CPE : pensées d’un jeune précaire

Le grain de Celeri sur la grande polémique

Dimanche 2 avril 2006, 13h15

Ce blog n’a pas d’ambition politique, même si j’ai eu l’occasion d’y aborder quelques thèmes importants comme les brevets logiciels ou le DADVSI, mais la façon dont évolue l’affaire CPE a le don de passablement énerver l’internaute (et travailleur) que je suis. Je trouve particulièrement navrant de voir qu’une majorité de la population se laisse aller à suivre des lieux communs pour la seule raison que les têtes médiatiques de la scène politique se sont concertées pour les répéter en coeur devant caméras et microphones. Qu’au fond, tout ça n’est qu’une vaste lutte d’influence sur fond de misère sociale dont tous les charognards de la politique entendent se servir pour redorer un masque de grand démocrate.

Aussi, j’ai l’intention, sur ce billet, de lâcher quelques idées qui me sont venues à l’esprit ces dernières semaines. Et je le ferai sous forme d’un empilement et non d’un texte structuré, pour deux raisons : primo je n’ai l’ambition de convaincre personne, il s’agit plus d’un billet d’humeur que d’une tribune, et secundo ça me permettra d’être plus clair, compte tenu de ma propension habituelle à faire des phrases à rallonge bourrées de parenthèses.

Je vois d’ici de ce que vont penser beaucoup des gens qui me liront : “Oh, Celeri est militant UMP à tendance admirative pour Villepin”. Et je sais aussi que j’aurai beau dire que ce n’est pas le cas, ça ne changera rien. Les gens sont comme ça : si on n’est pas avec eux, on est avec l’ennemi. Et tenter d’expliquer qu’on peut être à la fois choqué par la façon dont est introduit une mesure difficile à comprendre et profondément écoeuré par les manoeuvres de ceux qui veulent la combattre, que dans l’histoire le gouvernement a été lamentable mais que l’opposition l’est tout autant, je le sais, ça relève de la gageure. Tant pis. Mais que ceux qui me répondront comme à un zélote chiraquiste ne s’attendent pas à ce que je leur consacre ne serait-ce qu’une minute de mon temps.

Avant de commencer, je tiens à exposer ma situation : j’ai aujourd’hui 26 ans, et j’en avais encore 25 lorsque le texte a été introduit. Par ailleurs, je suis salarié depuis 2002 et n’ai connu que des contrats précaires depuis lors. Mon contrat actuel, même s’il est de trois ans (fonction publique territoriale) peut être arrêté à tout moment sans aucune justification ni indemnité. C’est la vie, et j’ai pris le parti de rester en éveil quant à ce qui pourrait arriver un jour et d’agir en conséquence. Ainsi, même si le CPE ne m’est pas plus destiné, j’estime que mon avis sur la question est au moins aussi légitime que celui des fonctionnaires grévistes, des salariés bien installés en CDI, des politiques payés à vie, des étudiants en mal de rébellion ou des lycéens qui n’ont jamais travaillé ainsi que leurs parents qui regardent tout ça d’un air amusé en se disant que mai 68, c’était le bon temps.

Bien, sur ce, allons-y.

- Que les étudiants manifestent, c’est leur droit. Qu’ils empêchent les autres de travailler en est une autre. La tactique de l’obstruction permet de peser plus fort, mais ça reste une forme de violence imposée à ceux qui prônent d’autres moyens ou qui veulent continuer à travailler. Une violence qui ne vaut pas mieux que celle d’une loi qu’on voudrait imposer de force.

- Les assemblées générales ont-elles réellement organisé de réels débats sur la question ? Les images qu’on a pu en voir un peu partout donnent plus la sensation qu’elles ont été trustées par des décisions d’action que de réflexion, et les têtes de proues du combat anti-CPE des facs/lycées n’hésitent pas à reprendre les exagérations des politiques.

