Archive pour la catégorie ‘Souvenirs...’

Duralex…

Samedi 26 avril 2008

Que voilà une nouvelle qui titille mon côté nostalgique : Duralex vient d’être placée en liquidation judiciaire. Aussi loin que les souvenirs de ma petite enfance peuvent me ramener, le fait d’avoir utilisé des verres Duralex à la cantine de l’école reste un des plus nets.

Duralex, le verre des écoliers

Je n’oublierai jamais la régularité avec laquelle ce modèle particulier de verre a suivi toute ma scolarité, de l’école maternelle jusqu’à la terminale.

Et puis ils n’étaient pas utiles que pour boire, ces verres : il y avait généralement au fond un numéro, allant de 1 à 36, qui était très utile par exemple pour déterminer qui devait aller remplir la cruche d’eau.

Enfin, je me souviendrai toujours le comportement de ces verres en cas de chute : ils ne cassaient pas tout de suite mais rebondissaient une fois, deux fois, trois fois, et c’était après immobilisation totale qu’alors ils éclataient - parfois - en morceaux. Un spectacle qu’il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie.

D’un certain point de vue, c’est une partie du patrimoine français qui risque de disparaître. Et je ne peux pas laisser cela se faire sans tenter quelque chose.

APPEL A TOUS LES ELEVES DE FRANCE : pour montrer que vous voulez sauver de la faillite une grande entreprise française, faites un geste militant, cassez un verre. Un Duralex si possible, la mesure n’en sera que plus efficace, puisque ça génèrera du chiffre d’affaire. Et si vous ne savez pas sur quoi le casser, profitez des manifs lycéennes, les boucliers des CRS devraient tenir le choc.

Gaston est doublement orphelin

Mercredi 7 mars 2007

Yvan Delporte, qui a longtemps été rédacteur en chef de Spirou, est mort avant-hier. C’était aussi l’autre papa de Gaston Lagaffe, qui est depuis bien longtemps mon personnage de BD favori, de même que la série éponyme.

Franquin a fait le trait, Delporte a donné le nom. Ensemble, ils ont enfanté un monument de la bande dessinée qui vient tout juste de fêter ses 50 ans, le 28 février dernier.

A ces deux héros de mon enfance et de la bonne humeur de millions de gens, je dis merci. Si j’avais le bonheur de bosser dans une ambiance de travail informelle, je n’hésiterais pas à m’habiller en pull vert trop court, jeans noir usé et vieilles espadrilles bleues chaque 28 février.

Sapiens : le jeu où qu’on s’y croirait

Samedi 20 mai 2006

Ce matin, j’ai découvert qu’il existait une version pour Mac OS X de Sapiens, un jeu auquel je jouais déjà lorsque j’avais dix ans. Créé par Didier et Olivier Guillon en 1986, il a commencé sa carrière sur MO5, un ordinateur pour lequel il fallait être courageux pour écrire des jeux. Il est ensuite passé par de nombreuses autres plates-formes, dont l’Amstrad CPC et l’Atari, cette dernière étant celle que j’ai connue.

Ah, Sapiens… Aujourd’hui un tel jeu peut paraître très désuet, tant dans l’apparence que dans la profondeur, mais à l’époque c’était un de ces trop rares jeux nés de l’esprit de gens passionnés. Il vous fait voyager 100 000 ans en arrière, à l’époque de nos ancètres que la science moderne appelle “Homo Sapiens Neandertalensis”. Votre héros est un chasseur en quête de reconnaissance, auquel le chef de la tribu va confier plusieurs missions l’obligeant à risquer sa vie en-dehors de sa tribu rassurante et affronter la dure loi de la jungle.

L’élément qui m’avait laissé les souvenirs les plus nets était certainement les dialogues : il était possible de (tenter de) discuter avec n’importe lequel des congénères rencontrés sur votre chemin. On pouvait alors lui poser des questions courantes (”qui es-tu ?” “que veux-tu ?”), mais aussi bon nombre de vantardises rassurantes comme , “c’est moi le plus fort”, “même l’ours me fuit” ou encore “je t’écrase d’une main”, ainsi qu’une floppée d’insultes du plus bel effet : “baisse les yeux”, “tu n’es qu’un couard”, “face de porc”, “primate dégénéré” (!)… Evidemment, de tels propos, plus la peine d’espérer vous faire accompagner de votre interlocuteur ou faire des échanges avec lui… la susceptibilité n’est pas une aberration de notre civilisation avancée, qu’on se le dise !

Dans ce jeu, le réalisme des situations est réellement saisissant. Peut-être même trop, d’ailleurs. Savez-vous comment étaient traitées les femmes blondes il y a 1000 siècles ? Eh bien pas très différemment d’aujourd’hui, figurez-vous :

Entre blondes et brunes...

Eh oui, la guerre des pigments capillaires supposés jouer sur la taille du cortex existait déjà ! D’ailleurs les mâles, eux, pressés par les besoins naturels relatifs à la survie de l’espèce, savaient être patients, eux :

Entre blondes et mâles...

Notez qu’à l’époque, faire la cour impliquait encore d’être poli. Pas de “zyva, la meuf, ta l’R trop bonne, vien ché wam !” et autres jeuneries contemporaines. Cela dit, il convient de remarquer qu’en ces temps reculés, le respect de la hiérarchie avait déjà son importance, même si mai 68 était encore loin. Ainsi, il y avait des choses à ne surtout pas demander au chef de sa propre tribu (même si vous étiez blonde) :

Ne jamais fâcher le chef...

