II-06 (27/10/2002) : Qu’y a-t-il d’inintéressant à regarder ce soir ?


Et si on parlait un peu de télé ? Cette semaine ont - enfin (?) - été rendues publiques les premières informations concrètes à propos de la TNT, alias Télévision Numérique Terrestre. Je vous l’avais bien dit, l’homme moderne fait la chasse à l’analogique. Après le téléphone, la musique, la vidéo et maintenant les ondes télévisuelles, il faut croire que le mouvement est lancé pour un bon moment. Probablement au moins jusqu’à ce que les premières personnes commencent à se poser des questions alors qu’on aura aussi rendu numériques les orchestres symphoniques et les acteurs.

Rappellez-vous, et reprenez en coeur : le Numérique c’est formidable… Et pour vous en convaincre, il faut reconnaître que le CSA a sorti les grands moyens : terminé les arguments à papa du style “c’est tout nouveau, c’est incroyable, c’est top”. Maintenant on cause à la population de zappeurs, ceux-là même qui sont de plus en plus jeunes, comme l’avait dit d’ailleurs France Télévision en zappant la Chance aux Chansons. Et donc pour les jeunes, on se plie en quatre : les projets de chaîne “Star Academy” et “Ecole des fans” ont été validés, quand les deux projets de chaînes pour seniors, dont “Chance aux chansons” se sont vus balayés. Et qui plus est, deux chaines et demi seront consacrées à la musique. Si avec ça, les “djeunz” ne trouvent pas de quoi arrêter de se légumiser devant leurs jeux vidéo… Comme le dit Libération : “La télévision numérique terrestre (TNT), c’est un peu comme Star Academy. Il y a des nominés, des éliminés et ça chante (les mauvaises langues ajouteront que c’est du pipeau, et que dans six mois on aura oublié que ça a existé)”.

Concernant l’ensemble du choix, c’est maintenant 31 chaînes qui seront accessibles directement, dont 15 payantes. Comme ça, ceux qui n’en ont toujours pas assez de leur offre via satellite ou câble pourront étendre leurs recherches sur les ondes numérisées, même si la TNT fait quand même beaucoup dans la récupération. Laquelle, au passage, va faire sienne de tous les défauts imputables aux technologies citées juste avant : des artéfacts de compression visibles lors des scènes mouvantes, flashy ou présentant un contact entre une zone rouge et une zone sombre. Sans parler des coupures de plusieurs secondes au moindre parasite sur le signal. C’est aussi ça le numérique. A ce propos, je me demande la tête que feront tous ceux qui, vivant dans des régions assez reculées et qui étaient content de recevoir “à peu près” les principales chaînes, s’apercevront que le numérique, c’est du “tout ou rien” : la qualité maximale, ou pas d’image du tout.

Autre point, plus discret : la date de lancement de la chose. Car, sachez-le, au départ le projet était prévu pour le début de l’année 2002, et se voit maintenant repoussé pour fin 2004. Si ça se passe comme avec l’UMTS, les plus impatients de voir en numérique les futurs Jean-Pascal et Georges-Alain découvrir qu’on peut faire du son avec sa bouche risquent d’être un peu déçus. Surtout que d’ici là, les contextes économique, socio-culturels et de mode auront sûrement bien changé, ainsi que bon nombre des projets examinés cette semaine par le CSA.

Le plus amusant dans l’histoire, à mon avis, reste qu’on trouve assez facilement des gens qui s’imaginent que la TNT va provoquer un bond en avant dans la qualité dans l’audio-visuel français et son paysage.

Et bonjour chez vous !