hôpitaux, et bien sûr l’Etat.

Cette note n’a pas pour objectif de discuter de la qualité du film, mais du comportement d’une des plus grandes entreprises américaines vis-à-vis de lui et de son public. En effet, dans une note de blog tout ce qu’il y a de plus officielle, Google a lancé un appel aux acteurs américains de la santé en leur proposant de les aider à mettre en place une campagne de réponse au film Sicko:

Nous pouvons placer des liens sponsorisés vers des textes, des vidéos et autres médias dans nos pages de résultats ou sur des sites adéquats dans le cadre de notre réseau de contenus toujours plus vaste. Quelque soit le problème, Google peut servir de plate-forme d’éducation envers le public en diffusant le message que vous souhaitez.

Cela peut sembler au premier abord une démarche normale de mise en place du débat équilibré, mais il n’en est rien : Google ne propose ici ses services qu’à un seul des deux camps et connaissant l’ampleur du réseau publicitaire que la société alimente, le déséquilibre potentiel fait froid dans le dos. Pour faire une illustration appliquée à la France, c’est un peu comme si toutes les chaînes de télévision étaient invitées à se concerter pour contrer un article du Canard Enchaîné.

Je me rappelle avoir entendu parler, tout récemment, d’une entreprise qui vend une assurance aux restaurants en cas de perte d’une étoile au Guide Michelin, l’indemnisation se faisant sous forme d’une campagne de communication pour empêcher la fuite des clients. On n’est donc, même en France, plus très loin de l’existence de compagnies d’assurance spécialisées dans la réparation des dommages occasionnés par le travail des journalistes.

L’autre chose qui fait peur, dans l’histoire, est que cette proposition soit faite officiellement, de manière totalement décomplexée. Les entreprises privées ne cachent plus du tout leurs procédés douteux dont le seul but est la continuité des services payants, peu importe leur réel impact sur la vie des gens.

Après le Web 2.0, voici venir celui de la communication/propagande 2.0 !

Nouvelles taxes sur les mémoires

Mardi 19 juin 2007

La commission d’Albis, qui avait pour but de définir les nouveaux tarifs à extorquer demander aux consommateurs français d’équipements de stockage numérique, a rendu ses décisions hier. Sans surprise (c’est qu’on finit par avoir l’habitude, à force), la gourmandise se fait de plus en plus belle devant les éditeurs. Après les supports de type CD et DVD, puis les terminaux et baladeurs à mémoire, voici maintenant les disques durs externes, en attendant leurs homologues internes et les ordinateurs eux-mêmes, ce qui ne devrait plus tarder.

Si les prélèvements liés aux clés USB et aux cartes mémoires restent acceptables (moins de 1 euro pour la grande majorité des cas), les disques durs externes, eux, subissent exactement ceci :
160 Go : 6,44 euros
200 Go : 6,68 euros
320 Go : 9,16 euros
400 Go : 11 euros
1 To : 20 euros

Sachant qu’acheter de tels disques dans un pays de l’UE comme la Belgique ou l’Allemagne ne coûte qu’une petite dizaine d’euros en frais de port, le calcul est vite fait : à partir de 300 Go, donc plus de la moitié des achats de disques durs aujourd’hui, il devient moins cher de passer par le marché “gris”. Surtout depuis que recourir à ce procédé a récemment été déclaré légal par la Cour Européenne.

Comme d’habitude, la valeur de cette taxe est calculée sur le prix hors taxes, ce qui signifie que la TVA l’inclut dans son assiette. Rappelons par ailleurs que cette taxe est collectée afin de soutenir les artistes (enfin ceux qui vendent déjà plein de disques, bien sûr, faut pas exagérer non plus) contre les effets pervers de la copie privée. Copie privée qui, pour rappel, reste globalement interdite puisqu’empêchée par les verrous devenus légaux.

Il serait presque amusant de savoir comment les décisionnaires de cette taxe font leur office. Apparemment ils n’ont même pas encore compris qu’en le taxant de plus d’un euro par galette, ils ont pratiquement tué le marché du DVD vierge en France.

Ah, excusez-moi, on me chuchotte à l’oreille qu’en réalité ils l’ont vu : la taxe sur les DVD est passée de 1,10€ à 1,00€.