The day after

Rendez-vous dans 5 ans…

Lundi 23 avril 2007, 22h57

Ca y est, le premier tour des présidentielles est passé ! Globalement, on peut en retenir trois clés, à savoir une mobilisation record, un retour au bon vieux duel droite-gauche et une confirmation de la percée du centre, cet apparent paradoxe étant permis par le net recul des extrêmes. De ce dernier point, je ne vais point me plaindre : je suis de ceux qui pensent que l’extrémisme ne peut mener qu’à de gros ennuis et qu’on gagne toujours à nuancer ses idées (et ses propos).

Que va-t-il donc se passer dans les prochains jours ? En tout cas les appels au rassemblement et à l’ “ouverture” en direction des électeurs du centre fusent de tous les côtés. Aucun suspense du côté des voix du FN et du MPF qui resteront, sur ordre ou pas, massivement à droite. Pas plus du côté gauche où tout le monde s’est dépêché de vendre les quelques meubles ayant pu être sauvés. Nicolas et Ségolène vont donc devoir faire la cour aux centristes, et pour cause : ils n’ont pas le choix. L’écart entre les deux est trois fois plus ténu que la réserve de voix que représente le troisième homme.

D’où la grande question : qui remportera le gros morceau du milieu ? Le leader orange donnera-t-il une indication de vote ? Va-t-on assister à une alliance ? Je prends les paris que non. L’objectif de Bayrou n’est plus un gouvernement, mais un parti qui fera pression le plus fort possible afin d’affirmer son existence. Le troisième homme sait très bien que certains iront vers la gauche, que d’autres vers la droite, et que certains puristes voteront blanc, et il ne prendra pas le risque d’en désavouer autant d’un coup et de renier sa “rebellitude” en choisissant officiellement un camp, surtout à l’approche des législatives. Bayrou est tout sauf à la recherche de sa seule carrière personnelle et il fera tout pour favoriser son groupe de fidèles. Fidèles qui ont, ne l’oublions pas, réussi à maintenir à flot - et avec quel résultat - l’UDF malgré la gigantesque OPA lancée par Chirac en 2002 avec la création de l’UMP.

La position de François Bayrou sera claire : votez en accord avec votre conscience le 6 mai, et en attendant, laissez-vous courtiser mais sans vous vendre. Faites-vous désirer, mais restez vous-mêmes : il n’y aura pas de meilleure victoire que celle d’arriver à ce que les deux candidats se rapprochent d’eux-mêmes du centre ! Bayrou et ses fidèles auront tout à gagner en respectant la préférence de leurs électeurs tout en décalant habilement la bataille sur le front parlementaire.

Pour en revenir à l’élection en cours, son issue ne fait gère de doute dans mon esprit : Sarkozy gagnera, car il bénéficie de son avance du premier tour, paraît moins hésitant et mieux organisé. De plus, sa vision est plus nette, même si elle peut facilement faire peur. Ségolène, en-dehors de la gauche, dispose d’un faible capital de sympathie, notamment à cause de son comportement quelque peu “girouettique” et de son ton pour le moins soporifique, voire irritant. Et au cours du débat prochain, à moins d’un miracle, elle risque de souffrir beaucoup. Enfin, que la gauche le veuille ou non, la France, tout comme la majeure partie des pays d’Europe, se droitise progressivement. La faute à ce que devient le monde, sans doute… mais la réalité est là.

Je ne suis pas en train de soutenir le Kärcherisator, notez bien, je n’émets là que mon pronostic personnel. Mais je dois avouer un malin plaisir à imaginer tous ces socialistes qui, en croyant dur comme fer à cette véritable escroquerie intellectuelle de “vote utile”, finiront par réaliser qu’ils n’ont fait, en réalité, que marquer contre leur camp en éliminant le seul et unique rempart qui aurait pu empêcher Nicolas Sarkozy de devenir Président.

Un commentaire pour “The day after”

  1. Tomers France dit :

    Mouais, je sens aussi que c’est Sarkozy qui va gagner.
    Mais apres, je vais dire que cela depends surtout du debat de mercredi.
    Sans vouloir lui mettre l’importance qu’il n’a pas, je dirais que renverser la situation est possible si chacun cherche a montrer au grand jour les faiblesses de l’autre.

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