- Notre pays veut-il vraiment se laisser gouverner par des lycéens, a fortiori au sujet d’une mesure qui ne les concerne pas ? La majeure partie d’entre eux vont poursuivre leurs études et d’ici leur sortie, des élections auront eu lieu et le CPE aura été évalué et, au besoin, abrogé. Qu’ils en parlent, fassent des débats, très bien, mais leurs blocages sont, outre illégaux, illégitimes.

- Il n’y a pas plus influençable qu’un lycéen, et les syndicats étudiants en profitent honteusement pour grossir les rangs et les mettre en première ligne. Des professeurs faisant partie de mes proches sont formels : bon nombre d’entre eux se prennent les manifestations comme excuse pour échapper aux cours. De plus, je suis sûr que pratiquement aucun d’eux n’a lu le texte de loi sur le CPE. Et ne parlons pas de ceux qui ont cru comprendre qu’on demandait la démission des Conseillers Principaux d’Education (authentique !).

- J’observe que les médias, depuis le début des échauffourées, ne donnent que très peu la parole à ceux qui sont précisément dans la catégorie visée par le CPE : entre 18 et 25 ans et en situation de chômage ou d’emploi précaire. Et les quelques rares que j’ai pu voir sur un plateau télé avaient un avis nettement plus nuancé que les autres. Tout semble avoir été méticuleusement organisé pour avoir un duel médiatique “jeunes exploités contre vieux exploitants” et “opposition sociale contre gouvernement sanguinaire”, ou quand la France assume pleinement son évolution au rythme des conflits sociaux.

- Comme l’a déjà montré la jurisprudence au sujet du CNE, l’absence de motif de licenciement ne signifie pas qu’on puisse être viré pour n’importe quoi. Les prud’hommes ont toujours pour mission de punir les abus. Ne pas être obligé de donner le motif de licenciement n’équivaut pas à ne pas avoir besoin de motif. Et contrairement au licenciement “classique”, l’employeur est obligé de prévenir les institutions représentatives du personnel, qui sont plutôt fouineuses et protectrices de l’employé en général.

- Les syndicats omettent volontairement de parler des protections réservées au titulaire d’un CPE. A commencer par les indemnités en cas de licenciement : droit à la formation au bout du premier mois, 8% de la totalité des salaires perçus. Celui qui sera renvoyé au bout de 23 mois aura donc l’équivalent de presque 2 mois de salaire. Savez-vous à combien vous avez droit en cas de licenciement après la même durée en CDI ? Rien du tout !

- Tous ces jeunes français qui manifestent semblent atteints d’une illusion collective puissante, celle du CDI-nirvana, le travail à vie. C’est quelque chose auquel il est dangereux de croire. Les clauses “incompatibilité d’humeur” ou “insuffisance professionnelle”, valables pour la rupture d’un CDI, sont là pour le rappeler. Et, pour information, même si on gagne aux prud’hommes après ça, on ne garde pas son poste pour autant.

- Autre illusion généralisée : ce n’est pas le gouvernement qui crée des emplois, ce sont les employeurs. Que ça plaise ou non, c’est eux qu’il faut convaincre d’ouvrir des postes. On n’aime pas entendre les patrons parler de “risque financier” à propos de création d’emplois, mais c’est pourtant la réalité, du moins dans le privé.

- Dans les médias, c’est toujours noir contre blanc : on parle des mauvais patrons (en essayant de faire croire au passage que tous les sont), mais jamais des mauvais employés. Pourtant ces derniers existent : ceux qui en font le moins possible en profitant de leurs avantages particuliers, ceux qui changent d’entreprise juste après avoir eu leurs formations, ceux qui se se syndicalisent pour être indéboulonnables, etc.

- L’argument selon lequel le CPE défavorisera les jeunes en matière d’emprunts est très exagéré. Certes, obtenir un emprunt est difficile quand on est jeune et précaire, mais dans les pays comme les Etats-Unis où tout le monde est dans cette situation, ça n’empêche pas les banques de prêter de l’argent. D’ailleurs là-bas pratiquement tout le monde vit à crédit et les banques s’en sortent très bien. Etonnant, non ?

