RIAA : à propos des DRM

Les foudres des éditeurs tu craindras.

Lundi 21 novembre 2005, 22h10

La RIAA, vous connaissez ? Il s’agit de cette toute-puissante association américaine d’éditeurs de musique qui s’est donnée comme objectif d’éradiquer la piraterie en affrontant, en justice s’il le faut, tout ce qui ressemble de près ou de loin à une copie de musique, même non répréhensible moralement ou légalement.

Aujourd’hui, son président Cary Sherman participait à une conférence de presse au cours de laquelle il a pu exposer son point de vue sur la fermeture de réseaux P2P comme Grokster ou i2hub, l’utilisation personnelle de la musique et le “fair use“… mais aussi de l’infameux rootkit de Sony-BGM. Je traduis et commente ce passage qui vaut son pesant de chansons pop à deux francs :

    “Il n’y a rien d’anormal à ce qu’on utilise la technologie pour défendre la propriété intellectuelle.”

D’accord, mais quand cette technologie met en péril un bien matériel (chèrement) acquis par les clients, et sans les en informer, est-ce toujours de la protection ?

    “Le problème avec cette situation est que Sony-BMG a utilisé une technologie contenant un trou de sécurité dont ils n’avaient pas connaissance.

Autrement dit : les ingénieurs de Sony sont trop bêtes pour avoir pu se douter un seul instant qu’un dispositif capable de rendre indétectable n’importe quel programme aux yeux du système était potentiellement dangereux…

    “Ils se sont excusés , ont arrêté de fabriquer les CD incriminés et ont retiré les derniers du marché, ça me semble tout à fait responsable.”

Oui, on le sait, ils se sont excusés en fournissant deux patchs de désinstallation eux aussi dangereux (voire plus que le rootkit lui-même)… et les CD déjà vendus, ont-ils été rappelés ? Les victimes du bug utilisant ce rootkit ont-elles été indemnisées ou ont-elles reçu un quelconque support ?

La suite est à l’avenant, le monsieur affirmant que les éditeurs tiennent absolument à donner aux gens ce qu’ils veulent, à savoir une musique riche et utilisable à loisir… alors que bon nombre des services en ligne, en plus d’un éventail de choix extrêmement populiste, ne proposent que peu de solutions de copie personnelle ou de réutilisation.

Autre passage intéressant vers la fin, dans laquelle Sherman se dédouanne de toute volonté d’empêcher la copie privée en disant que ce sont les éditeurs qui décident d’utiliser les protections… Chacun son rôle, en effet : les éditeurs verrouillent, la RIAA attaque en justice.

Je ne peux que vous encourager à lire l’analyse du discours faite par Groklaw, fort pertinente comme à son habitude. Je suis également convaincu que c’est, à moyen ou à long terme, l’utilisateur qui fera comprendre aux majors que ce sont précisément de telles limitations qui inhibent l’envie d’acheter, et non l’inverse.

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