Vous le voyez, bandes de jeunes incultes, à défaut du réalisme que les jeux d’aujourd’hui prétendent vous offrir à coups de textures, polygones et autres shaders, les vieux jeux vous le donnaient par la pertinence des situations et la richesse des dialogues. Alors un peu de respect pour les bon jeux d’antan, que diable !

Nota : les images ci-dessus sont vraiment issues du jeu et n’ont été retouchées que pour en diminuer la largeur ; ceux qui s’essayeront à Sapiens s’apercevront vite qu’il n’est pas bien difficile d’arriver à ce genre de scènes cocasses…

Tetris : vingtième anniversaire

Jeudi 8 décembre 2005

Il y a vingt ans de cela, Alexey Pajitnov, fonctionnaire russe de l’Académie des Sciences de Moscou, créait ce qui allait devenir un des plus grands succès dans le monde des jeux vidéo : Tetris. Aujourd’hui encore, il est probablement le jeu le plus connu : qui n’a jamais vu ces pièces s’empiler les unes sur les autres en un mur dont il faut limiter la montée en réalisant des lignes sans trous ? Comme l’a souligné le journaliste Bill Kunkel : “Tetris répond parfaitement à la définition du meilleur en matière de jeu : une minute pour l’apprendre, une vie entière pour le maîtriser.”

Pajitnov a inventé et réalisé son bébé tout seul, dans son coin, sur un des rares ordinateurs utilisables dans le pays à l’époque, un Electronica 60. Vadim Gerasimov, un hacker, s’occupa de le rendre jouable sur IBM PC, en vue d’une diffusion beaucoup plus large. Mais à cause des lourdeurs de l’administration russe, Pajitnov n’a pu le publier que grâce à la coopération de son supérieur, Victor Brjabrin, et en échange de laquelle il a dû céder tous ses droits d’auteur… En conséquence de quoi il n’a pu toucher le moindre sou pendant 10 ans, malgré les dixaines de millions d’exemplaires vendus partout dans le monde, à commencer par la version Game Boy de Nintendo et ses quelque 3 millions !

Aujourd’hui, le génial inventeur, qui reste nettement moins connu que son oeuvre, vit aux Etats-Unis où il a été embauché par la division Jeux de Microsoft. La même année, il a fondé, avec Henk Rogers, la Tetris Company, qui n’a - hélas - jusqu’ici pas fait grand-chose d’autre que gérer les royalties générées par Tetris…

Mario remixé

Jeudi 3 novembre 2005

Ceux qui ne me connaissent pas encore finiront bien par le savoir, j’ai un petit faible (petit… hahaha) pour la musique de jeu vidéo. Qu’elle soit ancienne (les “bipbipbips”) ou plus récente, c’est un style qui a su faire naître, dans la frustration des limitations matérielles, beaucoup de thèmes excellents, dont certains sont devenus mythiques.

Alors quand aujourd’hui je suis tombé sur ça, je me suis dit que je devais faire circuler le lien. Il s’agit d’un remixage quasi-complet de la bande sonore du jeu Super Mario World, sorti sur Super Famicom (Super Nintendo en Europe) en 1990. Le fameux jeu de la rencontre entre le plombier et son destrier de dinosaure, Yoshi. Un jeu qui reste inégalé à ce jour sur bien de points.

La réécriture, très fidèle dans les partitions, est beaucoup plus libre en matière d’instrumentation, qui est un mélange agréable de plusieurs styles. Allez-y, en plus c’est gratuit :)

Interfaces graphiques en deuil

Lundi 28 février 2005

La simplicité d’utilisation d’un dispositif créatif a toujours été paradoxalement opposée aux efforts que leur conception demande. Et les interfaces graphiques des systèmes d’exploitation modernes sont le résultat d’années de travail fournies par des milliers d’ingénieurs.
Cela dit, au début de cette aventure ne se trouvaient que quelques personnes, des chercheurs pour la plupart, ensuite rejoints par des jeunes développeurs et des managers qui en ont entrevu les énormes enjeux.

Et c’est la disparition d’un des pères du concept de l’interface graphique qu’on déplore depuis samedi dernier. Jef Raskin n’est pas aussi connu qu’un Bill Gates ou un Steve Jobs, mais il faut voir ce monde comme celui du cinéma : ce sont les producteurs et les acteurs qui sont toujours sur le devant de la scène. Lui était un chercheur, un vrai, qui a voué sa carrière à son idée de simplifier l’informatique. Et qui n’a pas eu besoin de visiter le Xerox Parc pour avoir une idée de comment y arriver.

Il est aujourd’hui établi, avec le recul, que Jef Raskin est le véritable père du Macintosh, qui a ouvert la voie vers une démocratisation de l’informatique sans précédent. Hélais pour lui, Raskin s’est fait “voler” le projet par Jobs, l’actuel président d’Apple, deux ans avant la sortie du produit-phare. Voilà le pourquoi de sa démission et de sa disparition des projecteurs. Mais le personnage a depuis été réhabilité et son héritage est désormais reconnu.

Tout ça pour dire que si aujourd’hui vous cliquez sur de jolies icônes dans de belles fenêtres, sachez que vous le devez en grande partie à ce personnage :

Jef Raskin

Merci à toi, Jef. Même indirectement, persone ne t’oubliera.