- Concernant la difficulté de se loger si on est précaire, là aussi apparemment on aime à se tromper. En France, même un jeune en CDI a besoin d’une caution pour louer. L’origine du problème est plutôt à chercher du côté du manque de logements et la quasi-impossibilité de virer un mauvais payeur : en France, à cause des procédures, on ne peut rien faire contre un locataire, même plein aux as, qui ne verse qu’un loyer sur trois. De nombreux retraités qui ont besoin pour vivre du loyer d’un patrimoine qu’ils ont consacré leur vie à payer se retrouvent ruinés à cause de gens comme ça.

- “Même à moins de 26 ans, on veut pouvoir faire des projets d’avenir”, voilà qui prête à sourire. Certes, l’idée en elle-même est louable, mais dans la bouche de tant de jeunes, ça reste de la mauvaise foi. En France, on se marie et on a des enfants de plus en plus tard (quand on en a), et il me semble que les contrats les moins précaires devraient être réservés à ceux qui sont le moins mobiles, qui ont déjà une famille à nourrir et une maison à payer. Et qu’on ne vienne pas me dire que la précarisation en est justement la cause : étant jeune moi aussi et fréquentant des jeunes, je sais qu’à notre âge rares sont ceux qui rêvent de se “poser” tout de suite.

- L’utilisation du 49-3 est brandie comme “anti-démocratique” par une opposition qui semble oublier qu’elle-même l’a utilisé 38 fois (!) en l’espace de 5 ans (de 1988 à 1993, gouvernements de Michel Rocard, Edith Cresson et Pierre Beregovoy). De plus, suite à l’annonce du 49-3, elle n’a pas déposé de motion de censure dans les 24 heures, comme elle pouvait le faire… elle est donc bien malvenue de critiquer l’utilisation du 49-3 si elle n’utilise même pas son droit constitutionnel d’opposition.

- L’article 8, donc le CPE, a bel et bien été voté par le parlement. Le 49-3 a été utilisé ensuite, pour permettre de faire passer le reste du texte sur l’égalité des chances, alors que le débat s’enlisait dans une guerre de procédures lancée par l’opposition pour gagner du temps. Qui plus est, les sénateurs ont eux aussi voté le texte (pas de 49-3 au sénat). Et comme ils l’ont modifié, le projet de loi est revenu en commission paritaire où il a été à nouveau voté en intégralité. L’idée selon laquelle le débat a été occulté est totalement fausse, quoique largement utilisée.

- Au risque d’en étonner certains, demander au Premier Ministre de retirer une loi qui a été votée par le parlement est comme lui demander d’en appliquer une qui aurait été rejetée : constitutionnellement impensable. C’est une conséquence immédiate de la séparation des pouvoirs, pillier de base de notre constitution. Il paraît effroyable que tant de gens, et pas des moins instruits en matière de droit, ignorent (ou feignent d’ignorer) ce point essentiel.

- Certes, s’entêter à garder un texte dont personne ne veut, ce n’est pas une bonne façon de mener un débat, c’est là la grande faute de Villepin. Mais poser comme condition avant toute négociation de totalement retirer un texte (surtout quand c’est impossible juridiquement), difficile d’appeler ça une volonté de rétablir le dialogue. Une condition sine qua non est toujours de nature à tuer le débat.

- A propos de fonctionnement des institutions, il est limite aberrant que pratiquement tous les politiques de gauche et tous les syndicats reprochent à Jacques Chirac de promulguer une loi qui a été votée par le parlement et les sénateurs, puis validée sans réserve par le Conseil Constitutionnel. Ah oui, dehors il y a les gens avec des banderoles… Si De Gaulle était là pour voir tant de gens croire que de la République est censée privilégier les slogans réducteurs à des textes débattus et votés démocratiquement, il ferait une seconde rupture d’anévrisme.

- On entend beaucoup de propos qui se résument à quelque chose comme “L’UMP a la majorité absolue, c’est trop facile !”. La réponse est simple : qui a voté pour tous ces députés en 2002 ? Que ceux qui ne sont pas contents de l’oeuvre accomplie votent ailleurs en 2007, c’est comme ça que les choses fonctionnent.

