Microsoft arrête de vendre Office ?

Love, don’t let me go

Vendredi 21 août 2009, 11h17

La semaine dernière, on apprenait qu’un juge du Texas avait infligé une amende de 290 millions de dolalrs à Microsoft ainsi qu’une mise en demeure de deux mois pour mettre son logiciel en conformité, faute de quoi il serait interdit à la vente sur le territoire américain. La raison était un de ces sempiternels brevets logiciels, celui-ici concernant le format XML et détenu par la société canadienne i4i.

Microsoft, fort logiquement, avait immédiatement fait appel. Un appel suspensif qui lui permet de continuer à vendre son logiciel pendant que la bataille judiciaire suit son cours pendant de longs mois.

Mais aujourd’hui, coup de tonnerre, le géant du logiciel annonce qu’il va temporairement arrêter de vendre sa suite bureautique si le jugement à l’encontre de Word n’est pas annulé. Dixit son service juridique :

Microsoft et ses distributeurs sont sous la menace imminente d’un cataclysme de leurs ventes. Si l’injonction de la cour de justice n’est pas levé, un dommage irréparable sera causé à Microsoft en sortant un de ses principaux produits du marché. Et ceci ne concerne pas que Word, mais toute la suite Office et les logiciels qu’elle inclut.

Difficile de voir dans cette décision autre chose qu’une tentative de chantage. Implicitement, le message est le suivant : “si la justice ne revient pas tout de suite sur sa décision, on va lui montrer à quel point on va manquer aux gens”. Prendre des clients en otage parce qu’on n’est pas d’accord avec une décision de justice, est-ce une attitude responsable ?

C’est un jeu dangereux car à double tranchant. D’un côté, il est clair qu’un tel embargo perturberait les ventes de machines et donc le business des distributeurs, rendant le jugement impopulaire. Mais d’un autre côté, il y a le risque de mettre en évidence le fait que Microsoft est en situation de quasi-monopole, ce qui rend ce genre de comportement d’autant plus grave aux yeux des autorités. En général, la FTC n’aime pas trop qu’une compagnie se montre si arrogante. Et tout ça sans oublier les concurrents émergeants (OpenOffice et Google, notamment) qui vont sûrement profiter de l’aubaine…

Microsoft n’ignore pas, vu la quantité de brevets qu’elle dépose - et bien souvent obtient -, qu’elle est face à une machine implacable : les brevets logiciels sont rarement invalidés, et c’est toujours au prix d’une bataille longue et coûteuse. Techniquement, retirer les éléments incriminés du logiciel pour le rendre à nouveau légal ne serait pas difficile, mais Microsoft aurait choisi le triple bras de fer avec le plaignant, la justice et les utilisateurs en même temps ? Difficile d’y croire…

Il semble que Microsoft soit simplement en train de tâter le terrain, afin de voir la réaction du marché face à cette menace, laquelle ne sera sans doute jamais mise à exécution. Et m’est avis que ça aidera la compagnie à se rendre compte que son monopole n’est plus ce qu’il était.

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