- Avant, quand on me demandait ce qu’était la démagogie, j’essayais de l’expliquer par une définition. A partir de maintenant je citerai François Hollande : “si en 2007 nous [les socialistes] revenons au pouvoir, nous abrogerons le CPE.” Considérant que cela a été dit alors que les manifestations battaient déjà leur plein, l’exemple est parfait.

Pour terminer, voici mon idée la plus personnelle sur le sujet. L’opposition a beau jeu de dire que le premier ministre ferait mieux de taire ses ambitions personnelles et de penser à l’intérêt général. Personnellement, j’ai du mal à voir où se situe l’ambition personnelle dans le fait de s’obstiner à faire passer une loi qui réunit tout le monde contre elle. En politique, l’ambition personnelle implique la recherche la popularité et l’adhésion, il me semble.

Considérant qu’un parti au pouvoir, à l’approche des élections, n’a pour objectif que celui de se faire réélire, on se doit d’être interpelé par tant de zèle concernant le CPE. Nous n’en sommes plus qu’à un an avant les prochains scrutins, et pondre une mesure qui serait mal perçue à ce moment-là est équivalent à un suicide politique… sauf si on est VRAIMENT convaincu que ce qu’on fait va améliorer les choses. Et si on y réfléchit sérieusement, on se rend compte qu’on a ici deux hypothèses :
1) le gouvernement cherche à faire passer le plus vite possible une loi dont il est sûr et certain qu’elle lui apportera le sursaut de popularité nécessaire à sa réelection ;
2) le gouvernement veut tout faire pour être sûr de ne pas être réélu en faisant le maximum de dégâts dans l’opinion avant les échéances.

Alors, selon vous ? Personnellement, je penche plutôt pour la première hypothèse. Même si j’ai été globalement déçu par l’UMP pendant ces 4 années au pouvoir, je pense que pour une fois on s’approche de ce qu’on pourrait qualifier de “courage politique”. Et rien que pour ça, le CPE mérite qu’on lui accorde notre confiance. Pas éternelle, non, mais au moins jusqu’à ses premiers résultats. Et d’ici un an, nous serons fixés et saurons quoi faire.

Pour finir, un rappel sur les intentions de ce billet : il ne s’agit pas de soutenir l’UMP (qui a déjà perdu ma confiance depuis un bon moment) ou de prétendre que le CPE sera bon. Même en tant que jeune précaire, je ne sais pas s’il sera efficace. Ce que je veux dire ici est se résume en deux points :

  • le CPE a été introduit de manière calamiteuse mais étant donné que ce sera sûrement la dernière grande initiative en matière d’emploi de l’actuelle légistlature, il vaudrait mieux lui laisser une chance de montrer ses résultats, quitte à le corriger par la suite ;
  • les mouvements d’opposition au CPE, tout en prétendant vouloir le débat, sont franchement outranciers dans leurs procédés d’action et de désinformation.
  • 3 commentaires pour “CPE : pensées d’un jeune précaire”

    1. Hellkeeper France dit :

      Un billet très interessant, et justement il me semble que les choses interessantes dans ce débat sont assez rare pour être signalées. Etant personellement Lycéen, je dois sans arrèt répondre à la question fatidique : et toi t’es pour ? ou contre ? comme je n’ai aucun avis sur la question (cette mesure me semble impossible à juger tant qu’on lui aura pas donné une période de teste convenable), je me contente de demander l’avis de mon interlocuteur, et qu’il soit pour ou qu’il soit contre, je m’aperçois qu’il est très facile de démonter les arguments de la personne d’en face tout simplement parce qu’elle n’a pas lu la loie, qu’ell ene sait pas comment marche les institutions et qu’elle suit un avis préconçu par des gens qui nous gavent de désinformation à loisir (les syndicats notamments), dont le seul but est de se rendre populaire. En fait, le mieux est de demander aux gens ce qu’est le CPE, la réponse est invariablement la même :
      - c’est de la marde (débat impossible, la personne d’en face à un QI tout simplement trop bas pour mener une conversation)
      -Ca va favoriser la précarité parce qu’on pourra virer le sgens à tout bout de champs (abstraction comme tu le dis toi-même des emprumpts et des problèmes de Prud’hommes)
      -C’est fait pour s’attirer les faveurs du grand patronnat (la personne d’en face est forcément de gauche, souvent communiste et ne voit pas plus loin que le bout de son nez, vu que le CPE allie beaucoup d’éléments de CDI et de CDD qui finalement ne favorisent rien du tout, notamment à cause du point “passage en prud’hommes en cas de licenciement abusifs” de la loie de la république).
      -C’est pas mal (un abruti qui veut se diférencier des masses, n’a en fait jamais lu le texte et n’a pas la moindre idée polithique concrète)
      -Faut voir, donnons une période d’essai (quelqu’un d’intelligent, mais comme il a le même avis que moi, pas possible de discuter).
      bref, de mon point de vu de lycéen énervé par les heures de cour séchées au nom de la “mobilisation contre la précarité”, je pense qu’il serait temps que les idé&es polithiques du pays des droits de l’homme se recentrent un brin.

      >> Mon avis est très semblable au tien, comme l’indique ma conclusion : donnons-lui au moins une chance de faire ses preuves, de toute façon des échéances auront lieu d’ici un an pour trancher.

    2. El Jj France dit :

      Juste à propos du deuxième point dont tu parles, les AG. Je ne sais pas si tu est déjà allé dans une AG, mais ça ne se limite pas à “qui vote le blocus ? aaaah !”. Je vais parler de ce que je connais, à savoir, les AG de par chez moi. En une semaine, le nombre d’AG organisées dépassent allégrement la dizaine :
      - des AG débat/rencontre, dans laquelle on a pu rencontrer patrons, etc.
      - des AG suivants les UFR, permettant de voter blocus et questions associées, dans laquelle les débats existent (la dernière où je suis allé, à duré presque 3 heures)
      - des AG inter UFR
      - d’autres AG à thèmes…
      - Et la semaine prochaine sera organisée une AG sur une journée pour vraiment discuter du mouvement
      Le tout non dirigé par les syndicats, comme trop tendance à le penser, et dans laquelle le temps de paroles sont respectées au maximum.

      >> J’avoue, les AG ne m’ont jamais branché. Et c’est pour ça que je parle de sensation : dans les médias on n’a montré que des gens en train de célébrer la grève comme l’arrivée d’une rock-star. Ma description est sans doute trop caricaturale, il est vrai, je la retire donc.

      Et pour ceux qui se plaignent de ne pas pouvoir bosser, on est à l’université, il est quand même temps de bosser par soi-même (Je parle là de la fac, c’est vrai que c’est plus problématique pour les lycées)

      >> Ca n’est pas qu’une question de pouvoir réviser, ce sont aussi des TP et des TD qui passent à la trappe et ne seront sans doute pas rattrappés. Et puis de toute façon je trouve qu’empêcher les autres de bosser pour une opinion politique est un manque patent de savoir-vivre.

    3. Tomers France dit :

      Quand on voit que les hommes (et femmes) politiques sont d’une grande mauvaise foi (et pour l’être un peu moi même, je dois dire qu’ils sont tres fort pour cela), je me permet de douter de l’utilité d’une periode d’essai, car à la fin, personne ne sera d’accord pour les chiffres. Il n’y a qu’a voir ce que cela donne pour les autres résultats quel qu’ils soient. Chacun voit la statistique qui l’arrange. Alors j’en déduis que personne ne sera d’accord sur le nombre de création d’emploi. Les plus optimistes de l’UMP utiliseront le nombre de contrats signé. Les plus moderés donneront le chiffres des nombres d’emploi crée (en fait le nombre de contrat signé moins le nombre moyen de CDI utilisé sur une periode normal). La gauche utilisera le chiffre des UMP moderé et minoreront encore ce chiffre en disant que c’est a cause de la croissance, qui a crée des emplois et diront donc que ce contrat a precarisé la jeunesse pour un resultat mitigé (et d’autres facteurs…), et l’extreme gauche soulignera le nombre d’employé qui n’ont pas fini la periode d’essai…
      Bon, j’exagere le trait, mais dans ce cas, que choisir, à qui faire confiance?

      Je ne suis pas certain de toute facon que la gauche, si elle arrive au pouvoir retirera le CPE (bon, ou mauvais resultats). Il a souvent été promis que des choses seront retiré une fois au pouvoir, et ensuite rien, c’est resté.

      Il y a deux points qui me gene en fait: La methode, et le publique visé.
      La methode: Mr De Villepin violant allegrement le loi de Mr Fillon, pour crée son texte sans concertation avec les syndicats (du patronat et des salarié), ni même son entourage, Mr Borlo fut mis au courant bien tardivement. Quand on pense d’ailleurs que celui ci a emis des doutes sur le texte et qu’il se retrouve en premiere ligne a l’Assemblé pour defendre le projet, je me demande comment il fait. Enfin, quand on voit tout de même comment les syndicats on été un peu pris pour des cons (Mr Chereque de la CFDT, a eu un traitement de faveur, il a du être prevenu 2 jours avant l’officialisation du texte), je comprends aussi qu’actuelement, ils possedent quelques reticence à retourner à la table des negociations. Enfin, vous allez sans doute me trouver excessif, mais ce n’est que mon avis personnel, et je ne demande a personne de le patager, mais quand je vois un pemier ministre qui se permet d’imposer son (presque) seul point de vu, sans consulter personne et au mepris de la loi, je trouve que cela fait limite Empereur. (Ou dictateur, si je voulais utiliser un mot qui choque).
      Le publique visé: Je trouve un peu dommage de faire quelque chose spécialement pour les jeunes. Pourquoi qu’avec eux, il y a des souci dans les autres branches sociale touché par le chommage. Le CNE était au moins pour une certaine categorie d’entreprise.

      Bon, allez soyons fou, maintenant que je suis parti, autant continuer: Le parlement, parlons en. Je regarde regulierement l’Assemblé et ses débats, et je dois dire que ca ne ressemble pas a grand chose. Des fois, je m’enerve même tout seul sur mon canapé en me disant qu’ils presentent un bien pietre image de la politique (quand ce n’est pas plus). Cela ressemble un peu à des moutons, des qu’il y le gouvernement qui propose une loi, le parti majoritaire vote tres majoritairement pour (c’est a se demander si ca pense des fois un parlementaire, et pour en avoir déjà rencontré, oui), a ce rythme, on ferait mieux de reduire le nombre des parlementaire. Attention, n’interpreter pas mal ce que je viens de dire, mais j’ai tout de même l’impression que des fois, ca ressemble un peu au cirque, a un spectacle convenu, ce que nous offre nos hommes politiques. (Regarder 20 minutes de question au gouvernement, c’est flagrant). Et je me demande si un jour, si chacun votait pour ou contre un projet en son ame et conscience, selon ses propres opinions personnel, cela n’ameliorerait pas les choses… (Attention, ce message n’a pas grand chose a voir avec le CPE, je le pensais déjà avant, et surement même apres)

      Je ne suis pas d’accord sur un des points aussi de votre argumentaire. A propos de la formation disponible des le premier mois. Ce droit a la formation doit être utiliser en accord avec le patron, et je ne suis vraiment pas sure que celui ci accepete de perdre du temps de travail d’un jeune qui arrive dans l’entreprise depuis un mois. Le fait aussi que les prud’hommes s’appliquent va tout de même poser aussi un probleme. Car je suppose que le patron doit se jutifier et donner un motif quand le tribunal lui demande (sinon, ils ne peuvent pas juger…), alors j’ai peur tout de même qu’il y ait un nombre trop important de requete car des employés se sentiront parfois injustement viré, ce qui aura pour consequence de surcharger les prud’hommes de dossier. Savoir quel est l’incidence des CNE sur le nombre de demande aupres du tribunal serait interessant pour evaluer si ce probleme en est un ou non. (je me demande ou je vais trouver ce chiffre…).
      Il y a aussi sur les pret bancaire, un jeune en CPE, n’aurait certainement pas droit a des pret si il n’a pas de serieuses garanti, c’est à dire ses parents derriere. Les banques ne sont pas des entreprises philantropique. Bon, cela ne change pas grand chose au final, car même pour un CDI, les banques ne prete pas facilement a un jeune sans bonne garanti derriere (pour les premieres années de travail evidemment), mais quand j’entends que le gouvernement dire que les banque jouerait le jeu, je trouve que ca sent un peu la déclaration mensongere. Pour les Etats Unis, je ne peut pas en dire grand chose, mais ce qui marche beaucoup la bas, ce sont surtout les prest a la consomation me semble t-il, en France aussi ca marche bien, un jeune peu avoir son pret a la Conso.

      Par contre, m’est avis que son entetement est du au fait aussi qu’outre ce projet de loi, resister a la rue, et montrer que l’Etat est fort peut seduire pas mal de monde dans son parti. Et puis quand on pense aussi que Mr De Villepin a dit que de toute façon, une election presidentielle se joue 2 mois et demi avant le scrutin, je pense qu’actuellement il se tape un peu de sa popularité et de celle de son partie actuellement, mais qu’il se serait servi des résultats (quel qu’ils soient) du CPE et CNE pour sa campagne. Surtout qu’en resistant a la rue, il est certain qu’il gagne des points aupres de certains de l’UMP.

      En fait, je n’ai pas réelement un avis tres tranché sur le texte, je me dis qu’avec les amenagements, cela pourrait rendre le tout un peu mieux, mais j’attends tout de même de voir quel forme vont prendre ces arrangements. Je trouve tout de même dommage la décision du president. Car vu la mobilisation il était possible d’ouvrir de vaste négociations sur l’emploi, et comment permettre de crée des emplois, nouveau contrats, remettre de l’ordre dans la multitudes des contrats existant, charge patronal, systeme d’emprunt, etc… (j’ai du mal a croire qu’un simple contrat quel qu’il soit resolve le probleme du chomage, sans retoucher a ce qu’il y a autour de l’entreprise). Que si le president avait dit qu’il ne promulgait pas la loi, mais que dans le contexte actuel et vu la reclamation de la population, il décidait d’ouvrir des négociations pour reformer, et ameliorer l’emploi en France. Cela aurait pu être benefique pour tous. Cela aurait pris du temps (6 mois voir plus), mais cela aurait beneficier du souffle populaire. Mais encore faut-il accepter que la vitesse des négociations dans ce domaine soit bien plus lente que les decisions politiques.

      Bon, allez soyons fou bis, deuxieme petit coup de gueule:
      Il y a quelque chose qui me gonfle, c’est l’incapacité de negociation qu’il existe en France. J’ai l’impression que pour que l’on commence à discuter, il faut qu’il y ait des greves, et que la situation soit bloqué. Franchement je trouve cela dommage de laisser des situations empirer, et dans le cas present des étudiants bloquer des facs ou des lycées parce que l’on a été incapable de faire quelque chose en concertation. J’ai un peu de chance, car mes cours sont assurés, mais je pense aux autres qui n’ont pas cette chance, et je trouve cela dommage.

      Hellkeeper: Attention, lorsque vous dites ce genre de phrase “Faut voir, donnons une période d’essai (quelqu’un d’intelligent, mais comme il a le même avis que moi, pas possible de discuter)” et que vous denigrer d’autre comportement, ou d’autres avis, un petit complexe de superiorité… Mais je suppose que c’était une point d’humour de votre part.

      El Jj, malheureusement pour les universitaires, il n’est pas forcement facile de travailler quand la bibliotheque se trouve elle même bloqué, car dans le campus… C’est plutôt facheux pour emprunter des livres.

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